Des changements dans la mobilité des professionnels de santé

À Amiens, Nantes ou Grasse, le constat du Comité pour le Développement Durable en Santé (C2DS) est le même : les centres hospitaliers adaptent leur plan de mobilité aux besoins des professionnels de santé.
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vélos mobilité professionnels santé
© Freepik

Le Comité pour le Développement Durable en Santé (C2DS) a publié la 6e édition de son Guide 2021 des pratiques vertueuses en développement durable des établissements sanitaires et médicaux-sociaux. D’après son rapport, « un quart des émissions de gaz à effet de serre générées par un établissement est dû aux transports. » C’est pourquoi les centres hospitaliers mènent de nombreuses actions pour décarboner la mobilité des professionnels de santé.

Dans le cadre d’un plan mobilité employeur (PDME), le centre hospitalier (CH) de Valenciennes (59) a mené une enquête sur la mobilité des 5 500 professionnels de santé en 2016. D’après ses résultats, « 4 % du personnel avait recours au covoiturage en 2015 et 30 % se disaient prêts à opter pour ce mode de déplacement », indique le C2DS. L’établissement de santé réserve désormais 16 emplacements de parking pour les covoitureurs. Il a aussi récemment installé 24 bornes pour recharger sa flotte de plus de 60 véhicules électriques.

En parallèle, le CH de Valenciennes offre une prime de 150 euros à un salarié pour l’achat d’un vélo ou d’une trottinette (classique ou électrique), à condition que celui-ci s’engage à venir six mois dans l’année et trois jours par semaine avec ce mode de transport. Cette prime coûterait « près de 15 000 euros par an » à l’établissement, d’après le C2DS. Le CH de Valenciennes a également installé 4 box sécurisés par digicode pour sa flotte de vélos. Le programme Alvéole, dans le cadre du dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE), a financé la pose de ces box à hauteur de 60 %.

Des trottinettes électriques pour la logistique

Toujours dans les Hauts-de-France, le centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie (80) a acheté au mois de mars 2020 (premier confinement) quatre trottinettes électriques. D’une valeur d’environ 3 000 euros par unité, ces engins de déplacement personnel motorisé ont été déployés pour améliorer le transport d’échantillons biologiques, de produits oncologiques, ou encore d’équipements de protection individuelle. Ces trottinettes d’une capacité de charge utile de 1 tonne, favorisent ainsi la mobilité de professionnels de santé tels que les brancardiers parcourant parfois plus de 10 km par jour pour assurer les flux logistiques. D’autres commandes sont en cours pour différents services.

Mobilité professionnels santé
© CHU Amiens-Picardie

En outre, 40 professionnels de santé du CHU Amiens-Picardie ont testé un vélo électrique, pendant un mois (du 31 août au 1er septembre 2021), avec le dispositif GoodWatt, financé à 85 % par le programme CEE O’vélo, soutenu par l’Ademe.

De son côté, la fondation Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) (75) a déployé 3 000 places sécurisées pour les vélos au sein des 39 hôpitaux associés.

La voiture délaissée pour d’autres modes de transport

À l’Ouest de la France, à Angers (49), le CHU et la communauté d’agglomération ont mis en place un PDME. Résultat : 50 % des professionnels de santé habitant en zone urbaine ont délaissé la voiture grâce à des changements en termes de mobilité : amélioration de la desserte des transports en commun, création de parkings relais au niveau du tramway et sécurisation d’un parking du CHU pour le personnel.

D’autres centres hospitaliers encouragent également le recours au vélo tels que le CH de Niort (79), avec un atelier de réparation de vélos installé sur site pour les salariés cyclistes, ou encore l’Hôpital Privé du Confluent de Nantes (44) qui a sécurisé 60 places de parking sur 170 au total. Une flotte de 10 vélos est disponible à la location pour 16 euros par mois pour les salariés de l’hôpital, sous contrat allant d’un à trois mois.

Des box sécurisés pour les vélos

Au sud de l’Hexagone, le CH de Grasse (06) a signé une convention mobilité durable en 2019. Dans le cadre de son plan mobilité élaboré avec la communauté d’agglomération du pays de Grasse, il s’est ainsi engagé à acheter dix vélos électriques (20 000 euros) pour les professionnels de santé et à mettre en place un abri de vélos sécurisé (27 000 euros), pris en charge en partie par le programme national Alvéole. Le CH de Millau (12) a également installé « 40 arceaux courts et 20 places sous abri sécurisés en 2020 pour rassurer les professionnels de santé possédant des vélos à assistance électrique (VAE) concernant le vol de véhicules », renseigne le C2DS.

Enfin, le CHU et le Centre de lutte contre le cancer Jean Perrin de Clermont-Ferrand (63) ont mis en place un plan de mobilité employeur après la réalisation d’une enquête auprès de 9 000 salariés. Le CHU a ainsi implanté différents parcs de vélos sur ses sites, certains avec des box fermés pour le personnel et d’autres ouverts pour les visiteurs. L’établissement souhaite prochainement mettre en place un forfait mobilité. Il s’est en effet « déjà rapproché de l’Agence régionale de santé (ARS) pour obtenir des subventions », d’après le C2DS.