Europe : la trop lente diminution de la mortalité routière

Selon la Commission européenne, la mortalité routière a diminué de 2 % entre 2016 et 2017 dans les États membres. Une progression insuffisante pour tenir les objectifs européens, si bien que la Commission veut mettre en place des « mesures concrètes ».

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Mortalite routiere Europe 2017
Évolution de la mortalité routière dans l'Union européenne entre 2010 et 2017 (c) Commission européenne

D’après les statistiques provisoires publiées le 10 avril par la Commission européenne, 25 300 personnes sont décédées sur les routes de l’Union européenne en 2017, soit 300 victimes de moins qu’en 2016. La mortalité a ainsi reculé de 2 % pour la deuxième année consécutive, après deux années de stagnation.

« Cette tendance a beau être encourageante, il sera maintenant très difficile d’atteindre l’objectif de l’UE consistant à réduire de moitié le nombre de tués sur les routes entre 2010 et 2020 », alerte toutefois la Commission. Entre 2010 et 2017, ce nombre n’a en effet baissé que de 20 %.

De plus, le nombre de blessés graves, estimé à 135 000 en 2017, n’aurait pas évolué par rapport à 2016. La Commission estime en outre à 120 milliards d’euros par an le coût socio-économique des accidents de la route (rééducation, soins de santé, dommages matériels, etc.).

Des mesures concrètes pour 2020-2030

Pour Violetta Bulc, commissaire chargée des transports : « La sécurité routière relève bien entendu d’une responsabilité partagée avec les États membres, mais je suis convaincue que l’UE peut faire plus pour mieux protéger les Européens ».

La Commission européenne compte pour cela sur un nouveau cadre de la sécurité routière pour la période 2020-2030, qui sera présenté dans les semaines à venir. L’objectif : renforcer de la coopération entre les acteurs, améliorer le suivi et cibler les financements. Ce cadre sera assorti d’une « série de mesures concrètes », a annoncé Violetta Bulc.

« Ces travaux pourraient notamment prévoir la révision des règles européennes relatives à la sécurité des véhicules et à la gestion de la sécurité des infrastructures, ainsi qu’une initiative visant à assurer une transition sans risques vers une mobilité coopérative, connectée et autonome », précise la Commission.

Sécuriser les routes rurales et urbaines

L’enjeu est en effet d’améliorer la sécurité sur les routes rurales qui ont concentré 55 % des accidents mortels en 2017 et en zone urbaine (37 % des accidents mortels).

road fatalities in the EU by types of road 2017Il est également essentiel de protéger les usagers vulnérables, c’est-à-dire avant tout les piétons et les conducteurs de deux-roues, qui ont représenté respectivement 21 % et 25 % des personnes tuées sur les routes en 2017. « Le nombre de piétons et de cyclistes tués a diminué à un rythme plus lent que les autres catégories de victimes », indique la Commission, avec une réduction de 15 % de la mortalité des piétons entre 2010 et 2016 et de seulement 2 % pour les cyclistes.

Accidents mortels UE type transportLes plus jeunes sont également plus vulnérables. « Près de 14 % des personnes tuées sur les routes de l’UE sont âgées de 18 à 24 ans, alors que seulement 8 % de la population appartient à ce groupe d’âge, note la Commission. En raison de l’évolution démographique des sociétés européennes, la proportion de décès chez les personnes âgées a également augmenté au cours des dernières années (de 22 % en 2010 à 27 % en 2017). »

accidents mortels EU 2017 par ageLes États membres, quant à eux, sont invités à « intensifier leur action, notamment en se concentrant sur le contrôle du respect des règles de la circulation routière, ainsi que sur l’éducation et la sensibilisation. » Car l’Union s’est de nouveau engagée le 8 juin 2017 à diviser par deux le nombre de morts entre 2020 et 2030.

Des efforts à ne pas relâcher

Les routes d’Europe restent cependant les plus sûres au monde, avec en moyenne 49 victimes par million d’habitants en 2017 contre 174 à l’échelle mondiale (soit au total 1,3 million de victimes selon l’OMS). En tête des bons élèves : la Suède, suivie par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Danemark.

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Taux de mortalité routière en 2017 par pays (en nombre de décès par million d’habitants) (c) Commission européenne

De plus, les écarts entre États membres ont continué de se réduire. Seuls deux pays, la Bulgarie et la Roumanie, ont enregistré un taux de mortalité routière supérieur à 80 tués par million d’habitants, contre trois en 2016 et sept en 2010.

Enfin, 18 pays ont réussi à réduire la mortalité routière entre 2016 et 2017, dont neuf de plus de 10 % : la Grèce, le Danemark, le Luxembourg, la Lettonie, l’Irlande, Malte, mais aussi la Finlande, et surtout la Slovénie (- 20 %) et l’Estonie (- 32 %).

Europe : évolution de la mortalité routière entre 2010 et 2017 par pays

Reste que tous ont des progrès à faire, y compris la France. Même si elle a réussi à diminuer la mortalité routière d’1 % entre 2016 et 2017, la France a déploré 3 456 victimes l’année dernière, soit 53 décès par million d’habitants.

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