Mondial de Paris 2018 : de l’hybride et de l’électrique

Si un tiers de l’offre automobile a déserté cette édition 2018 du Mondial de Paris, les constructeurs présents n’en ont pas moins multiplié les nouveautés, notamment en alignant sur tous les stands des modèles hybrides et électriques. Le message est clair : l’automobile doit se repenser face à des impératifs environnementaux de plus en plus contraignants.

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Mondial de Paris 2018

C’est sur le stand de DS que l’actualité se faisait la plus forte avec le lancement du DS 3 Crossback. Ce crossover vise le premium avec une très belle présentation, à la fois valorisante et séduisante. Le prix débute à 28 600 euros en Business avec le 1.2 l PureTech essence de 100 ch. En diesel, c’est le 1.5 BlueHDi de 100 ch qui officie et la facture monte à 29 600 euros, toujours en Business ; en 130 ch avec boîte auto, ce turbodiesel passe à 32 600 euros. Livraison attendue à la fin du printemps 2019.

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On retrouvait aussi le DS 7 Crossback hybride E-Tense 4×4 attendu dans un an. Le grand SUV passe donc à la transmission intégrale avec un moteur électrique de 110 ch/166 Nm implanté sur l’essieu arrière, venu en renfort du moteur électrique de 110 ch/337 Nm situé à l’avant dans la boîte de vitesses EAT8 ‒ sans oublier le 1.6 Puretech essence de 200 ch/300 Nm. Le tout alimenté par une batterie de 13,2 kWh et 90 kW de puissance, avec au cumul 300 ch et 450 Nm pour… 49 g de CO2.

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Hybridation pour tous chez PSA

Citons enfin le concept-car X E-Tense dévoilé au printemps dernier qui se veut une étude de style assez libre sur le futur de DS en 2035, chacun pouvant apprécier (ou pas) cette grande sportive emmenée par le moteur électrique de 200 kW de la monoplace DS engagée en Formule E.

Pour le C5 Aircross Hybrid Concept de Citroën, on retrouve une architecture plus simple et moins coûteuse : un seul moteur électrique de 107 ch logé dans la boîte de vitesses auto e-EAT8, en complément du 1.6 Puretech ramené à 180 ch, le tout développant 225 ch et 225 Nm. Du concept à la route, il n’y a qu’un pas et ce C5 Aircross Hybrid de série sera commercialisé début 2020.

  • Citroën-C5-Aircross-Hybrid-Concept
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Mais c’était surtout le lancement commercial du C5 Aircross thermique qui mobilisait les énergies. Rappelons qu’il est au catalogue depuis début septembre à partir de 28 300 euros TTC en Business et PureTech essence de 130 ch à 119 g, et de 30 700 euros en Business BlueHDi de 130 ch à 106 g.

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Chez Peugeot, la star était sans conteste l’e-Legend et ses 462 ch électriques, soit une interprétation néo-rétro du coupé 504. Mais le lion misait surtout sur sa 508 et sa carrosserie break SW commercialisée en janvier prochain (+ 1 300 euros) et qui se dévoile déjà en hybride rechargeable.

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Pour le break, il s’agit de la version traction hybride « simple » vue sur le C5 Aircross Hybrid et non celle 4×4 de 225 ch de la 508 berline HYbrid4, du 3008 HYbrid4 (exposée elle aussi) et du DS 7 Crossback. Si le train arrière reste sans moteur électrique supplémentaire, la batterie redescend à 11,8 kWh et non 13,2 kWh comme en 4×4, mais les émissions affichent toujours 49 g (2,2 l/100 km en cycle mixte WLTP). Notez aussi que cette batterie est logée à la place de la roue de secours et ne réduit donc pas la capacité la modularité du coffre, en berline comme en break ‒ c’est très bien. Tous ces modèles hybridés seront commercialisés entre fin 2019 et 2020-2021.

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  • Peugeot-3008-Hybrid
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Renault se met aussi à l’hybride

Renault tardait à commercialiser des hybrides. Le salon a été l’occasion d’annoncer que ce sera chose faite au printemps 2019 avec la prochaine Clio équipée entre autres d’un 1.6 l essence e-Tech hybride « simple ». Elle sera suivie en 2020 par les prochaines générations de Mégane et Captur hybrides rechargeables, toujours baptisées e-Tech.

La Clio e-Tech hybride s’offre donc une hybridation légère de 48 V avec une batterie de 1,2 kWh qui apporte une dizaine de chevaux supplémentaires et 15 Nm dans les phases de démarrage ou les reprises (jusqu’à 1 200 tr/min). Le 1.6 l essence Nissan de 120 ch se glisse sous capot.

