Par citoyenneté, Renault mise sur la prévention

Depuis 2 000, Renault mène plusieurs actions de prévention des risques routiers à destination de ses collaborateurs. Bilan : le nombre d’accidents a baissé de 30 %. Une action positive initiée par citoyenneté et non pour enregistrer des économies en espèces sonnantes et trébuchantes.

- Magazine N°123
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Si l’engagement de Renault en matière de sécurité est connu à travers la mise sur le marché de véhicules qui obtiennent les notes maximales aux tests Euro NCAP, en revanche les actions menées en interne sont moins connues. Depuis 2 000, le constructeur a mis en place un programme de prévention des risques routiers qui utilise plusieurs vecteurs. Premier geste fort, chaque collaborateur a reçu à son domicile la Charte du conducteur accompagné d’une lettre du président. Dans 30 pays, 130 000 salariés Renault ont ainsi pu découvrir dans leur boîte aux lettres cette Charte qui a été traduite en 30 langues. « En envoyant directement ce document au domicile des salariés, explique Jean-Jacques Ferchal, chef du département conditions de travail chez Renault, nous voulions montrer la continuité qui existe entre le comportement sur la route dans des conditions professionnelles et dans un environnement privé. »

Formation et e-learning

La politique générale de Renault en matière de sécurité routière a également donné lieu à la signature d’une charte avec les pouvoirs publics. Le plan de prévention en interne a, lui, été validé par un accord avec la Caisse Régionale d’Assurance Maladie. Plusieurs actions ont été mises en place. Première d’entre elles, Renault propose à ses collaborateurs de se former à la sécurité routière dans le cadre du droit individuel à la formation. Alternant théorie et pratique, ces formations délivrées par la Conduite Préventive insistent notamment sur la notion de distance de freinage. Elles ont lieu sur le terrain du formateur ou sur site.

Plus de 1 750 collaborateurs de Renault suivent chaque année ces formations d’une demi-journée. Pour les deux roues, si cela est possible, le collaborateur participe à la formation avec son propre engin. Parfois, le collaborateur est raccompagné jusque chez lui par le formateur. Renault assure ses collaborateurs dans le cadre de ces formations. Deuxième axe, Renault a développé avec l’aide de la Cnamts (Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés) et de la Cramif (Caisse régionale d’Assurance Maladie d’Ile-de-France) un module de formation par Internet. Tous les collaborateurs disposant d’un ordinateur, soit environ 40 000 personnes, ont reçu un courriel les incitant à se connecter sur le site Intranet pour suivre tous les trois mois un module différent de formation à la sécurité routière. A ce jour, près de 30 000 collaborateurs se sont connectés et 20 000 heures de formation ont été dispensées par ce biais.

Des évènements réguliers

Autre animation, à l’occasion de la semaine de la sécurité routière qui a lieu du 16 au 23 octobre prochain, Renault présentera à ses collaborateurs un simulateur de conduite. Parallèlement, les collaborateurs ont régulièrement l’occasion de faire vérifier les éléments de sécurité de leurs véhicules. Ou cette possibilité est offerte en apportant son véhicule dans la concession la plus proche ou un atelier est ouvert sur trois jours sur le parking de l’entreprise.

Autre action, Renault initie chaque année en juin le mois de la sécurité routière. Organisé sur les sites français et internationaux, cet événement permet, avant les départs en vacances, de rappeler les règles de prudence et les bons réflexes à développer.

Côté organisation, le constructeur renforce aussi sa politique en faveur de la santé de ses salariés. Cette volonté passe notamment par un référentiel de management en matière de déplacement. Ainsi, l’organisation d’e-conférence peut éviter des trajets. Quand ces derniers sont inévitables, il faut les préparer en amont. D’autre part, le document unique de l’entreprise intègre une partie importante consacrée au risque routier. Il a été été présenté aux partenaires sociaux.

Un enjeu citoyen

« Nous n’avions pratiquement pas d’accident de mission, explique Jean- Jacques Ferchal. Notre action a donc porté ses fruits sur les trajets domicile-travail. Depuis 2000, le nombre d’accident de ce type a baissé de 30 %. Nous avions 165 accidents en 2 000, soit moins de 4 pour 1 000 salariés alors que la moyenne nationale était de 4,4. Ce n’est donc pas une situation problématique qui nous a poussé à mettre en place les actions de prévention. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, nous n’avons plus que 114 accidents de trajet domicile-travail par an. »

Un tiers de ces accidents implique des piétons, un autre tiers des automobiles et le dernier tiers des deux roues. « Nous avons fait des progrès en matière de deux roues puisqu’ils représentaient 40 % des accidents lorsque nous avons commencé, se félicite encore Jean-Jacques Ferchal. Mais il y a encore des progrès à accomplir car les deux roues ne représentent que 10 % des moyens de transport utilisés par nos collaborateurs, mais engendrent la moitié des journées d’absence. »

Quant aux économies réalisées grâce au plan de prévention, Jean-Jacques Ferchal ne veut pas en parler : « notre but est de renforcer le comportement citoyen de chacun. Il s’agit d’une politique générale. Je ne veux pas ramener ces actions sur la sécurité et sur la santé à un bilan financier. Notre but est de préserver la santé de chacun et de créer des conditions de travail motivantes. »