OVI 2022 : des chiffres à la baisse

Selon l’Observatoire du véhicule industriel (OVI), les ventes de poids lourds en 2022 se sont affichées en baisse par rapport à 2021, avec la transition énergétique en toile de fond.
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OVI 2022
En 2022, le surcoût de 5,6 % du transport a ralenti les ventes et poussé les constructeurs au rétrofit et à l’adaptation de leurs productions aux énergies disponibles (Renault Trucks électrifiés en photo).

Troisième année d’aléas économiques, 2022 a enregistré un repli de 1,12 % des tonnes transportées par le TRM français, à 164 147 millions de tonnes, selon les derniers chiffres de l’OVI. Conjuguée à la pénurie de conducteurs, aux délais de livraison de 308 jours des véhicules, à la hausse de 14,4 % du prix des tracteurs et de 16,4 % de celui des porteurs, et à l’augmentation de 18 % en moyenne annuelle du prix de revient des poids lourds au gazole et de 43 % pour ceux au gaz naturel, cette baisse a suscité une réduction de 1,5 % des intentions d’achat.

Du coup, toujours selon l’OVI, 2022 n’a enregistré que 44 341 immatriculations de VI neufs, dont seulement 18 816 porteurs, en baisse de 12,1 %, pour 25 525 tracteurs, en hausse de 12,2 %. Les commandes de tracteurs neufs ont aussi reculé de 2,8 % et celles des porteurs de 16,5 %.

L’économie circulaire et la vignette Crit’Air 1 accordée au HVO-XTL temporiseraient la pression de la transition énergétique sur les transporteurs.

OVI 2022 : les VUL en baisse de 19,1 %

Le marché des VUL de moins de 5 t a aussi chuté lourdement à 353 655 immatriculations, en recul de 19,1 % par rapport à 2021, avec une baisse de 19,3 % pour les VUL carrossés. Sur le marché des semi-remorques, celles à rideaux coulissants ont progressé de 15,1 %, tandis que les fourgons ne s’amélioraient que de 4,6 % et que les bennes plongeaient de 20,5 %. Si le marché européen du VI a affiché 2,3 % de hausse des immatriculations des VI de plus de 3,5 t, c’est surtout grâce à l’Europe de l’Est (+ 14,9 %) et à la Pologne (+ 9,4 %), qui ont récupéré les échanges perdus par la Russie.

Rétrofit durable ou alternatif

Dans ce contexte morose, les 54 023 immatriculations de véhicules d’occasion (VO) sont significatives du changement de comportement chez les transporteurs, signale l’OVI. D’une part, 54,8 % des VO se sont vendus sur le marché national. D’autre part, ils ont fait l’objet d’une pratique grandissante de rétrofit, concrétisant à la fois l’économie circulaire prônée par la loi AGEC, et la transition énergétique par un passage à une électromobilité à batteries ou à hydrogène bon marché. « Le rétrofit apparaît comme une vraie alternative aux VI neufs de la transition énergétique et se massifie », constate Arnaud Villéger, nouveau directeur de l’OVI.

En 2023, l’allongement général de la vie des poids lourds pourrait réduire de 8,5 % les ventes de VI neufs (Ecoled Smart Box en photo).

Le TCO, clé des investissements 2023

Arnaud Villéger, directeur de l’OVI

Ce mouvement dénote aussi l’intention des transporteurs de s’engager en 2023 dans la transition énergétique « en anticipant pour ne pas subir et en passant d’une logique d’achat de matériel à celle de TCO et d’exploitation pure à travers des locations longue durée incluant une nouvelle logistique et jusqu’à l’avitaillement de l’énergie choisie, note Arnaud Villéger. Ces tendances induisent une prolongation de la durée de vie des poids lourds, sur la base d’un équilibre entre leur valorisation et leur coût d’entretien. » Conséquence, les constructeurs adaptent leurs productions aux énergies acceptées et l’OVI prévoit pour 2023 des ventes comprises entre 41 140 et 44 000 poids lourds.

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