Mondial.Tech 2018 : start-ups et automobile se rencontrent

Pour la première fois, le Mondial de l’automobile de Paris a accueilli le Mondial.Tech 2018, un événement B to B consacré au monde des start-ups. Objectif : faire se rencontrer ces deux mondes alors que leur collaboration n’en est qu’à ses débuts. Tour d’horizon des technologies qui vont rendre le véhicule encore plus connecté mais aussi toujours plus autonome.

- Magazine N°243
1381
Ouster

« À terme, la valeur ajoutée des autos sera dans leur ʺsoftwareʺ et non leur ʺhardwareʺ », a rappelé d’emblée Jacques Attali, invité par le patron du Groupe PSA Carlos Tavares pour son discours d’ouverture du Mondial.Tech. Le ton était donné, l’automobile de demain sera « tech » ou ne sera pas.

Une révolution avec des modes de consommation transformés, délaissant au fur et à mesure la propriété au profit du partage et de la conduite autonome. C’est tout cela que l’on retrouvait dans le hall consacré aux acteurs technologiques : start-ups, pôles de compétitivité, spécialistes du numérique et équipementiers.

Un événement ouvert aux seuls professionnels et étudiants des filières impliquées, avec pour objectif de favoriser un écosystème étendu en faisant se rencontrer les acteurs classiques de l’automobile et les nouveaux entrants dans tout ce qui touche à la mobilité.

Le Mondial.Tech à ses débuts

Le hall était encore modeste avec des stands simples et petits, mais il est difficile de mettre en valeur des produits souvent immatériels. Et ce n’est qu’un début. Contrairement au Mondial de Paris qui a lieu tous les deux ans en alternance avec Francfort, le Mondial.Tech sera un événement annuel avec l’ambition d’en faire un rendez-vous d’envergure internationale. La France comptant parmi les pays européens qui investissent dans le plus grand nombre de start-ups liées à l’automobile, Paris est donc bien placée pour organiser un tel événement.

Les organisateurs citaient souvent en modèle le fameux CES de Las Vegas, salon spécialiste de l’électronique grand public avec une part de plus en plus importante côté automobile. Gary Shapiro, président du CES, est donc venu sur place et a assuré un discours d’ouverture et un mini événement CES Unveiled, sorte de mini salon dans le salon, où start-ups et sociétés établies se sont rassemblées dans un espace restreint avec de mini-stands pour assurer des pitchs presse.

Le Mondial.Tech a aussi accueilli le congrès Electric-Road (écosystèmes de transports propres) et un stand du salon Laval Virtual, tous deux partenaires stratégiques. En tout, ce sont 100 sessions qui auront été organisées avec environ 10 000 participants.

Pour motiver les start-ups, un concours a rassemblé 478 candidats et 64 start-ups venant de 53 pays, organisé avec le réseau Startup Sésame, autour de thématiques comme la mobilité durable, l’électrification et l’hybridation, le bien-être à bord, la connectivité et les systèmes de transport intelligents ou encore la cyber-sécurité.

Un concours de start-ups

Le vainqueur : l’application française WeProov qui digitalise l’état des lieux de retour des véhicules de flotte, notamment lors de la restitution. À partir d’un smartphone ou d’une tablette, cette suite d’outils digitaux permet de définir l’état d’une flotte en temps réel et à distance, d’anticiper ou déceler des problèmes, de chiffrer les éventuels dégâts et prendre les décisions qui s’imposent.

Au fil des allées, nous avons repéré divers exposants, très éclectiques et illustrant ainsi des aspects très différents du spectre des technologies et applications présentées.

Par exemple, le spécialiste de la certification automobile Utac-Ceram misait sur Teqmo, un tout nouveau centre de test des ADAS, de la conduite autonome et de la connectivité, au cœur du vénérable circuit de Monthléry (91) en région parisienne, avec 12 km de pistes d’essais destinées aux fonctionnalités high-tech et aux tests de télécommunication en 5G.

Ingrédient indispensable de la conduite autonome, on trouvait un stand mettant en avant un lidar (radar laser) de la société américaine Ouster, un des nombreux fabricants de ce type de capteurs ultra-précis qui offrent une cartographie 3D de l’environnement de l’auto, d’une précision de 3 cm avec 1,3 million de points calculés à la seconde.

En attendant la conduite autonome, d’autres start-ups veulent aider le conducteur, à l’image de Ridecell qui commercialise des solutions clés en main d’autopartage, ou WeNow avec son coaching d’éco-conduite dont le dongle OBD connecté à une application est facile à installer soi-même, avec la promesse de réduire de 5 à 15 % le budget carburant.

  • Ridecell
  • WeNow

Le numérique dans toute sa variété

Le français Toucango (société Innov Plus) vend pour sa part un boîtier usant des technologies de reconnaissance faciale pour détecter des phases de micro-sommeil ou de distraction du conducteur, l’avertissant si besoin par des alertes progressives et graduées, sonores, visuelles et vibrantes.

Surveillance du conducteur toujours : Nanomade mesure les signaux vitaux de base (respiration, rythme cardiaque, voire position de conduite) sans gêner le conducteur, au moyen de capteurs souples ultrafins intégrés au siège. Ocigo se propose quant à lui d’analyser le taux d’alcool dans l’haleine du conducteur et d’en déduire avec un algorithme le temps nécessaire pour un retour à la normale.

  • Ocigo
  • ir.deto
  • Toucangoecran

Retour au véhicule lui-même avec Carfit Puls qui diagnostique certains problèmes (équilibrage, usure des pneus, etc.) grâce un simple boîtier connecté posé sur le volant. Et une société comme ir.deto qui prend en charge d’autres risques : la cybercriminalité, avec un encryptage et des solutions anti-hacking.

Voilà donc un grand panel de possibles applications de la technologie dans le monde automobile. Gageons que l’an prochain, le choix sera plus étendu et la densité de sujets encore plus riche !

PARTAGER SUR