Motos et scooters : les troisièmes roues de la flotte ?

Sur le segment des deux-roues et des scooters, constructeurs et loueurs multiplient les propositions de véhicules et les solutions de financement. Des initiatives pour vaincre les réticences des entreprises face aux risques de conduite, mais également pour s’inscrire dans la perspective d’une solution globale de mobilité offerte aux salariés de demain.

- Magazine N°219
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Motos et scooters : les troisièmes roues de la flotte ?

Après le trois-roues, le quatre-roues ! : « Nous avons écoulé une quarantaine de Quadro ces derniers mois, se félicite Pascal Courtois, président de 2R Fleet services, spécialiste de la LLD des scooters et deux-roues. Des personnes qui n’avaient pas basculé sur le deux ou trois-roues sont rassurées par ce scooter. Après deux ou trois jours à l’essai, elles sont convaincues. »

Ce scooter nouvelle génération vient compléter l’offre de motos et de scooters sur un marché de l’entreprise qui reste marginal, comparé à celui de l’automobile, mais sur lequel les constructeurs et loueurs se penchent avec intérêt. « Près d’un tiers de nos R1200 RT et plus de 50 % de nos scooters sont vendus à des sociétés », confirme Nathanaëlle Heinrich, directrice des ventes de BMW Motorrad. La diffusion de ces véhicules auprès des entreprises passe aussi bien par les ventes directes qu’avec des financements en LOA ou LLD. « À ce jour, les ventes à sociétés se font majoritairement sur les gros cubes, de 500 cm3 et plus, complète la responsable de BMW. Ce segment compte pour plus des deux tiers des ventes de deux-roues en LLD. »

Malgré la modestie des chiffres, les constructeurs n’entendent pas passer à côté de ce potentiel. « C’est un marché naissant mais croissant, avec de nouvelles opportunités », projette Nathanaëlle Heinrich.

« Pour la LLD, le contrat moyen s’élève à 48 mois et 20 000 km », avance Guillaume Maureau, directeur général adjoint en charge du commerce pour ALD Automotive. « Les services inclus dans le contrat sont la maintenance, l’assistance et la perte financière. La carte carburant et la prestation pneus peuvent être souscrites en option. Ce n’est pas encore vrai de l’assurance en raison du caractère spécifique du risque moto. »

Si sortir des prestations du contrat est possible, « l’assistance et la maintenance demeurent impératives pour garantir, notamment lors de la revente en VO aux futurs acheteurs, un deux-roues en bon état avec l’historique de l’entretien », complète le responsable d’ALD.

Pour certaines entreprises, le deux-roues se montre indispensable. « Le marché de l’entreprise est très segmenté, constate Georges Charitat, chef des ventes b to b chez Peugeot Motocycles. Avec des entreprises de livraison alimentaire, de produits finis à domicile qui font appel à 90 % à des 50 cm3. » Un marché de l’alimentaire qui pourrait se développer avec l’arrivée en France d’Uber Eats, l’équivalent du service Uber en service de livraison pour restaurants.

Le deux-roues, marché à fort potentiel

« Les 125 cm3 sont utilisés dans le cadre des livraisons à domicile ou des services, et enfin les trois-roues sont employés par les agences immobilières, les cabinets d’avocats, de notaires, mais aussi par des PME pour des ingénieurs de chantier, des architectes, etc. », poursuit Georges Charitat.

Reste que pour la majorité des sociétés, le recours aux deux-roues est limité par les risques liés à leur usage. « Ce qui gêne aujourd’hui le développement du marché, ce sont les chartes de sécurité des entreprises, les CHSCT », constate Georges Charitat.

« Si la sécurité est un obstacle, parlons-en », répond Nathanaëlle Heinrich pour BMW Motorrad. Le constructeur va bientôt lancer des formations de conduite adaptées, destinées aux conducteurs de deux-roues pour l’activité professionnelle et pour les trajets domicile-travail. Un outil pour changer le regard des entreprises sur la dangerosité de ces véhicules et faire d’eux une partie intégrante d’une « solution globale de mobilité », projette la responsable.