Mortalité routière : – 21 % en 2020 selon le bilan définitif de l’Onisr

L’Observatoire interministériel de la sécurité routière a publié les résultats définitifs de l’accidentalité routière pour l’année 2020. Bilan : 2 780 personnes sont décédées sur les routes de France, soit – 21 % comparé à 2019, dans le contexte de la pandémie de covid-19.
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mortalité routière

D’après le bilan définitif de l’Observatoire interministériel de la sécurité routière (Onisr), la mortalité routière a fortement diminué en 2020, comme l’annonçait le bilan provisoire publié en février 2021. En effet, 2 780 personnes sont décédées sur les routes de France (métropole et outre-mer) l’an dernier, soit 718 de moins qu’en 2019 (- 21 %). Les autres indicateurs ont également affiché une baisse avec 47 744 accidents corporels enregistrés en 2020, soit – 18,9 % comparé à 2019, et 59 248 blessés (- 20,1 %).

« Le caractère exceptionnel de cette baisse est à relativiser en raison du contexte de crise sanitaire ayant entraîné des mesures de restriction des déplacements qui ont eu des effets massifs sur le trafic routier », nuance toutefois Marie Gautier-Melleray, déléguée interministérielle à la Sécurité routière.

« Les pouvoirs publics ont confiné la population sur deux périodes, du 16 mars au 10 mai et du 30 octobre au 13 décembre, rappelle l’Onisr. En dehors de ces périodes, des couvre-feux nationaux et/ou locaux ont été mis en place. Durant ces périodes de restriction, les déplacements professionnels et touristiques ont été fortement réduits, comme en atteste la diminution de la consommation des ménages en carburant. Cette réduction des déplacements a logiquement eu un effet positif sur l’accidentalité routière. »

France métropolitaine : la mortalité en baisse de 22 %

En métropole, l’Onisr a comptabilisé 45 121 accidents corporels, en baisse de 19 % par rapport à 2019. Ceux-ci ont fait 55 836 blessés (- 21 %) et 2 541 tués (- 22 %). « Il s’agit de la plus faible mortalité routière enregistrée depuis 1924 (2 246 tués), alors qu’on peut estimer que le parc de véhicules en circulation a été multiplié par 50 », indique l’Onisr.

Une grande partie de la baisse s’explique par la diminution du trafic routier lors des deux périodes de confinement, en dehors desquelles « le nombre de victime est très proche de celui des années 2015-2019 et celui des personnes décédées très légèrement inférieur », précise l’Onisr.

L’organisme note toutefois que « le gain observé n’est pas de la même ampleur que la baisse du trafic » : « l’analyse des messages d’infractions relevées par les radars automatiques laisse supposer que les vitesses pratiquées ont été plus élevées qu’à l’habitude sur certaines périodes, sans doute parce que la circulation était plus fluide, la route dégagée. »

Côté usagers, « les tués sont surtout de jeunes hommes », note l’Onisr. La mortalité routière a diminué dans presque toutes les tranches d’âge (voir le tableau ci-dessous), en particulier chez les 75 ans et plus avec 352 tués en 2020, soit – 34 % comparé à 2019. Cependant, plusieurs tranches d’âge restent en sur-risque : l’Onisr a comptabilisé 86 tués par million d’habitant chez les 18-24 ans, 53 chez les 25-34 ans et 56 chez les 75 ans et plus ; alors que la moyenne est de 39 tués par million d’habitant en 2020 et qu’elle était de 50 en 2019.

Autre information : la mortalité routière a diminué chez toutes les catégories d’usagers (voir le tableau ci-dessous). Notamment, alors que chaque année plus de la moitié des tués sont des automobilistes, ces derniers n’ont représenté pour la première fois que 43 % de la mortalité routière en 2020 avec 1 243 tués, soit – 23 % comparé à 2019. Inversement, « l’année 2020 a été marquée par une hausse de la fréquentation cycliste », indique l’Onisr, avec + 10 % en moyenne et même + 27 % hors périodes de confinement ; si bien que le nombre de cyclistes tués est resté stable.

La chute de la mortalité observée en 2020 a été plus marquée sur autoroute (- 24 %) et hors agglomération (- 23 %) qu’en agglomération (- 19 %), où une partie des déplacements de proximité ont été maintenus durant les confinements. Enfin, la mortalité a diminué dans toutes les régions métropolitaines (voir le tableau ci-dessous), mais avec des disparités régionales : ainsi, la baisse n’a été que de 7 % en Île-de-France contre 32 % en Centre-Val de Loire. « Il n’est pas mis en évidence de lien entre les régions les moins touchées par le covid-19 et les régions dont la baisse de l’accidentalité aurait été la moins forte », précise l’Onisr.

Outre-mer : pas d’évolution significative

Outre-mer, les indicateurs de l’accidentalité routière ont également affiché une baisse mais moins importante qu’en métropole. L’Onisr a enregistré 2 623 accidents corporels en 2020, soit 201 accidents de moins qu’en 2019 (- 7 %). Ceux-ci ont fait 3 412 blessés (- 7 %) et 239 tués (- 6 %). Avec un seul confinement sur l’année 2020, « l’impact de la crise sanitaire sur les déplacements outre-mer n’est pas aussi marqué qu’en métropole, note l’Onisr. La mortalité routière baisse mais reste dans la fourchette de ces dix dernières années. »

Côté usagers, les automobilistes ont représenté un peu plus du tiers de la mortalité routière avec 86 décès. Avec 87 tués en 2020, la mortalité en deux-roues motorisés a quant à elle augmenté de 23 % par rapport à 2019. Inversement, la mortalité des piétons a reculé de 32 % avec 36 tués.