Mobile World Congress met l’automobile au cœur de la connectivité

Le Mobile World Congress, le plus grand salon de la téléphonie mobile, accueille l’automobile à bras ouverts. Normal, avec le développement de la connectivité, puis de la conduite autonome facilitée par l’arrivée du futur standard 5G, l’auto devient un objet connecté majeur, avec à la clé un marché immense pour les acteurs des télécommunications.

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Mobile World Congress

Fabricants de smartphones, d’objets connectés, fournisseurs de services et constructeurs de réseaux télécom ont fait du MWC de Barcelone leur point de rencontre. Et si certains constructeurs et équipementiers automobiles étaient présents lors de la dernière édition, on retrouvait nombre de véhicules sur les stands d’acteurs bien plus éloignés du transport.

L’une des raisons est l’arrivée de la 5G en 2020. Une norme qui permettra aux véhicules de parfaitement communiquer entre eux mais aussi avec les infrastructures et les autres usagers ‒ la communication « C-V2X ». Une condition sine qua non de la conduite autonome.

Le spécialiste des puces de téléphones Qualcomm mettait ainsi en avant une puce spécifique pour l’auto alors que BMW faisait la démonstration d’une eSIM embarquée supplémentaire. Cette carte SIM virtuelle offre de lier à son auto son contrat téléphonique habituel et de profiter d’une meilleure réception et intégration au véhicule, tandis que la première eSIM se destine à l’e-Call, l’appel d’urgence automatique généralisé cette année.

Des cartes SIM virtuelles

En attendant une couverture parfaite, Continental proposait une solution pour anticiper les coupures de réception grâce à un système collaboratif tirant parti de l’expérience des automobilistes qui ont précédé le véhicule sur une route. Le système embarqué peut alors contourner une coupure de signal en chargeant en avance le contenu multimédia ou la cartographie en cours d’utilisation.

Toujours chez Continental, on trouvait des solutions de clé virtuelle intégrée au smartphone, avec donc un accès au véhicule facilement partagé ‒ utile dans les pools d’entreprise. BMW alignait aussi une clé virtuelle annoncée pour un déploiement cet été et compatible avec des smartphones Samsung dans un premier temps. Enfin, le salon a offert l’occasion de voir des solutions de paiement embarqué automatisé, dont celle développée avec Visa.

Les commandes vocales se font toujours plus sophistiquées et les assistants vocaux de type Apple Siri ou Google Assistant entrent dans les habitacles. Mercedes détaillait donc les fonctionnalités de son MBUX lancé avec la dernière Classe A. Le constructeur montrait aussi une solution de réalité augmentée pour servir de notice d’utilisation : pour voir apparaître des explications sur son écran, il suffit de pointer un élément d’affichage de bord avec son smartphone et l’application adéquate.

Des assistants vocaux

Chez Seat, local de l’étape, c’est le système d’assistant vocal Alexa d’Amazon qui monte à bord. Ce système concernera l’Hexagone dès qu’Alexa saura parler français d’ici la fin de l’année. C’est en effet à la marque espagnole que revient le rôle de pionnier des nouvelles technologies dans le groupe Volkswagen : elle a le public le plus jeune et fait feu de tout bois.

Luca de Meo, patron de Seat, nous a décrit ces activités : rachat de la start-up d’autopartage Respiro, création du Metropolis Lab, une start-up spécialisée dans les solutions de mobilité au sein du groupe. Ou encore le concept Cristobal sur la base d’une Leon, avec quinze fonctions pour limiter les accidents grâce à un accompagnement du conducteur.

Application Cristobal de Seat
Application Cristobal de Seat

Par exemple, Cristobal inclut une solution de géolocalisation avec contrôle de vitesse, utile pour des applications en flotte. Mais aussi un éthylotest pour interdire le démarrage au-delà d’un certain seuil, ou un outil de surveillance des yeux du conducteur pour évaluer son niveau d’attention ou de fatigue. Avec une application pour suivre tout cela à distance et paramétrer les éléments de contrôle. En théorie car les cadres législatifs n’autorisent pas toutes ces fonctions aux coûts encore trop élevés pour équiper un modèle de gamme moyenne.

De son côté, Ford cherchait à séduire les développeurs sur le stand consacré à l’AppLink. Dans cette plate-forme ouverte d’info-divertissement partagée avec d’autres constructeurs dont Toyota ou PSA, Ford montrait l’intégration (pas encore généralisée) de la navigation Waze. Et nous n’en sommes qu’au début…

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