Parcs automobiles : le vert persévère

Parcs automobiles : le vert persévère

Entreprises et collectivités avancent sur le chemin de la mobilité durable. Motorisations alternatives, éco-conduite, révision de la politique flotte, nos sondés multiplient les initiatives pour construire l’avenir différemment. Mais dans tous les cas, ils jouent la carte de la prudence et n’oublient pas de mettre en avant la rentabilité de leurs démarches.

- Magazine N°200
634
Parcs automobiles : le vert persévère

Dans cette cinquième édition de notre baromètre Flottes vertes comme dans les précédentes, le développement durable se pose encore et toujours en vecteur idéal de communication pour les entreprises et les collectivités, selon 49 % de nos répondants. Qui y voient aussi, pour 51 % d’entre eux, un engagement de responsabilité sociale. Et comme les années précédentes, l’investissement pour l’avenir est évoqué en troisième motivation pour 37 % du panel – un chiffre qui monte à 46 % dans le secteur public.

Dans une vision plus pragmatique, 26 % des répondants voient dans ces politiques de développement durable une source d’optimisation des coûts, un chiffre stable comparé aux années passées (25 % en 2012, 27 % en 2013). Cette vision est partagée à 27 % dans le privé et elle progresse nettement dans le secteur public, de 17 % en 2013 à 21 % cette année.

Faut-il en déduire que les collectivités et les entreprises commencent à récolter des gains économiques des démarches sociales et environnementales ? Une réponse tendrait à aller dans ce sens : seules 21 % des premières et 12 % des secondes considèrent de telles actions comme un surcoût.

De multiples collaborateurs impliqués

Surcoût ou non, la flotte est concernée au premier chef quand il est question de développement durable. Pour 96 % des sondés, et 100 % dans le secteur public, l’élaboration d’une telle démarche a ainsi des répercussions sur la flotte. Et cette problématique est tout naturellement prise en compte dans la définition d’une politique flotte dans 82 % des cas.

Nos répondants, gestionnaires ou responsables de parc, directeurs et responsables des achats, responsables des services généraux ou encore DAF, sont d’ailleurs eux-mêmes parties prenantes dans des démarches écologiques. 71 % d’entre eux sont engagés dans la définition d’une politique flotte verte existante ou à venir, tandis que 74 % participent activement à la mise en œuvre de nouvelles règles et procédures de la politique flotte verte.

Soutenues par un grand nombre de personnes en interne, ces démarches impliquent aussi les plus hauts niveaux hiérarchiques dont les P-DG, DG ou DGA à 64 %. Une implication qui facilite les actions concrètes. 74 % des répondants ont affirmé avoir déjà mis en place des mesures destinées à limiter l’empreinte écologique de leur parc de véhicules, tandis que 64 % prévoient de lancer des actions de ce type à l’avenir. Une proportion qui reste stable au fil des années.

Cet engagement se traduit par de multiples initiatives. Et depuis le premier baromètre Flottes vertes, un levier emporte les suffrages de l’ensemble des sondés : le remplacement des véhicules actuels par des modèles plus propres est privilégié par 76 % des répondants (78 % en 2013 et 80 % en 2012). Cette initiative concerne cette année plus largement les répondants du public, à 92 %, contre 70 % pour le privé. Un écart qui peut s’expliquer par le fait que les entreprises du privé ont amorcé ce mouvement de verdissement de leur parc plus tôt que les entités du public, avec des renouvellements plus fréquents.

Des leviers qui diffèrent du public au privé

À 64 %, le réaménagement de la car policy se pose en second levier de verdissement, aussi bien dans le privé que le public, tandis que les outils de télématique embarquée pointent au troisième rang à 56 %. Pour optimiser les trajets de leurs véhicules et veiller au bon comportement au volant des collaborateurs, les entreprises restent naturellement davantage tournées vers cette technologie que les sondés du public, à 62 % contre 41 %, des proportions identiques à celles relevées l’an passé.

Autres solutions les plus citées, le recours à des carburants plus propres à 55 %, suivie de l’entretien plus régulier des véhicules à 48 %, un levier qui jusqu’à cette année n’était pas autant mis en avant.

