Mon Compte Formation, une appli pour financer sa formation

Depuis fin novembre 2019, les « actifs » disposent du site internet Mon Compte Formation pour financer, via leur Compte personnel de formation (CPF), quelque 1 000 diplômes. Mode d’emploi.

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Mon Compte Formation

Le gouvernement a lancé le 21 novembre dernier l’application mobile Mon Compte Formation. Avec celle-ci, chaque actif connaît ses droits à des formations et peut trouver, réserver et payer la formation de son choix. L’objectif du système : simplifier l’utilisation des droits en allégeant les procédures lourdes et en réduisant les intermédiaires. L’application Mon Compte Formation rassemble 100 000 sessions de formation, pour un coût moyen de 1 400 euros.

D’abord, créer son compte

Pour en bénéficier, le salarié ou demandeur d’emploi doit, si ce n’est pas déjà fait, s’y inscrire. Pour cela, il faut se rendre sur l’application www.moncompteformation.gouv.fr disponible via son ordinateur. L’appli est aussi téléchargeable via une plate-forme Apple (App store) ou Google (Google play) pour utilisation sur téléphone mobile et autres tablettes.

Ensuite, il faut créer son compte en renseignant le système. Numéro de sécurité sociale, nom, mot de passe et adresse électronique suffisent. Le compte créé indique automatiquement le nombre d’euros à disposition. Cette somme comprend l’ancien DIF (droit individuel à la formation) que très peu de Français ont utilisé, complété d’un montant de CPF qui s’accroît chaque année de 500 euros (voir notre article sur le CPF). La somme utilisable a comme plafond 5 000 euros.

Reporter les euros acquis avec le DIF

« Attention, pour disposer du maximum de ses droits, il est impératif de reporter les euros acquis par le DIF dans les sommes utilisables via le CPF, prévient le juriste spécialisé en droit social Giovanni Terrana, associé de RSM, réseau de conseil et d’audit. Ce report est à effectuer avant la fin 2020, sinon ces sommes seront perdues. » Ces démarches effectuées, le demandeur se trouve à la tête d’une somme qui ne peut pas dépasser 5 000 euros. Ce montant atteint 8 000 euros pour les salariés non qualifiés par un diplôme équivalent au CAP-BEP ou les travailleurs reconnus handicapés.

À la tête de ce montant, l’actif décide de ses choix de formation. Il doit non seulement définir le cursus à entreprendre mais aussi le prestataire. Ce qui peut être très compliqué. C’est pourquoi les spécialistes de la question conseillent de s’appuyer sur des experts en formation comme le conseiller en évolution professionnel pour bien choisir le cursus visé.

Choisir sa formation

Le système de Mon Compte Formation permet aussi de faire des choix. Son moteur de recherche peut trier les cursus à partir d’une indication de type « informatique », « management », puis d’une localisation. Le moteur indique alors l’intitulé et le coût du cursus.

Mon Compte Formation
Xavier Révérand, directeur au Cesi

Ceci précisé, le cursus souhaité doit être choisi parmi quelque 100 000 sessions de formation et 1 000 diplômes. Pour effectuer ce tri, il faut s’appuyer sur les cursus émanant de structures bénéficiant d’une bonne notoriété. C’est le cas du Cned, des écoles de management ou d’ingénieurs. Cela permet de faire valoir un cursus renommé. Le Cesi, un établissement dispensant des cursus reconnus par la commission des titres d’ingénieurs, fait partie des valeurs sûres de l’enseignement supérieur. « Nous proposons 25 cursus diplômants allant du bac + 2 au niveau bac + 5/titre d’ingénieur. Le tout est découpé en 83 blocs de compétences sur des sujets allant du management à la qualité-sécurité-environnement, en passant par la performance industrielle/amélioration continue et l’informatique », explique Xavier Révérand, directeur au Cesi.

Financer son cursus

« Dans ce système, reprend le juriste Giovanni Terrana, le salarié n’a plus besoin de demander quoi que ce soit à son employeur pour se former, sauf si le cursus se déroule pendant le temps de travail. Si l’employeur voit un intérêt dans le cursus souhaité par son salarié, il pourra cependant appuyer et surtout abonder. » Dans le cas contraire, seul le salarié sera concerné. Ce qui signifie qu’il se trouvera bien seul s’il souhaite recevoir un appui. Pour percevoir un abondement et financer la totalité du cursus, il peut malgré tout s’appuyer sur un accord d’entreprise signé par les partenaires sociaux, sur des aides des collectivités locales, des chambres de métiers ou de Pôle emploi pour les chômeurs. D’autre part, en cas d’absence d’entretien professionnel au bout de six ans (ils sont obligatoires dans les entreprises de plus de 50 salariés), l’employeur devra verser un abondement de 3 000 euros par salarié à l’ensemble des personnes concernées. Reste ensuite à savoir comment et qui va contrôler ces manquements de l’employeur.

« Avant toute dépense, conseille Xavier Révérand, je préconise d’appeler le centre de formation, de discuter avec, de voir comment et qui peut abonder. Il faudra ensuite, c’est une de nos recommandations, se rapprocher de son responsable formation pour voir comment mener ce cursus et évaluer le niveau de l’abondement possible. La co-construction est importante. »

Faire attention aux CGU

Enfin, Francis Kessler, maître de conférences à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, prévient, dans une tribune au journal Le Monde, de bien lire les conditions générales d’utilisation (CGU) de Mon Compte Formation. Car ces CGU prévoient « des pénalités financières aux articles 4, 5 et 6 en cas d’annulation ou d’interruption de la formation ». Ces sanctions prennent la forme de « remboursement de l’indu et le non-remboursement par l’organisme de la part avancée par le stagiaire et la suspension du compte jusqu’à un an », prévient l’universitaire. C’est dire que ces choix de formation ne doivent pas être pris à la légère, malgré la facilité d’utilisation de l’appli.

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