Nissan paie sa tournée d’hydrogène

Aux feux rouges, rien ne sert de donner des coups d’accélérateurs rageurs. Grâce à l'hydrogène, il suffit d’appuyer sur l’accélérateur quand le feu passe au vert et, sans aucun bruit, le Nissan X-Trail FCV laisse derrière lui la meute bruyante et polluante.

- Magazine N°140
524

Le CO2 sur le point de partir en vapeur?

Ce n’est pas le moindre des avantages de ce prototype à deux millions d’euros l’exemplaire. Le Nissan X-Trail FCV a beau avoir des accélérations stupéfiantes, ce n’est pas sa principale qualité. Et pour cause, puisque ce véhicule fonctionne grâce à une pile à combustible qui alimente un moteur électrique et ne dégage donc aucune émission polluante, simplement de la vapeur d’eau. Nissan a débuté ses recherches sur la pile à combustible en 1996. En 2001, le constructeur nippon dévoile le FCV X-Terra, un SUV qui fonctionne à l’hydrogène et utilise des batteries lithium-ion. En 2002, la première génération du X-Trail FCV sort des ateliers de Nissan. Il est équipé d’une pile à combustible fabriquée par UTC fuel cells. Ses performances sont alors assez modestes : 125 km/h de vitesse maxi pour 200 kilomètres d’autonomie. En 2003, une version plus aboutie affiche des performances à la hausse : 145 km/h en vitesse de pointe et 350 kilomètres d’autonomie. En 2005, Nissan met au point sa propre pile à combustible et sort cette nouvelle version du X-Trail FCV. Cette fois, les performances se rapprochent de celles des moteurs à essence avec une autonomie de 500 kilomètres et une vitesse de pointe de 150 km/h. Le réservoir est capable de stocker 125 litres ou 5 kg d’hydrogène gazeux sous une pression de 700 bars. Temps de remplissage : 5 minutes.

Une commercialisation entre 2015 et 2020

L’autonomie a donc plus que triplé depuis 2001. Quant à la pile à combustible, sa taille a diminué de 40 % et elle a perdu 50 % de son poids. Et contrairement aux moteurs à explosion, plus le moteur tourne vite, plus la puissance est au rendez- vous. Ce qui explique les accélérations franches du X-Trail FCV. Depuis 2001, la taille de la batterie a été divisée par deux alors qu’elle affiche dans le même temps deux fois plus de puissance. A noter : dans le cadre de l’Alliance, Renault a emprunté à Nissan sa technologie pour développer un prototype sur une base de Grand Scénic. Le Scénic ZEV H2 participera à des démonstrations au cours de l’été. L’hydrogène est déjà utilisé au Japon. Dix pompes ont été installées dans le pays et plusieurs flottes intègrent des véhicules fonctionnant grâce à la pile à combustible : Cosmo Oil, la préfecture de Kanagawa et la ville de Yokohama. Nissan espère arriver au stade de la commercialisation entre 2015 et 2020. Reste plusieurs problèmes à résoudre avant d’y arriver : augmenter la durée de vie de la pile à combustible et diminuer son coût car elle embarque des métaux précieux comme le platine. De plus, aujourd’hui, l’hydrogène est fabriqué à 90 % à partir de gaz naturel, une production qui génère des émissions de 90 g de CO2 /km là où l’essence ne dégage que 30 g. En revanche, lors de l’utilisation, l’essence dégage 160 grammes de CO2 au kilomètre contre 0 à l’hydrogène. Le bilan du puits à la roue est encore favorable à l’hydrogène avec des émissions divisées par 2 sur tout le cycle. Et les recherches visent aujourd’hui à fabriquer l’hydrogène à partir d’énergie 100 % propre.

PARTAGER SUR