Sur les Captur et Mégane e-Tech hybrides rechargeables, toujours en essence, une batterie de 9,8 kWh alimentera un moteur électrique pour assurer une autonomie en 100 % électrique de plusieurs dizaines de kilomètres, et glisser sous la barre des 60 g de CO2. Lors du salon, Renault lançait aussi le Kadjar restylé (voir la brève) et le concept-car EZ-Ultimo.

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Renault en mode EZ-Ultimo

Celui qui attirait les foules sur le stand Renault, c’est le troisième opus des concept-cars EZ après les EZ-Go et EZ-Pro, soit l’EZ-Ultimo avec son style de grande berline classique. Dans un style encore plus néo Art Déco que ses prédécesseurs, les formes rondes laissent la place à des lignes plus tendues et racées, et à des matières plus nobles comme l’acier guilloché et les dorures en trame de losange sur la ceinture vitrée. La berline de luxe du futur, c’est elle, toujours électrique et autonome, sorte de VTC et non plus navette ou camionnette. Dommage que sous certains angles elle fasse penser à un grand break carrossé en corbillard.

Les allemands au passé recomposé

Si les constructeurs français visent le premium ou le luxe, les allemands creusent le sillon du futur conjugué au présent, voir au passé recomposé.

Il en va ainsi de BMW qui dévoilait la septième mouture de la Série 3 (voir la brève). Le constructeur alignait aussi le X5 qui débute sa carrière commerciale dans la foulée, avec le réputé et inusable 6-cylindres en ligne 3.0 l turbodiesel de 265 ch (à partir de 72 400 euros et 158 g) ou… de 400 ch (158 g et 100 350 euros !). En 2019, une version plus sage à 231 ch de ce turbodiesel sera proposée.

BMW a aussi mis en avant le X5 45e hybride rechargeable qui a troqué son 4-cylindres essence 2.0 l de 245 ch pour le plus noble 6-cylindres en ligne 3.0 l de 286 ch. En revanche, le moteur électrique de 112 ch n’est pas modifié et loge toujours dans la boîte de vitesses auto, le tout développant au maximum 394 ch contre 313 auparavant. Et sans hausse du CO2 en Euro 6d et WLTP, à 49 g. Les prix ne sont pas encore connus et la commercialisation est prévue pour le printemps 2019.

Enfin, l’i3 équipée de sa nouvelle batterie de 42 kWh/120 Ah se faisait discrète sur le stand car c’est dorénavant le seul modèle vendu. En effet, ont été supprimées les versions dotées du prolongateur d’autonomie (recalées au WLTP et à l’Euro 6c) et des petites batteries de 22,6 kWh/60 Ah et 33 kWh/94 Ah. L’autonomie affichée s’élève à 285 km en WLTP, le prix débute à 39 950 euros.

  • BMW-Série-3
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  • BMW-X5
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Mercedes cultive le monospace

Plusieurs vedettes chez Mercedes avec l’EQC, le GLE et la Classe B, version monospace de la récente Classe A, elle-même déclinée dans une nouvelle carrosserie classique de berline 4 portes.

Le design de cette Classe B fait la part belle à l’espace habitable mais rien d’innovant dans le style. Croiser une 5 portes avec un monospace compact pour en faire une berline surélevée n’est pas fait pour les designers : ici comme ailleurs, ils ont du mal à faire parler ou bouger les lignes. Les Sportsvan, Scénic ou Active Tourer ne font guère mieux.

Pour l’heure, pas question de trop élargir la diversité des motorisations de cette Classe B attendue en février 2019. Elle inaugurera cependant un 2.0 l turbodiesel de 190 ch et 400 Nm en boîte double embrayage, avec à la clé 116 à 119 g. Ce moteur complète le 1.5 dCi commun à Renault en 116 ch/260 Nm (109 à 115 g) et déjà disponible sur la Classe A. Il existe aussi en 150 ch et 320 Nm, pour 112 ou 119 g au maximum.

Le salon de Paris, c’était aussi une belle plate-forme de lancement pour le dernier GLE qui s’allonge de 8 cm en empattement et peut enfin offrir une configuration 7 places et une version hybride rechargeable en 2020. Pour son lancement au printemps 2019, ce grand SUV s’équipera du 4-cylindres turbodiesel de 245 ch de la 300 d 4Matic à 190 g, pour un prix débutant à 69 000 euros.

