Autoroutes : le comportement des conducteurs français ne s’améliore pas

Selon une étude de l’observatoire Sanef des comportements sur autoroute, la vitesse moyenne a augmenté et le respect des distances de sécurité s’est dégradé en 2017.

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Observatoire Sanef 2017 - Résultats globaux

À l’approche des départs en vacances, l’observatoire Sanef a livré les chiffres de son étude menée en mars 2017 et a rappelé les règles de conduite sur autoroute. Selon les résultats, le comportement des conducteurs sur autoroute, qui s’était dégradé en 2016, ne s’est pas amélioré en 2017.

L’étude Sanef a été réalisée par le centre d’études public Cerema sur une portion de 70 km de l‘autoroute A13, dans une zone neutre (linéaire et sans particularités pouvant influencer la conduite) représentative du réseau autoroutier français. Au total, la station de comptage a observé un échantillon de 158 277 véhicules sur une semaine, soit 22 000 véhicules par jour, dont 12 % de poids lourds : des chiffres proches de la moyenne nationale. Pour compléter les observations, le Cerema a également utilisé des moyens embarqués à bord d’un véhicule roulant à 110 km / h.

41 % de conducteurs en excès de vitesse

En moyenne, les véhicules légers roulent à 128 km/h sur autoroute. Cependant, 41 % des conducteurs sont en excès de vitesse, dont 4 % à plus de 150 km/h, soit 5 600 véhicules. Sur la voie de gauche, la vitesse moyenne dépasse même de 8 km/h la limite autorisée.

Ces résultats confirment la hausse observée entre 2015 et 2016, où le pourcentage de conducteur roulant à plus de 130 km/h était passé de 37 à 43 % et de 3 à 4 % pour les grands excès de vitesse. Or, « notre réseau est conçu pour des véhicules respectant la vitesse réglementaire », alerte Pascal Contremoulins, responsable sécurité routière chez Sanef.

Observatoire Sanef 2017 - La vitesse

1 conducteur sur quatre ne respecte pas les distances de sécurité

Le respect des distances de sécurité s’est fortement dégradé, en particulier sur la voie de gauche où 25 % des VL roulent à moins de deux secondes du véhicule qui les précèdent, contre 17 % en 2016.

Observatoire Sanef 2017 - Les distances de sécurité

L’usage abusif des voies du milieu et de gauche reste stable depuis 2012 : il concerne 37 % des VL en journée, et 53 % la nuit. L’absence d’usage du clignotant demeure aussi un problème important, même si les chiffres fluctuent d’une année à l’autre. Sur l’étude 2017, 26 % des conducteurs de VL ont oublié de mettre leur clignotant pour doubler et 51 % l’ont oublié pour se rabattre.

Enfin, pour mesurer l’usage du téléphone, l’observatoire a comptabilisé depuis un véhicule en circulation le nombre de conducteurs tenant leur téléphone à l’oreille. Bilan : 4,1 % des automobilistes étaient en infraction, soit environ 2 800 personnes, contre 4,9 % en 2016.

Les personnels autoroutiers en danger

Visuel campagne sécurité du personnel Sanef

Ces résultats sont à mettre en parallèle avec une autre observation inquiétante : le nombre d’accidents impliquant des personnels autoroutiers est en constante augmentation depuis 2012. « Depuis le début de l’année, il y a eu deux fois plus d‘accidents impliquant des personnels autoroutiers que sur la même période en 2016, a indiqué Arnaud Quémard. Le 14 mars dernier, un de nos ouvriers, Bruno Delfosse, est décédé alors qu’il posait un balisage, fauché par un poids lourd qui avait perdu le contrôle. »

Au total, 74 accidents ont eu lieu depuis le début de l’année, « soit 3 véhicules percutés par semaine, sur environ 2 000 véhicules en service sur l’ensemble du réseau autoroutier français ». Et 72 % des accidents surviennent lors des opérations de balisage ou de secours à des personnes accidentées.

Observatoire Sanef 2017 - La sécurité du personnel

En cause, le non-respect des distance de sécurité : « Ce que l’on constate très fréquemment, notamment sur l’autoroute A1, ce sont de véritables trains de PL qui se suivent de très près pour bénéficier de l’aspiration du véhicule de tête. Leur visibilité est complètement réduite, notamment en cas de chantier, si bien que le troisième véhicule n’a pas le temps de se déporter et finit par emporter le biais de cônes », a expliqué Arnaud Quémard. Un observatoire dédié aux zones de chantiers est donc prévu à l’automne.

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