Le public se tourne vers la mobilité alternative

Notre baromètre version 2014 fait aussi ressortir une nette différence de stratégie entre les acteurs du public et leurs homologues du privé, déjà soulignée en 2013, mais plus soutenue cette année.

Ainsi, les acteurs du secteur public tendent à envisager la mobilité autrement, passant d’une logique de propriété à une logique d’usage. Le développement croissant des pools et/ou de l’auto-partage constitue la première preuve de ce changement de paradigme : 69 % des sondés du public ont ou vont établir très prochainement un pool de véhicules – contre 29 % dans ce sens pour le privé.

Cette démarche de mutualisation va de pair avec la volonté de diminuer le nombre de véhicules professionnels ; 48 % des répondants du public affirment privilégier ce levier, un chiffre bien plus modeste du côté des sociétés (18 %). Avec la nuance que ces dernières ont déjà beaucoup réduit la taille de leurs flottes ces dernières années.

Logiquement, l’utilisation des modes de transport alternatifs aux véhicules particuliers séduit aussi plus largement les répondants du public : ils sont 60 % à promouvoir les transports en commun ou alternatifs, un chiffre trois fois moins élevé pour le privé. Dans la même optique, le covoiturage est une solution effective ou en passe de l’être pour 57 % des répondants du public, contre 19 % pour le privé.

Autre divergence entre les deux populations, 40 % des entreprises ont ou vont prochainement lancer des formations d’éco-conduite, un chiffre qui grimpe à 62 % dans le public. Sur ce sujet, les premières ont il est vrai de l’avance sur les secondes.

Des attentes fortes envers les flottes

Nouveauté dans cette cinquième édition du baromètre, une majorité des sondés considèrent que la mobilité durable ne doit pas seulement se limiter à la flotte, mais englober tous les types de déplacements. Ainsi, 11 % des entreprises et collectivités du panel disposent déjà d’un plan de mobilité durable couvrant aussi bien les déplacements d’affaires quotidiens que les trajets domicile-travail ou encore les voyages d’affaires. Pour 7 % des répondants, ce programme est en cours de réalisation et pour 46 % en cours de réflexion.

Quelles que soient les méthodes employées, les sondés attendent des résultats concrets des différentes mesures. 47 % ont ainsi fixé des objectifs quantifiables, 46 % ont d’ores et déjà pu mesurer l’impact des mesures prises.

Parmi les impacts attendus, celui sur le TCO : 79 % des sondés estiment que le verdissement de la flotte a une influence sur son coût total. Et leurs espérances ne sont pas vaines : pour 39 % de ces répondants, le verdissement de la flotte a effectivement conduit à une réduction de son TCO comprise entre 1 et 5 %, tandis que pour 26 %, cette baisse s’échelonne entre 6 et 10 % ; pour 16 % des sondés, le recul s’élève même à plus de 10 %.

Le TCO encore et toujours

Plus rares sont les cas où ces politiques de verdissement de la flotte ont conduit à une augmentation du coût total de détention, augmentation bien souvent limitée : 11 % des sondés ont constaté une hausse comprise entre 1 et 5 %, 5 % l’estiment entre 6 et 10 %, et 3 % à plus de 10 %. À la hausse ou à la baisse, ces chiffres sont presque identiques à ceux de 2013.

Les sondés du public sont cependant moins nombreux que ceux du privé à percevoir les avantages économique d’une flotte rendue plus verte. En effet, 64 % d’entre eux observent bien une diminution de leur TCO, (contre 86 % pour le privé), contre 36 % une hausse (14 % pour le privé).

Pression écologique et fiscale obligent, les sondés semblent toujours plus engagés dans la chasse au CO2 et à la consommation de carburant : à 83 % et 78 %, ces deux critères sont mis en avant pour mesurer l’impact de la politique de verdissement des flottes. Moins influencées par la fiscalité écologique, les entités publiques privilégient les niveaux de consommation de carburant à 75 %, puis les émissions à 71 %. À l’inverse, les entreprises, dont les politiques flotte sont très influencées par les incitations fiscales, placent à 87 % le critère des émissions de CO2 comme prioritaire, suivi de la consommation à 77 %.

