Mortalité routière : – 5,3 % en 2018

L’Observatoire interministériel de la sécurité routière (Onisr) vient de publier les résultats définitifs de l’accidentalité routière sur l’année 2018. Bilan : la mortalité est enfin repartie à la baisse avec - 5,3 % par rapport à 2017 et est même repassée sous les chiffres de 2013.

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Mortalité routière

Comme annoncé fin janvier, le taux de mortalité routière de l’année 2018 a été le plus bas enregistré par l’Onisr avec 3 488 personnes décédées sur les routes de France, soit 196 décès de moins et – 5,3 % comparé à 2017. De plus, les autres indicateurs ont également affiché une baisse : le nombre d’accidents corporels et celui de personnes blessées ont tous deux diminué de 4,7 % entre 2017 et 2018. Selon la Sécurité routière, cette évolution s’inscrit dans un contexte de trafic routier en hausse de 6,7 % entre 2013 et 2017, et après deux années de hausse de la mortalité et deux années de stagnation.

France métropolitaine : les indicateurs en baisse

En France métropolitaine, la mortalité routière a baissé de 5,8 % en 2018 avec 3 248 personnes décédées, soit 200 de moins qu’en 2017, et en moyenne 50 tués par million d’habitants. Là encore, les autres indicateurs sont aussi en recul avec 55 766 accidents mortels (- 4,9 %) et 69 887 blessés (- 4,8 %).

Baromètre ONISR - Métropole - Évolution de la mortalité routière entre 2010 et 2018

En Outre-mer, si le nombre d’accidents corporels a diminué (2 586 accidents, soit 25 de moins qu’en 2017), de même que le nombre de blessés (3 366 blessés, soit 90 de moins qu’en 2017), la mortalité a en revanche augmenté avec 240 personnes décédées sur les routes ultramarines en 2018, soit 4 de plus qu’en 2017.

En France métropolitaine, les statistiques détaillées révèlent que la baisse de la mortalité a concerné tous les usagers à l’exception des cyclomotoristes et des cyclistes, avec un nombre de décès en hausse respectivement de 14 % et 1 % entre 2017 et 2018. En parallèle, la mortalité des tranches en sur-risque a diminué : celle des 18-24 ans a reculé de 10 % et celle des plus de 65 ans de 3 %. En outre, une vitesse excessive ou inadaptée est l’un des facteurs d’accident dans 27 % des cas, la conduite sous l’emprise d’alcool dans 18 % des cas, le non-respect des priorités dans 10 % des cas et la consommation de stupéfiants dans 9 % des cas.

Une baisse de la mortalité hors agglomérations et hors autoroutes

Enfin, l’Onisr indique que si la mortalité sur autoroute a diminué de 5 % entre 2017 et 2018, elle a augmenté de 5 % entre 2010 et 2018. Sur les réseaux hors et en agglomération, la mortalité routière a également diminué respectivement de 6 et 5 % entre 2017 et 2018.

« C’est sur les routes situées en dehors des agglomérations que survient la majeure partie de la mortalité routière (62 %), un pourcentage qui figure parmi les plus élevés d’Europe, note la Sécurité routière. La mortalité intervient à 90 % sur les routes à double sens sans séparateur central. »

Ainsi, la réduction de la limitation de vitesse à 80 km/h aurait contribué à la réduction de la mortalité routière sur les réseaux hors agglomérations, où l’Onisr a enregistré 140 décès de moins en 2018 par rapport à 2017. En effet, les données collectées depuis juin 2018 à partir de 73 millions de passages de véhicules sur 50 points d’observations répartis dans 20 départements témoignent d’une diminution de la vitesse moyenne pratiquée de 3,9 km/h pour les VL, stable depuis le 1er juillet 2018, mais de moins d’1,8 km/h pour les PL. Et selon la sécurité routière, d’après l’étude de 298 itinéraires d’environ 30 km depuis le 1er juillet 2018, la perte de temps de parcours serait « de l’ordre de la seconde au kilomètre » tandis qu’un gain de temps serait même observé « pour 34 % de ces itinéraires ».