L’étoile électrique

Plus innovant que la nouvelle Classe B ou le nouveau GLE sur le stand Mercedes, l’EQC 400 sera le premier véhicule électrique d’une longue lignée baptisée EQ. Dans ses 4,77 m de longueur, entre le GLC et le GLE, il devrait assurer 450 km d’autonomie. Pour cela, il recourt à deux moteurs électriques, l’un sur le train avant, l’autre sur l’essieu arrière, qui développeront 408 ch et 765 Nm de couple. Cet EQC doit venir concurrencer à l’été 2019 la Jaguar I-Pace ou encore l’Audi e-tron.

Si sa maison mère Volkswagen a renoncé à venir à Paris, Audi ne pouvait rater le lancement commercial de la petite A1 (voir la brève), la révélation du Q3 et la présentation en direct de l’e-tron.

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Un Mondial incontournable pour Audi

La deuxième génération du Q3 grandit donc de 10 cm pas moins (à 4,49 m), avec un design bien plus séduisant qui s’émancipe des rondeurs de l’ancien modèle : ce SUV compact est toujours aussi impeccablement classe et premium dans sa présentation et sa finition, avec sa planche de bord mieux structurée. Et il ajoute pour la polyvalence une banquette arrière coulissante sur 15 cm.

Pour les motorisations, on retrouvera le 2.0 TDI de 150 et 190 ch en quattro mais il y a fort à parier que les motorisations essence, puis hybrides, seront de plus en plus prisées. Du coup, ce Q3 débutera avec le 1.5 TFSI de 150 ch du groupe Volkswagen (33 500 euros), complété par le 2.0 TFSI de 190 et 230 ch. BMW et Mercedes vont avoir du fil à retordre.

Autre vedette, l’e-tron, un grand SUV de 4,90 m de longueur et 1,94 m de largeur, plutôt taillé pour l’Amérique ! Avec son moteur électrique de 190 ch sur le train avant, aidé si nécessaire (accélération forte, perte de motricité du train avant, correction de l’ESP en courbe, etc.) par un moteur électrique de 170 ch à l’arrière, ce modèle délivre au cumul et au maximum 360 ch et 561 Nm, pour un 0 à 100 km/h en 5,7 s. L’autonomie s’élève à 400 km avec la grosse batterie de 95 kWh, à condition de ne pas rouler en permanence à la vitesse maximale « limitée » à 200 km/h. À 82 600 euros (hors bonus), cet e-tron trouvera sur son chemin l’EQC, l’I-Pace et la Model X.

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Porsche mise sur son Macan

Dernière vedette allemande, le Porsche Macan né en 2014 et restylé faisait sa première apparition en Europe pour une commercialisation déjà effective. Les évolutions sont subtiles, surtout sur la face avant, et on notera le bandeau lumineux qui sépare en deux la face arrière au niveau du hayon, un trait apparu sur les Panamera et Cayenne.

Sous le capot de ce Macan, le passage à l’Euro 6d et au WLTP + RDE ne s’est pas fait sans mal : outre l’abandon du 3.0 V6 diesel par Porsche pour tous ses modèles, c’est aussi celui du 3.0 V6 essence qui est acté. Deux moteurs conçus et fabriqués par… Audi et fort contestés en interne. Ce qui vaut la mise en examen et la détention provisoire depuis juin de son ancien patron Rupert Stadler. Reste au catalogue le 4-cylindres 2.0 turbo essence revenu de 252 ch à 245 ch pour un couple identique de 370 Nm et 8,1 l/100 km, soit 185 g, à 60 860 euros.

Restons dans le groupe Volkswagen avec Skoda et sa Vision RS. Un modèle qui préfigure la future Rapid basée, enfin, sur la plate-forme MQB, avec une longueur portée à 4,35 m, soit 9 cm de plus que la Golf ou la Leon et ses 4,27 m. Le style se veut donc moins « compact », surtout pour sa partie arrière qui s’inspire du design Scout de Skoda, mi-break, mi-coupé, avec 430 l de capacité de coffre.

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Skoda et Seat en grande forme

Sous le capot avant de cette Vision RS officie le 4-cylindres 1.5 TFSI Volkswagen de 150 ch à désactivation de cylindre et fonction roue libre, accouplé à un moteur électrique de 75 kW/102 ch ; le tout développe 245 ch pour un 0 à 100 km/h en 7,1 s, et une vitesse maximale de 210 km/h. Grâce à sa forte capacité de 13 kWh, la batterie lithium-ion assure une autonomie de 70 km en mode électrique. Elle permet aussi, en WLTP, de pointer à 33 g ‒ c’est excellent.