Deux critères phares : le carburant et le CO2

Toujours dans l’optique d’évaluer les impacts d’une politique de flotte verte, la composition du parc arrive en troisième critère, cité à 42 % par les sondés, suivi des kilomètres parcourus (34 %). À noter, tout comme l’année précédente, une divergence sur le critère de la taille du parc : si 43 % des sondés du public le considèrent comme important dans la mesure de l’efficacité de la politique flotte, c’est loin d’être le cas dans le privé où ce critère est révélateur pour seulement 13 % des personnes interrogées. De fait, sur ce sujet de la taille du parc, les entreprises ont pris de l’avance.

Ces données se retrouvent avec les principaux critères retenus par nos sondés pour le choix des véhicules verts. Loin devant la marque (27 %) ou le segment (21 %), le taux de CO2 se positionne en premier critère de sélection des modèles, avec toujours une prédominance du côté du privé (84 %) par rapport au public (64 %). Tout comme l’année précédente, la consommation de carburant annoncée par les constructeurs se range en seconde position (42 %), suivie du type de motorisation (31 %).

Et les résultats de ces choix sont bel et bien là : le grammage moyen de CO2 du parc de VP s’établissait à 127 g en 2010, taux inchangé en 2011. Des progrès ont été constatés en 2012, avec une moyenne de 122 g. En 2013, le taux moyen de CO2 a reculé à 121 g. À noter que 43 % du parc de VP bénéficient d’un bonus écologique.

Passons maintenant aux motorisations privilégiées par nos répondants. 58 % d’entre eux affirment que l’hybride diesel répond le mieux à leurs attentes. Un chiffre relativement stable par rapport aux 62 % de 2013 et aux 63 % de 2012. Une évolution notable dans cette dernière édition de notre baromètre Flottes vertes : alors que l’an passé, l’électrique se posait comme la deuxième motorisation à 51 %, cette technologie ne remporte cette année que 40 % des suffrages. Et se fait donc supplanter de peu par le diesel qui s’octroie 42 % des votes des gestionnaires, contre 38 % l’an passé.

Vient ensuite l’hybride essence, à 35 % et stable par rapport à l’année précédente (34 %). Les motorisations essence, citées à 14 % par les sondés, font mieux que l’an passé (10 %) et surtout mieux que le GPL (9 %) et le GNV (8 %), pénalisés par une fiscalité peu incitative. Une évolution à noter favorable à l’essence : les citadines n’existent quasiment plus que dans cette motorisation.

L’hybride reste en tête, l’électrique marque le pas

Autour de cette question des motorisations, il convient de dissocier les réponses des deux populations, tant les avis sont partagés. Tout comme l’an passé, les sondés du privé semblent avoir trouvé un bon compris avec l’hybride diesel, privilégié à 69 % (71 % en 2013). Nouveauté par rapport à nos baromètres précédents, la remontée du diesel face à l’électrique : alors qu’en 2013 ces deux technologies pointaient ex aequo à 41 %, le diesel rassemble cette année 53 % des suffrages, loin devant l’électrique, en baisse à 37 %.

L’électrique perd aussi du terrain parmi les répondants du public : ils sont 54 % à positionner cette énergie au premier rang, mais en repli par rapport aux 71 % de 2013. Un recul qui traduit un ré-équilibrage avec les autres énergies, et notamment le thermique essence cité à 39 % en 2014 contre 24 % en 2013. Moins soumises à la pression fiscale liée au diesel, les collectivités se tournent davantage vers cette motorisation réputée moins émettrice de particules fines que le diesel.

Toujours dans le public, l’hybride essence s’impose comme la deuxième motorisation à 43 % en 2014 comme en 2013. Un élément à souligner : à travers ses commandes, l’État et ses administrations ont beaucoup soutenu les modèles hybrides essence. L’hybride diesel, le GPL et les moteurs à biocarburant remportent chacun 25 % des faveurs des répondants du public.

Le parc idéal se recompose au fil des années

Autre donnée qui évolue, la composition du parc idéal. Pour 63 % du panel global, ce parc idéal combine véhicules diesel, hybrides et électriques, avec un chiffre de 50 % pour le public et 67 % pour le privé. Ce parc mixte était mis en avant par 71 % à des sondés en 2013, 72 % en 2012 et 76 % en 2011.

