Océan franchit un nouveau cap

Après avoir été racheté en 2007, Océan est aujourd’hui en ordre de marche pour accélérer son développement. Le spécialiste de la géolocalisation a réorganisé ses services en interne et affiche désormais ses ambitions sur un marché qui est en phase de restructuration.

- Magazine N°145
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«Les anciens dirigeants d’Océan avaient l’expérience des PME. Il ne voulait pas faire le travail de structuration nécessaire au développement de l’entreprise. » Jacques Rivière, actuel président d’Océan explique ainsi la décision d’Olyvia Pilo, l’ancienne dirigeante, de vendre le spécialiste de la géolocalisation qu’elle avait elle-même racheté en 2003.

En mai 2007, Océan est donc passé sous la férule de Jacques Rivière, président, et de Jean-Paul Brigot qui assume les fonctions de directeur général. Ancien directeur exécutif de Marsh en charge de la division Entreprises et PME, Jacques Rivière totalise plus de 15 ans d’expérience dans des fonctions de direction générale et opérationnelle chez Cap Gemini Ernst & Young et IBM, notamment dans le domaine des services aux entreprises. Il collabore depuis plusieurs années avec Jean-Paul Brigot, ancien directeur marketing et développement chez Marsh après avoir été associé chez Bossard Consultants puis chez Cap Gemini Ernst & Young. « En 2005, nous avons décidé de changer d’orientations professionnelles en reprenant une entreprise, explique Jacques Rivière. Nous recherchions une fonction plus proche de l’opérationnel. » Pendant quelques mois, les deux hommes étudient les opportunités pour trouver l’entreprise qui correspond à leurs critères : proposer des services aux entreprises et opérer sur le secteur des nouvelles technologies. Après avoir examiné plusieurs dossiers, les deux associés tombent en arrêt sur Océan dont le potentiel et le secteur d’activité leur semblent prometteurs. La vente a été signée en mai 2007 et deux fonds participent au tour de table : LCL Régions Développement (Crédit Agricole Private Equity) et Phillimore.

Un modèle économique sain

Si Océan est resté silencieux jusqu’à ce jour, c’est que les deux dirigeants souhaitaient mettre l’entreprise en ordre de marche avant d’entamer une phase de conquête. « Nous avons mené une grosse opération de restructuration pour améliorer le service, explique Jacques Rivière. La première étape a consisté à réorganiser les services en interne. Nous avons changé les modes de fonctionnement. Nous sommes un acteur industriel et nous voulons opérer comme tel. Peu de sociétés du secteur sont capables de le faire. »

Deuxième étape, l’équipe dirigeante a élaboré un plan de développement commercial ambitieux. Les commerciaux ont été formés pour être capables de dialoguer avec l’ensemble des métiers pour lesquels la géolocalisation peut apporter une optimisation des forces mobiles. Enfin, le positionnement de l’entreprise a été affiné : « Nous nous plaçons sur un segment de valeur, explique Jacques Rivière. Nous ne sommes pas les mieux-disants sur les prix, mais nous apportons de la qualité et de la valeur ajoutée. Il existe aujourd’hui une guerre des prix démente que nous n’alimenterons pas. »

Pour le financement de ses outils, Océan propose différentes solutions à ses clients : leasing, achat ou financement mixte. La solution du financement par un organisme ad hoc a vu par le passé des acteurs du marché connaître des difficultés importantes et finir par disparaître. Contraintes de courir après les nouveaux contrats pour rembourser les échéances mensuelles, elles ne disposaient pas de fonds suffisants pour assurer leur développement. Océan ne veut pas tomber dans ce travers : « Nous provisionnons nos charges futures, assure Jacques Rivière. Notre résultat est net de ses charges. Sur ce poste, nos provisions sont importantes. »

14 000 véhicules équipés

Quant à l’importance du marché de la géolocalisation, Océan ne peut que l’appréhender par défaut, aucun chiffre incontestable n’ayant été publié à ce jour. « Il n’existe aucune analyse fiable du marché, reconnaît Jacques Rivière. Néanmoins, le marché du véhicule d’entreprise est énorme et le parc installé reste faible. » Et le nouveau président d’Océan d’affirmer que son entreprise figure parmi les leaders du marché : « En 2008, nos ventes ont progressé de 50 %. Le chiffre d’affaires de 2008 s’établit à 7,5 millions d’euros contre 5,2 millions en 2007, soit une progression de près de 45 %. Depuis sa création, Océan a équipé 16 000 véhicules et compte aujourd’hui un parc de 14 000 unités. » « Et ce sont de vrais chiffres », insiste t-il, laissant entendre que les déclarations les plus fantaisistes circulent dans le métier.

Si la croissance d’Océan a été tirée par les TPE et les PME, le marché s’ouvre aujourd’hui aux entreprises plus importantes. « Les freins sociaux sont moins importants. Les mentalités évoluent. Aujourd’hui, les entreprises ont besoin de mieux contrôler leurs ressources mobiles. Les entreprises comme les salariés en retirent des bénéfices. » Et de conclure : « Océan est l’un des acteurs les plus significatifs du marché de la géolocalisation. Nous avons un projet de développement homogène et nous connaissons une croissance importante. De plus, nous avons les moyens de nos ambitions grâce à nos partenaires financiers. »

Dans l’avenir, Océan n’exclut pas de mener des opérations de croissance externe. Après le rachat de Data & Mobiles par Orange, le secteur va sans doute connaître une période de restructuration avec une redistribution des cartes. Avant que le marché n’atteigne enfin la maturité…