Seat avait choisi de sortir du hall 5 pour trôner en extérieur, avec son Tarraco, un SUV de 4,73 m de long, frère gémellaire du Tiguan Allspace de 7 places. Dans l’habitacle, la planche de bord accueille la même tablette placée à l’horizontale et il n’y a guère que le logo du volant qui trahisse la paternité du Tarraco. Ce qui ne déplaira pas à une clientèle exigeante qui ne pourra contester le haut niveau de qualité de ce SUV, matériaux et fabrication étant du choix de Volkswagen.

Sans surprise, on retrouve les motorisations du Tiguan Allspace sur ce Tarraco, avec le 2.0 TDI en 150 et 190 ch, le 2.0 TSI de 190 ch et le 1.5 TFSI de 150 ch qui constituera en février 2019 l’accès à la gamme à 33 000 euros.

Revenu dans le hall 1 à la place de Nissan et en voisin de Renault, Kia a mis les bouchées doubles pour occuper son immense stand. Une belle plate-forme pour la nouvelle Proceed, le break de chasse lancé en mars 2019 avec le 1.0 l turbo de 120 ch, le 1.4 turbo de 140 ch et le 1.6 turbo diesel micro-hybridé de 48 V et 136 ch.

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Kia et Hyundai en mode électrique

Autre vedette sur le segment des polyvalentes électriques à prix « abordables » : l’e-Niro (4,37 m), vendu à partir de 38 500 euros hors bonus en 136 ch, avec une batterie de 39 kWh assurant 289 km d’autonomie en WLTP. Comptez 42 500 euros en 204 ch avec une batterie de 64 kWh, pour une autonomie record de 455 km en WLTP. La Zoé et la Leaf froncent déjà les sourcils.

Euphorie aussi chez Hyundai qui exposait son Kona Electric (4,18 m et 1,57 m de hauteur), plus crossover que le cousin e-Niro, mais qui en reprend la double offre de puissance et de batterie : 136 ch/39,2 kWh et 204 ch/64 kWh, pour un prix débutant à 38 400 euros pour le premier et 42 400 euros pour le second.

Mais la vraie nouveauté chez Hyundai, c’était le Nexo (4,67 m), seul véhicule électrique à pile à combustible à hydrogène commercialisé en France (72 000 euros) avec la plus connue Toyota Mirai qui en profitait d’ailleurs pour annoncer son prix public à 78 900 euros.

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Toyota Lexus : pléthore de nouveautés

Chez Toyota, pas de surprise avec la Camry (4,88 m de longueur) qui succède à l’Avensis, une Camry bien connue aux États-Unis où elle est fabriquée, mais aussi au Japon d’où elle provient pour l’Europe. Avec un seul modèle hybride à 40 000 euros, doté du 2.5 l essence de 177 ch, aidé par un moteur électrique de 218 ch et 221 Nm, pour 98 g. Logique puisqu’elle repose sur la plate-forme « à tout faire » du groupe Toyota-Lexus, la TNGA-K que l’on retrouve avec la Lexus ES 300h (4,98 m). Qui succède à la GS et vient directement du Japon avec le même groupe « full hybrid » 2.5 l de 218 ch à 100 g ; son prix a été révélé lors du salon, soit 47 990 euros en Business.

Mais la véritable actualité sur le stand de Lexus, c’était l’UX 250h appelé à devenir le modèle le plus vendu de la marque dans l’Hexagone. Tout comme le RAV4 dont il reprend la plate-forme TNGA-C et la motorisation hybride de 178 ch (2.0 l essence de 153 ch et 71 ch électriques), ce SUV compact ne sera proposé qu’avec ce moteur mais en 2 ou 4 roues motrices : comptez respectivement 96 et 106 g, 39 990 euros en 2WD Pack Business et à partir de 38 990 euros en 4WD Pack.

Autre vraie nouveauté, le RA4V cinquième du nom, qui fait donc plate-forme commune avec l’UX 250h. Et qui, quelque part, s’inspire aussi de son design anguleux mâtiné du dynamisme du CH-R. Cet opus renonce à son tour au diesel et ne sera disponible en France qu’en 218 ch, au lieu des 197 ch du modèle actuel tirés du 2.5 l essence-hybride. Mais malgré tous ces efforts, il rate le seuil de l’exonération de TVS avec 102 g en 4×2 et 105 g en 4×4. Une série de lancement Première Edition 4×2 s’affiche à 46 300 euros pour une livraison en février 2019.

