Mobilab : un bâtiment dédié à la recherche sur les mobilités innovantes

Le Mobilab, un bâtiment de 7 100 m2 destiné à accueillir des chercheurs travaillant sur les mobilités innovantes, a été inauguré le 7 février, en face des pistes d’essai de Versailles Satory. Tour d’horizon des sujets de recherche en cours.

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Mobilab
Source : Mobilab

Les chercheurs sont installés depuis quelques mois seulement mais le nouveau bâtiment accueille déjà leurs expérimentations. Ses 7 100 m2 se découpent entre espaces de travail, de coworking, ateliers et laboratoires. L’opérateur de transport Transdev y a installé son équipe systèmes de transport autonome qui travaille notamment sur le développement de la navette autonome i-Cristal en partenariat avec Lohr et Torc Robotics. Deux prototypes âgés de 3 et 5 semaines attendent leur heure dans un atelier. Ils sont provisoirement équipés de volants pour pouvoir visualiser les mouvements des roues.

La navette i-Cristal prête au départ

« Nous visons une vitesse de 30 km/h, contre 15-20 km/h pour les navettes Navya et Easymile, et espérons atteindre plus tard 50 km/h, a indiqué Jean-Christophe Smal, responsable moyens d’essais. Les passagers étant debout sans ceinture, nous étudions quelle accélération il est possible de leur imposer. Notre premier objectif est de parcourir d’ici mars et de nuit le trajet entre la gare de Paris-Saclay et le rond-point Camille Claudel. »

I-cristal mobilab

À l’étage, l’Institut Vedecom dispose de plusieurs espaces de recherche. Arrivée il y a un mois, Natacha Métayer, chargée de recherche en ergonomie et psychologie cognitives, cherche à comprendre les besoins et attentes des utilisateurs finaux des véhicules connectés et autonomes. L’Institut a également installé des doctorants dans le Mobilab, parmi lesquels Maxime : « Je fais partie de l’équipe Mob 04 et ma thèse porte sur un système auto-adaptatif de feux tricolores prenant en compte en temps réel l’occupation des rues », a-t-il expliqué. « Toutes nos recherches doivent servir à quelqu’un, que ce soient les filières industrielles, l’État, les territoires ou les citoyens », a complété Féthi Ben Ouezdou, directeur scientifique chez Vedecom.

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Véhicule autonome et comportement du conducteur

Au sous-sol, une salle est consacrée aux simulateurs. Le premier simule la conduite : une équipe de psychologues et d’ergonomes s’en sert pour étudier le comportement du conducteur dans un véhicule autonome. A-t-il tendance à se désengager de la tâche de conduite ? Est-il prêt à reprendre le contrôle en cas de défaillance ? Le conducteur est surveillé avec des caméras et des capteurs enregistrant son rythme cardiaque, sa tension ou encore les mouvements de ses yeux.

En pratique, pendant la simulation, « Nous lançons des alertes pour demander au conducteur de reprendre le contrôle », nous a expliqué Franck Techer, chargé de recherche en facteurs humains appliqués au transport. Bilan : « Le temps de réaction dépend de la durée de conduite en mode autonome et de si le conducteur était occupé ou non par une tâche, mais on se situe bien au-delà de 4 secondes. »

Quelles émotions chez les usagers ?

Après la sécurité, de nouveaux sujets sont abordés comme la confiance dans le véhicule : « Nous regardons comment le conducteur réagit lorsque le véhicule autonome est confronté à des situations dangereuses et s’il reprend le contrôle ou non », a détaillé Franck Techer.

Son équipe s’intéresse aussi aux émotions des usagers : « L’un des premiers résultats, c’est que conduire un véhicule autonome en ville alors qu’on est pressé peut générer de la colère et de la frustration, dévoile-t-il. L’une des pistes serait donc d’indiquer au conducteur pourquoi le véhicule est arrêté afin d’éviter qu’il ne reprenne le contrôle. » Les résultats obtenus avec le simulateur peuvent ensuite être comparés avec des expérimentations sur route, effectuées dans un véhicule conduit à distance avec un joystick.

Un simulateur piéton

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Source : Mobilab

Le Mobilab s’équipe aussi d’un simulateur piéton : une plate-forme de marche couplée à un casque de réalité virtuelle avec oculomètre intégré. L’objectif : observer le comportement des piétons lorsqu’ils doivent traverser devant un véhicule autonome. Le bâtiment dispose en outre d’un Fablab avec imprimante 3D.

Le Mobilab doit devenir la vitrine d’un futur « cluster des mobilités innovantes ». En comptant le bâtiment voisin de l’Iffstar, près de 300 chercheurs seront ainsi réunis sur un même site.