Opel Astra 1.7 CDTI 110 ch FAP

La nouvelle Opel Astra peut enfin revendiquer des prestations équivalentes à ses concurrentes en termes de confort, d’agrément de conduite, de sobriété et de qualité de finition. Dommage que son 1.7 CDTI 110 ch ne suive pas ces progrès.

- Magazine N°153
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Opel Astra 1.7 CDTI 110 ch FAP

Surfant sur le succès de sa grande soeur Insignia, la dernière génération d’Opel Astra en copie le style fluide mais assez incisif, à la manière d’une Renault Mégane ou d’une Mazda 3.Au point que, de face ou de trois quart arrière dans la circulation, on peut presque les confondre. C’est manifestement la grande tendance sur le segment en matière de style, même si les deux dernières à faire de la résistance -la Peugeot 308 et la Volkswagen Golf- font valoir une confortable habitabilité passagers et une bonne visibilité de 3/4 arrière.

A bord de la nouvelle Astra, il faut déjà baisser la tête pour ne pas heurter l’énorme montant de baie avant très incliné, à la manière d’un monospace mais sans la hauteur sous pavillon. Une inclinaison favorable au Cx mais qui gêne trop souvent la visibilité en courbes ou même en ville. D’ailleurs, les designers ont dû rajouter un fenestron entre le pare-brise et les vitres avant pour minimiser ce défaut.

Bref, à force d’allonger en forme de suppositoire les «compactes» (l’Astra grandit de 17 cm en longueur !), on est assis au ras du sol et l’habitabilité arrière est très limitée. Quant au coffre, il est pénalisé par un hayon arrière à la manière d’une Mégane qui, par sa vitre inclinée et sa découpe en rondeurs, empêche tout chargement au-dessus du cache-bagages. Résultats : sa capacité est de 351 l avec une roue de secours galette, c’est peu. Précision importante : l’Astra est livrée en série avec un kit anti-crevaison qui permet d’augmenter le volume de chargement sous le plancher de coffre (positionnable en trois positions FlexFloor) de 52 l. En tout état de cause, la banquette arrière fractionnable s’abat sur les assises et permet d’obtenir au maximum 795 l de volume, mais cela reste encore inférieure aux concurrentes. Attendons de voir la version Affaires pour juger sur pièces.

En revanche, il faut souligner la bonne facture des équipements à bord et la bonne ergonomie générale de l’habitacle avec de nombreux rangements et des sièges fermes, mais confortables. Et la qualité d’assemblage et de finition est comparable aux meilleures du segment, germaniques ou françaises.

Pour patienter…

Sur la route, la nouvelle Astra est en progrès pour son comportement dynamique rassurant et la qualité de filtration des trains roulants qui assurent confort, sérénité et silence à bord. Mais c’est normal, car l’ancienne ne brillait pas par la rigueur de ses liaisons au sol. Les ingénieurs n’y sont d’ailleurs pas allés de main morte pour faire taire les critiques : les voies augmentent de 5,6 cm à l’avant et de 7 cm à l’arrière, un record ! Bien mieux assise sur la route, l’Astra garde le cap même si, en conduite sportive dans les lacets le train avant a tendance à s’écarter de la trajectoire sur la version 1.6 l turbo essence de 180 ch, une des deux seules motorisations avec le 1.7 CDTI que nous avons pu essayer sur la présentation internationale dans les environs de Francfort.

Dommage donc que ce qui fera le gros des ventes en entreprises, la version 1.3 CDTI Ecoflex de 95 ch et 190 Nm de couple pour seulement 109 g/km de CO2 (5 CV, à partir de 19 400 €), ne soit commercialisée qu’en mars 2010. En diesel, c’est donc le deuxième niveau de puissance qui était à l’essai avec cet «ancien» 1.7 turbodiesel toujours bruyant et assez brutal dans son fonctionnement : les 260 Nm de couple arrivent d’un seul coup vers 2 000 tr/mn et le moteur s’époumone dès 3 800 tr/mn, à son régime de puissance maxi, situé trop bas.Toujours trop creux à bas régime et avouant une plage d’utilisation réduite, il fera patienter jusqu’à la version Ecoflex avec son nouveau 1.3 turbodiesel basse pression bien plus souple et agréable sur une Corsa par exemple.

Des tarifs accessibles sans renier l’équipement

Si cette nouvelle Astra se fait désirer (la commercialisation est prévue pour janvier 2010), elle affiche de grandes ambitions dont celle de demeurer dans le Top 3 des meilleures ventes en Europe. Un impératif qui s’impose car même si l’Insignia est un succès, l’Astra représente tout de même le tiers des ventes d’Opel, soit pas loin d’un demi million d’exemplaires vendus par an. La marque met donc les petits plats dans les grands et le positionnement prix de l’Astra se veut accessible sans renier sur l’équipement. Moins chère donc qu’une VW Golf ou une Peugeot 308, elle s’affiche au niveau d’une Ford Focus avec de série dès le premier niveau Essentia : l’ESP, la climatisation, les airbags frontaux et latéraux et le pack électrique. La finition Enjoy (30 % des ventes) y ajoute l’automatisation des phares et des essuie-glaces, les airbags rideaux et le régulateur de vitesse. C’est compétitif sans être révolutionnaire mais le réseau Opel sait très bien vendre des véhicules en entreprises.

Notre avis

Bien

– Confort et agrément de conduite

– Rapport prix/ prestations

– Qualité de présentation.

A revoir

– Rapport encombrement/ habitabilité

– Moteur 1.7 CDTI rustique

– Visibilité 3/4 AV et AR.

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