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Le retour de la Toyota Corolla

Chez Toyota, la Corolla, ex-Auris, s’est dévoilée en 5 portes (4,37 m) à Genève et en break Touring Sports à Paris (longueur : 4,65 m). Elle s’allonge de 58 mm par rapport à l’ancienne Auris break grâce à la nouvelle plate-forme TNGA-C commune au CH-R, au RAV4 ou à la Prius. L’offre uniquement hybride pour la France comprend deux motorisations : le 1.8 l essence de 98 ch aidé du moteur électrique de 53 kW, le tout développant 122 ch pour 76 g (à partir de 26 950 euros) ; et le 2.0 l de 153 ch avec un total de 180 ch et seulement 86 g (à partir de 30 950 euros).

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Suzuki et Honda en imposent

Terminons cette visite avec Suzuki et Honda, deux marques aux ambitions affirmées auprès des entreprises et des professionnels. Le premier a annoncé renoncer au diesel ; le succès et la justesse des choix technologiques de l’hybridation légère sur les petits moteurs essence justifient ce retrait.

Chez Suzuki, outre le restylage du Vitara, le dernier Jimny (3,65 m) a marqué les esprits et les afficionados de ce petit 4×4 légendaire qui adopte un style étonnant, sorte de Mercedes Classe G en plus petit. Ce Jimny fait aussi valoir son châssis échelle, ses deux essieux rigides et ses réducteurs pour un usage professionnel sans faille. Sous le capot se loge le nouveau 1.5 l de 103 ch à 154 g avec transmission intégrale permanente, pour un prix débutant à 17 250 euros.

De son côté, Honda mettait en avant son récent CR-V dont la version hybride sera la plus diffusée en Europe. La puissance cumulée essence-électrique affiche 184 ch et 315 Nm pour des émissions limitées à 120 g en 4×2 et 126 g en 4×4 ‒ c’est excellent.

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La fête est finie

Entre un Dieter Zetsche (Daimler Benz) qui affirme qu’aujourd’hui un diesel ne pollue pas plus qu’un essence, un Carlos Ghosn (Renault-Nissan-Mitsubishi) qui déclare qu’il ira là où le marché le conduira – sous-entendu, je renonce au diesel qui va disparaître rapidement mais je ne suis pas convaincu que l’électrique séduise à moyen terme –, alors que Carlos Tavares (PSA-Opel) ne jure plus que par l’hybridation essence rechargeable et gèle la R&D sur les diesel, plus personne, lors de ce salon, ne savait où allait l’automobile.

La réponse est venue le jour de l’ouverture du Mondial : le Parlement européen a voté le 3 octobre la réduction de 40 % des émissions de CO2 d’ici 2030 pour les VP et de 30 % pour les VUL. Effort revu à 35 % par le Conseil de l’Europe. Ce qui se traduit par l’obligation d’électrifier massivement les futurs modèles. Et les élus européens ne sont pas les seuls à suivre cette voie : parlementaires et maires bannissent les uns après les autres le diesel des cités (15 métropoles dans l’Hexagone), voire des pays. Ainsi, Paris ne laissera plus entrer de voitures à gazole en 2024 et le Danemark interdira dès 2030 la commercialisation sur son territoire des voitures thermiques.

Ajoutons que ce Mondial faisait plutôt dans la catégorie « poids légers » avec l’absence du premier importateur dans l’Hexagone, Volkswagen, et la désertion de Fiat, Ford, Opel, Nissan, Volvo et autres Mini, Alfa, Infiniti, Jeep, Lamborghini, Mitsubishi, Subaru et Mazda.

Vers un « hard Brexit » ?

Un sujet d’inquiétude va rapidement venir perturber l’industrie et le marché automobiles : le Brexit sera-t-il « hard » ou négocié ? Après Toyota, c’était au tour du patron de BMW et Mini de menacer de quitter le Royaume-Uni si un accord n’est pas signé d’ici avril 2019 avec l’Europe, suivi en cela par le patron de PSA pour sa marque Vauxhall. Nissan, Honda et même Jaguar Land Rover avaient déjà fait part de leurs inquiétudes liées aux perturbations qu’un « hard Brexit » provoquerait dans l’approvisionnement en juste à temps et sans frontières de leurs usines. Jaguar a pris les devants en faisant fabriquer son I-Pace électrique par l’autrichien Magna Steyr, et Land Rover a procédé pareillement pour son dernier Discovery assemblé dans sa nouvelle usine en République Tchèque. De fait, en l’absence d’accord, le prix de fabrication et les prix de ventes seraient automatiquement surenchéris de 20 %.

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