Mobilité professionnelle post-covid : seuls 59 % des Franciliens se déplacent de nouveau

Selon un sondage mené par 22 acteurs de la mobilité et des transports auprès de leurs communautés d’usagers, les effets du confinement perturbent encore la mobilité professionnelle en juin 2020.

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Etude mobilité professionnelle post-covid-19
Source : Innov360

Un collectif regroupant 22 acteurs des secteurs de la mobilité et des transports, coordonné par le cabinet de conseil Innov360, a publié les résultats d’un sondage consacrée à l’impact du covid-19 sur la mobilité à Paris et en Île-de-France. 12 066 franciliens âgés de 18 à 65 ans et issus des communautés des différents acteurs ont été interrogés en ligne entre le 8 et le 7 juin 2020.

Parmi eux, 40,3 % vivent en grande couronne, 37,4 % en petite couronne et 19,6 % à Paris. De plus, 39 % appartiennent à la catégorie socio-professionnelle CSP +, 27 % CSP – et 35 % sont inactifs. La majorité d’entre eux (68 %) sont équipés d’une voiture, en particulier en grande couronne (83 %) et en petite couronne (67 %), mais aussi à Paris (60 %). 53 % ont également un vélo.

2,5 fois plus de télétravail pendant le confinement

L’étude indique que 83 % des sondés travaillaient sur un lieu fixe avant la crise, tandis que 8 % travaillaient en déplacement et 7 % faisaient du télétravail à domicile. De plus, 22 % ont déclaré faire du télétravail de manière occasionnelle ou régulière.

En comparaison, pendant le confinement, une majorité de répondants a continué de travailler (75,5 %), dont 56 % en télétravail soit 2,5 fois plus qu’auparavant. 19,5 % des sondés ont conservé une mobilité : 17 % ont en effet continué à se rendre sur leur lieu de travail et 2,5 % à travailler en mobilité. Enfin, 22 % des répondants sont passés en chômage partiel ou ont dû arrêter leur activité.

59 % des sondés se déplacent à nouveau pour le travail

Et un mois après le début du déconfinement, la mobilité professionnelle n’est pas encore revenue à la normale. Seuls 59 % des sondés ont repris leurs déplacements pour leur activité professionnelle, contre 91 % avant la crise.

41 % des personnes interrogées ont en effet indiqué ne pas encore avoir repris le travail en présentiel – 34,5 % pour les CSP et 44,9 % pour les CSP + –, bien que 82 % des personnes interrogées considèrent que la reprise en présentiel est importante, principalement pour faciliter les échanges professionnels (72 %) mais aussi pour renforcer le lien social (57 %) et retrouver un environnement de travail adéquat (35 %).

Une reprise en présentiel jugée utile

Inversement, 18 % des répondants jugent la reprise inutile, mettant en avant l’efficacité du travail à distance (88 %) ainsi que les risques de contagion lors des déplacements (28 %) ou sur place (30 %) et la difficulté de respecter les gestes barrières au bureau (33 %). « Le maintien du télétravail (partiel ou complet) relève plus de la prudence des employeurs à faire revenir leurs équipes plutôt que d’un véritable changement d’organisation », estime d’ailleurs l’étude.

Concernant les modes de transport, la part de sondés ayant recours à la voiture pour leurs trajets domicile-travail est passée de 34 % avant la crise à 52 % pendant le confinement. En contrepartie, la part modale des transports en commun a chuté de 43 % à 20 %, celle de la marche de 73 % à 50 % et celle du vélo de 11 % à 9 %.

Trajets domicile-travail : une évolution des modes de transport ?

Là encore, cette évolution a toujours des conséquences à l’heure actuelle. 43 % des répondants qui se déplacent de nouveau ont modifié leurs horaires de travail. 31 % se sont détournés des transports en commun pour les déplacements domicile-travail : 16,2 % ont arrêté de les utiliser et 14,8 % les utilisent moins. Inversement, 32 % des répondants privilégient désormais la voiture : 19,8 % l’utilisent davantage et 10,4 % ont commencé à l’utiliser. En cause, une faible fréquence des transports en commun et une peur de la contamination du fait de la proximité.

La marche et le vélo rencontrent également du succès : 38,3 % des sondés se sont mis à aller au travail en marchant (1,8 %) ou bien le font plus souvent qu’avant (36,5 %). De même, 19,3 % se sont mis au vélo (7,4 %) ou le prennent plus souvent (11,9 %). Les sondés font en effet état d’une « envie de changer leurs habitudes » et d’un besoin de « prendre l’air et de profiter des espaces extérieurs. » À noter que 73 % des personnes interrogées n’avaient pas entendu parler du forfait mobilités durables, mais que 38 % s’y intéressent, en particulier les plus jeunes.

Un sentiment d’insécurité dans les transports partagés

« Il y a un sentiment d’insécurité sanitaire important à la fois dans les transports collectifs et individuels partagés », pointe l’étude, malgré un niveau de confiance plus élevé chez les plus jeunes. Pour limiter les risques sanitaires, les sondés sont en particulier favorables au masque obligatoire, au maintien de la distanciation et à la désinfection des véhicules.

Deux autres vagues de sondage doivent maintenant se dérouler en juillet et en septembre pour évaluer plus précisément les changements d’usages et les attentes des usagers.

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