Noce à l’italienne Fiat a désormais Chrysler à l’œil !

Fiat prend 35 % du capital de Chrysler…

- Magazine N°145
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Annoncée le 20 janvier dernier, jour de l’investiture de Barack Obama, le nouveau Président des Etats-Unis, cette prise de participation n’a pas eu l’écho attendu. Elle a su toutefois faire vibrer le monde de l’automobile toujours prêt à s’enthousiasmer pour l’annonce de ces grands mariages.

Il n’empêche. Beaucoup se demandent désormais si cette alliance a du sens. Pour Chrysler, c’est bien sûr la certitude de bénéficier très vite de nouveaux modèles économiques et peu polluants lui permettant de remplir ses engagements vis-à-vis de l’administration américaine qui vient de renflouer ses caisses à hauteur de 4 milliards de dollars. Mais, a-t-on jamais vu sur le long terme une marque automobile forger son succès et son image de marque par l’agrégation d’éléments techniques venant de différents constructeurs. C’est sans compter avec l’ingéniosité de Fiat et de son patron. Habile négociateur lors du retrait de GM de son association avec Fiat, Sergio Marchionne s’est vu offrir 35 % du capital de Chrysler sans avoir à débourser un euro…

Une belle opération puisqu’en contrepartie, Fiat s’engage sur un transfert de technologies, de savoir-faire et de châssis, moteurs et transmissions. Gageons qu’il répondra aux attentes de Chrysler mais qu’il saura «américaniser» une Fiat 500 ou une Alfa MiTo à destination du marché US. Car dans l’opération, Fiat accède à bon compte, sur place, à des sites de production et à un réseau lui permettant de distribuer sa marque sportive Alfa Romeo. Reste que Fiat sort tout juste de la plus profonde crise que la marque ait connu. De son côté, Chrysler est à la peine depuis plusieurs années, sans que Mercedes d’abord, puis le fonds d’investissements Cerberus ne soient parvenus à le sortir de l’ornière. Face à la crise, à la baisse des marchés et surtout face aux difficultés de trésorerie, la plus élaborée des stratégies d’alliance peut être vouée à l’échec. Dans tous les cas, Fiat fait déjà figure de grand gagnant de l’opération.