Objectif employeur pro-vélo fait le point

La Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), soutenue par l’Ademe et le pétrolier ENI, lance le programme Objectif employeur pro-vélo (OEPV). Pour les employeurs, une subvention de 4 000 à 8 000 euros est proposée pour développer « une culture vélo » des salariés.
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Objectif employeur pro-vélo
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Pousser les employeurs à convaincre leurs salariés à troquer leur véhicule à moteur contre un vélo non polluant. Voilà le but du programme Objectif employeur pro-vélo (OEPV) lancé début 2022 par la FUB (La Fédération des usagers de la bicyclette). Un programme créé en collaboration avec l’Ademe et soutenu financièrement par le pétrolier-énergéticien Eni.

Objectif employeur pro-vélo a pour vocation de « répondre à un enjeu écologique fort, en accompagnant les employeurs dans la promotion des déplacements domicile-travail et professionnels à vélo auprès de leurs collaborateurs, clients et fournisseurs, explique la FUB. Grâce à un parcours d’accompagnement sur mesure, les employeurs pourront bénéficier de conseils personnalisés et d’une prime pour mettre en place des équipements et des services proposés dans le catalogue du programme. »

velos subventions

Dans ce cadre, Annie-Claude Thiolat, vice-présidente de la FUB et référente du programme OEPV, met en avant trois arguments. Il s’agit ainsi de convaincre employeurs et employés de se mettre à la « petite reine ».

Vélo : les avantages de la pratique

C’est, tout d’abord, une « question d’amélioration de la santé, précise-t-elle. La pratique du vélo pour se rendre à son travail correspond aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci conseille en effet de faire au moins trente minutes de sport par jour. Ensuite, il y a un intérêt économique de faire du vélo plutôt que de se déplacer dans une voiture consommant une essence dont le prix au litre atteint les 2 euros. Notre objectif est de faire passer, en France, la part du vélo dans les déplacements de 2 % aujourd’hui à 9 % en 2024 et 12 % en 2030. C’est faisable quand on connait les taux du Nord de l’Europe : près de 40 % à Copenhague ou 25 % au Pays-Bas. Enfin, ce programme permettra d’améliorer les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) permettant, aussi, d’améliorer l’attractivité des employeurs vertueux. »

Des subventions en faveur du vélo

Concrètement, ce programme va permettre de financer, avec un budget de 40 millions d’euros, l’aménagement à la pratique du vélo d’environ 4 500 sites employeurs. Les premiers arrivés seront les premiers servis. Les subventions vont de 4 000 euros pour une entreprise de moins de 50 salariés à 8 000 euros pour une société de plus de 250 salariés. Cet argent doit servir à créer jusqu’à 25 000 places de stationnement destinées aux vélos. Il s’agit aussi de développer des formations à la pratique du vélo, de la réparation et de la maintenance, du conseil et de l’accompagnement. L’employé sera alors poussé à utiliser un vélo pour effectuer ses déplacements domicile-travail. Mais il pourra également l’emprunter pour visiter ses clients.

La société Zenride loue des vélos aux employeurs avec casque, assurance, formation, révision, et assistance. Le coût pour l’employeur se situe entre 30 et 50 euros par mois et par vélo. Pour Antoine Repussard, son co-fondateur, ces incitations vont dans le bon sens. « Les entreprises ont besoin d’être accompagnées sur ces sujets « vélo », argumente-t-il. Il y a des attentes en infrastructures cyclables pour finir de convaincre les employés de passer aux deux-roues. C’est le bon levier. Les pays où la pratique du vélo est la plus importante sont ceux d’Europe du Nord comme le Benelux, l’Allemagne ou les pays scandinaves. Ce n’est pas là où il fait le plus beau mais les infrastructures réservées aux cyclistes y sont les plus développées. Pour améliorer la pratique du vélo, il faut donc multiplier les parkings, les douches et les pistes cyclables. Le jour où la France s’y mettra, les salariés suivront. »

Objectif Employeur pro-vélo : un programme d’accompagnement sur mesure

label employeur pro velo

Pour participer à ces programmes, l’employeur doit s’inscrire sur le site employeur pro-vélo. Ensuite, un contrôle via un autodiagnostic est effectué par les consultants de l’OEPV. A l’issue de cette analyse, l’employeur est dirigé vers le programme (parking, formation, conseils) qui lui convient le mieux. L’idée reste également de décrocher un label « Employeur pro-vélo » afin d’améliorer sa marque employeur auprès de tous ses futurs collaborateurs.

Ensuite, l’entreprise « consomme les services ». Ainsi, la prestation consiste à recevoir un accompagnement pour développer chez ses salariés la pratique du vélo. Une prestation prise en charge à 60 % de son montant par les subventions. La création de places de parking vélo est, elle, prise en charge à hauteur de 40 %. Avec l’aide fiscale additionnable, ces parkings sont « subventionnables » jusqu’à 70 % de leur coût. Dernier point : le service éducatif à la mobilité est remboursé jusqu’à 60 % de son coût. Il concerne la formation à la conduite, la prise en main du vélo et le Code de la route.