OVI 1er semestre 2021 : une reprise en demi-teinte pour le véhicule industriel

L’Observatoire du véhicule industriel (OVI) note une reprise du secteur des poids lourds au premier semestre 2021, mais la pénurie de semi-conducteurs ou la transition énergétique inquiètent.
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OVI 1er semestre 2021
Désireux de retrouver leurs activités d’avant-pandémie, les transporteurs voient leur activité freinée par le manque de camions, leur surcoût et la baisse de la consommation.

Avec une hausse des immatriculations de 32 % en France, de 46 % en Italie et jusqu’à 88 % en Pologne sur les cinq premiers mois de l’année, le secteur européen du véhicule industriel affiche une reprise, selon les derniers chiffres de l’Observatoire du véhicule industriel (OVI). En France, 19 000 véhicules commerciaux de plus de 3,5 t ont ainsi été vendus, dont plus de 9 500 tracteurs et 9 434 porteurs. Par rapport à 2020, année marquée par la pandémie, les commandes s’affichent en hausse de 85 % pour les tracteurs et de 50 % pour les porteurs qui sont toujours tirés par la demande en bennes du BTP.

Baisse de la consommation…

Mais Jean-Michel Mercier, directeur de l’OVI, s’inquiète de signes négatifs. L’embellie ne profite pas à tous les pays européens. De plus, l’endettement des transporteurs consécutif à la pandémie reste entier alors qu’en France, 41 % des entreprises de transport ont subi une baisse d’activité au premier trimestre de l’année. Dans son Étude Multi-Filières 2020, FranceAgriMer l’explique par l’abandon de la surconsommation par le public, déterminé à « consommer moins mais mieux, d’une manière plus variable et circonstancielle ».

… et hausse du prix des véhicules

La hausse de 4,6 % des prix des tracteurs et de 4,5 % de ceux des porteurs, que provoquent « des pénuries de matières premières et de composants entraînant des délais de fabrication plus longs et des hausses de prix », n’améliorera pas la situation, remarque Jean-Michel Mercier. Chez les constructeurs, les délais de livraison sont ainsi passés de 96 à 201 jours et de 95 à 122 jours chez les carrossiers. L’OVI voit dans cette dégradation une menace pour les constructeurs-carrossiers, moins résistants que les grands acteurs du marché.

OVI 1er semestre 2021
Les ventes de VI roulant au gaz profitent encore de l’état embryonnaire des réseaux d’approvisionnement en électricité et en biocarburants de deuxième génération.

Le marché VO sous tension

Recours d’urgence, le marché de l’occasion connaît une hausse des ventes de 23 % et un rajeunissement : 22 % des VO affichant moins de trois ans. Les délais de vente se sont aussi raccourcis à 32 jours en juin. Mais ce marché subit une hausse des prix de 3,4 % pour les tracteurs et de 5,5% pour les porteurs. Jean-Michel Mercier s’inquiète de ces achats précipités, le second marché des VO devenant incertain du fait de la transition énergétique.

Le choix obligé d’une énergie alternative

En 2020, cette transition énergétique a été représentée à 99 % par des ventes de VI au GNV. Mais les offres électriques des constructeurs se déploient en s’appuyant sur des TCO réajustés sur huit à dix ans et sur une facturation à l’usage. Poussés par les réglementations locales (ZFE-m) et européennes, les transporteurs se voient obligés d’adopter une énergie verte malgré son surcoût. S’ensuit une confrontation entre les biocarburants, le gaz et les énergies électriques, confrontation qui menace l’avenir de certains constructeurs de poids lourds. Au vu de ces incertitudes, l’OVI estime que les ventes 2021 de poids lourds oscilleront entre 45 000 et 48 000 VI en 2021, dont 23 500 à 25 500 tracteurs et 21 600 à 22 500 porteurs.

OVI 1er semestre 2021
Peu discernables dans les chiffres des ventes de VI thermiques, les VI au B100 de colza sont une alternative au gaz et à l’électrique malgré un quota limité à 50 000 poids lourds.