Olivier Rigoni, fondateur de Cogecar : « L’atelier intégré est une aberration économique »

- Magazine N°135
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Olivier Rigoni a créé Cogecar en 2006, un cabinet-conseil en gestion de flottes qui vise à optimiser les process de ses clients et à faire baisser leurs coûts directs. Ce responsable avance un jugement sévère sur les ateliers intégrés qu’il estime dépassés et d’un coût pharaonique. « A 95 %, les flottes des collectivités territoriales sont constituées d’utilitaires. De plus, ces véhicules roulent sur un périmètre limité et affichent peu de kilométrage annuel. Que ce soit en achat ou en location longue durée, l’entretien ne représente qu’entre 7 et 15 % du coût total de possession. C’est un poste modeste dans le budget global de la flotte. Reste que l’entretien est stratégique car il conditionne la sécurité des collaborateurs. De plus, le véhicule est un investissement : bien l’entretenir permet d’obtenir une meilleure valeur à la revente et de maîtriser les coûts. Mais prenons l’exemple d’un Master qui roule 90 000 km/ an : l’entretien va coûter 500 euros sur une année. Cela reste modeste au regard des autres coûts comme le carburant par exemple. L’atelier intégré n’a aucun avantage. C’est un héritage du passé dont les coûts sont élevés : surface à louer, salaires des mécaniciens, matériel… De plus, ces garages ne sont pas équipés des mallettes qui permettent d’intervenir sur l’électronique du véhicule, d’où un domaine d’intervention limité aux amortisseurs, à la vidange, bref, au petit entretien. De plus, les mécaniciens des garages intégrés souffrent d’un manque de formation par rapport à ceux des réseaux de constructeurs. Parallèlement, il a été décidé de remplacer un fonctionnaire sur deux. Dans ces conditions, les ateliers intégrés vont continuer à disparaître car il s’agit d’une aberration économique. La souplesse et la proximité de ces ateliers ont un coût pharaonique.

De plus, la Loi sur l’air impose des quotas en matière de véhicules propres or la technicité de ces véhicules disqualifie les ateliers intégrés. Comme pour les entreprises privées, ce n’est pas le métier des collectivités d’entretenir des véhicules. Cela étant, les freins à l’externalisation sont forts. Il est difficile de fermer un atelier et de dire aux mécaniciens de partir. Déjà, les entreprises privées ont des difficultés à tailler dans les effectifs. Dans le public, les agents sont protégés… Quoi qu’il en soit, les garages intégrés vont disparaître. Il s’agit d’une logique économique. Le potentiel en matière d’économie est très important. »