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Nouvelle TVS : quel impact sur les politiques flottes ?

Pour les gestionnaires de parcs, l’année 2006 restera dans les annales avec la loi de Finances réformant profondément le calcul de la taxe sur les véhicules de sociétés (TVS). Mais jusqu’à présent, ils n’ont pas pour autant bouleversé leurs politiques flottes. C’est sans doute en 2007 que les remises à plat vont s’intensifier.

- Magazine N°125
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Au nom de considérations environnementales et de développement durable, une nouvelle grille de taxation s’applique depuis un an aux motorisations, en fonction des émissions de CO2. Stricto sensu, cette nouvelle règle du jeu aurait dû bousculer de fond en comble les pratiques des gestionnaires de parcs, refondre les gammes de véhicules utilisés dans les sociétés et surtout, remettre à plat l’attribution des modèles aux cadres dirigeants, dans la mesure où ces derniers roulent dans des véhicules lourdement taxés avec les nouvelles règles, puisque fortement émetteurs de CO2.

Force est de constater un an après que la nouvelle TVS a pour l’instant plutôt accouché d’une souris. « Le contexte général a fait que, globalement, les choses n’ont pas fondamentalement changé », souligne Jérôme Munck, Directeur général de Parcours. Autrement dit, à un bout de la chaîne, les dirigeants de sociétés et autres membres des comités de direction continuent de rouler à bord de grosses cylindrées lourdement imposées. Et à l’autre bout, les véhicules trois portes demeurent faiblement taxés. Reste le bataillon des cadres, pour lesquels la voiture était jusqu’alors un élément tout à fait important de politique salariale. Pour eux, des réflexions ont été engagées par les directions des ressources humaines des sociétés, mais rien n’a été décidé dans l’urgence, confirment plusieurs loueurs ou experts en conseil. « Il ne s’est pas passé grand-chose dans les flottes pour une raison simple. Toutes les entreprises ne roulaient pas dans de gros modèles avec des moteurs polluants », estime Olivier Rigoni, fondateur de la société de conseil Cogécar. « Or, les sociétés avec beaucoup de Clio ou de véhicules utilitaires n’entraient pas dans cette réforme de la TVS. »

La voiture : une arme indispensable à l’embauche

« Ce que les loueurs ressentent, c’est que les gestionnaires de parcs ont désormais une vraie démarche de coût global d’exploitation pour leurs flottes. Ils ne s’arrêtent pas au simple loyer mensuel, mais intègrent désormais la fiscalité, les consommations de carburant, l’entretien et le loyer. Toutefois, cela ne se traduit pas immédiatement par des changements de modèles », souligne Arnaud Muller, responsable du marketing chez GE Fleet Services.

Comme l’indique également Jérôme Munck, il y a aujourd’hui des secteurs d’activité pour lesquels les besoins de recrutement sont tels (comme l’édition de logiciels par exemple) que la voiture est une arme indispensable pour attirer du monde. Pas question donc dans ces branches, de revoir à la baisse les modèles mis à la disposition des cadres à haut potentiel. Les choses sont différentes dans l’industrie pharmaceutique où l’heure est davantage aux compressions d’effectifs qu’à l’accroissement des forces de vente. Dans ce cas, il peut être plus facile de revoir à la baisse les conditions d’attribution des véhicules et les gammes de modèles retenus.

Faut-il en conclure que la réforme de la TVS a laissé de marbre les gestionnaires de parcs ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Toutes les sociétés ont regardé de près leur car policy de manière à rester dans les mêmes niveaux de coûts. Les loueurs les ont, à cet égard, bien aidées en mettant à leur disposition des supports et des outils d’aide à la décision pointus et efficaces. Mais la mobilisation côté entreprises n’a le plus souvent pas dépassé le stade de la réflexion et rares ont été les changements à court terme. « Les gestionnaires de parcs ont préféré se donner le temps et se dire que peut-être à terme ils changeront », insiste Olivier Rigoni. « La morale de l’histoire, c’est que le cadre supérieur reste aujourd’hui une personne à motiver, et que l’outil automobile reste un très bon argument de motivation. »

« Les choses devraient évoluer cette année car les directions financières vont voir la traduction concrète de la nouvelle fiscalité », estime le responsable de GE Fleet Services

La refonte des cars Policies

Si la loi de Finances 2006 et la nouvelle TVS n’ont pas constitué LA préoccupation pour les gestionnaires, quels sont aujourd’hui leur centres d’intérêt ? « Il y a deux ou trois sujets qui vont se confirmer cette année », observe Jérôme Munck pour Parcours. « Il y aura dans les prochains mois (et cela était déjà visible dans le courant du second semestre 2006) une réflexion plus importante sur les gammes de véhicules à retenir dans leurs parcs, maintenant que les constructeurs ont communiqué sur leurs nouvelles motorisations propres. Par ailleurs, les gestionnaires veulent davantage de solutions d’optimisation et de facilités de gestion des flottes. Nous réfléchissons par exemple à des solutions de télépéages pour les conducteurs. Jusqu’alors les cartes pétrolières jouaient ce rôle. Il y a enfin la question de la multilocation. Les entreprises, à ce jour, restent clairement dans cette optique de travailler avec plusieurs prestataires.

En avoir deux, c’est une bonne chose, mais attention aux excès. Pour une société qui a une douzaine de voitures en parc, travailler avec trois loueurs est une aberration. Et pourtant, ce genre situation existe ». De son côté, Olivier Rigoni estime que le nerf de la guerre pour les loueurs reste la transparence. « Le bon contrat, avec un couple durée-kilométrage juste n’existe plus dans la location longue durée », affirme-t-il. Les gestionnaires veulent de la flexibilité dans les contrats afin de coller au plus près aux arrivées et aux départs de leurs collaborateurs.

Selon Olivier Rigoni, c’est d’ailleurs ce manque de transparence et de flexibilité qui empêche les loueurs de réellement percer sur le segment des très petits parcs, toujours fidèles à l’achat.

Autre source de préoccupation des gestionnaires de parcs automobiles, expliquent les loueurs : la fiabilité des réseaux de maintenance. Certains responsables n’hésitent plus en effet à négocier directement les prix des pièces détachées, tout comme les coûts d’entretien ou encore les délais de réparation.