Cette évolution des réponses se fait en faveur de l’hybride qui poursuit sa montée en puissance. Pour 22 % du panel, le parc idéal se compose ainsi essentiellement d’hybrides ; le chiffre était de 18 % en 2013, 12 % en 2012 et 8 % en 2011. En revanche, l’électrique peine à convaincre en tant qu’énergie principale d’une flotte. En 2013, 9 % des sondés imaginaient un parc essentiellement électrique ; ils ne sont plus aujourd’hui que 6 %. Une solution davantage envisagée du côté du public (14 %) que du privé (4 %). Le privé qui préférerait d’ailleurs un parc plutôt essentiellement composé de véhicules roulant aux biocarburants (7 %).

Dans les faits, 36 % des sondés gèrent un parc contenant des véhicules électriques, un pourcentage en léger retrait au regard des éditions précédentes (39 % en 2013 ; 38 % en 2012). Les sondés du public tirent les statistiques vers le haut : ils sont 75 % à posséder des modèles électriques, contre 25 % dans le privé.

L’électrique doit encore convaincre

Quoi qu’il en soit, les parcs ne contiennent qu’un nombre limité de ces véhicules. 51 % de nos répondants possèdent moins de 10 modèles électriques, 83 % moins de 50. Au total, notre panel détient 3 623 véhicules électriques, dont 1 307 VP et 2 316 VUL, soit 1,39 % du total des 259 856 véhicules du panel contre 0,87 % du panel en 2013.

Pour mémoire, notre panel de l’an passé rassemblait un total de 3 492 véhicules électriques. Mais si le marché a été porteur en 2013, les chiffres des ventes électriques sont plutôt orientés à la baisse depuis le début 2014. Est notamment mis en cause le changement de fiscalité pénalisant les modèles électriques à la location du fait d’un bonus moindre qu’à l’achat, un dernier point qui est en train d’évoluer positivement.

Les répondants qui ont osé franchir le pas de l’électrique ne semblent pas regretter leur choix puisque 86 % ont l’intention dans les douze prochains mois d’introduire de nouveaux modèles dans leur parc. Le chiffre grimpe même à 90 % parmi les entités privées interrogées. Les réfractaires à cette technologie sont plus difficiles à convaincre : ceux qui ne possèdent à l’heure actuelle aucun modèle électrique affirment à 67 % ne pas envisager d’en intégrer à court terme.

Prix et autonomie, les deux écueils de l’électrique

Parmi les freins à l’électrique reviennent invariablement l’autonomie à 87 %, le coût d’achat des modèles à 65 % et la densité des réseaux de points de recharge à 62 %. Dans le détail, le secteur public est davantage freiné par le coût d’achat (86 %) que par l’autonomie (75 %). Un résultat inverse pour le privé, davantage marqué par la peur de la panne sèche (89 %), que par le prix (57 %) qui arrive après la densité des réseaux de recharge (60 %).

À noter que 53 % des sondés s’interrogent aussi sur le coût et la durée de vie des batteries (46 % en 2013), 24 % sur la valeur résiduelle des véhicules (19 % en 2013) et 23 % sur la disponibilité des offres en LLD (16 % en 2013). Pour ces deux derniers items, les chiffres sont bien sûr plus élevés dans le privé, à 28 % et 29 %.

Quelques précisions maintenant sur la place des hybrides dans les parcs. 41 % des sondés affirment en détenir dans leur parc, dont 45 % des répondants du secteur privé et 29 % de ceux du public. Et comme avec l’électrique, les volumes demeurent encore relativement limités, soit 1 % du parc total des VP de nos répondants, un chiffre en hausse par rapport aux 0,48 % de 2013.

Un satisfecit global pour l’hybride

66 % des sondés qui affirment posséder des hybrides en détiennent moins de 10 modèles, tandis que seuls 15 % en possèdent plus de 50. Au total, notre panel rassemble 1 092 hybrides dont 701 hybrides essence et 391 hybrides diesel, contre 896 l’an passé (540 essence, 356 diesel). Sans surprise, les hybrides diesel sont présents presque exclusivement dans le privé, les hybrides essence se répartissant entre privé et public.

Les utilisateurs sont globalement satisfaits de leur choix : 60 % des détenteurs d’hybride essence comptent se rééquiper dans les douze prochains mois, 66 % pour l’hybride diesel. Il reste aussi un large potentiel pour cette technologie : 61 % des sondés du privé qui ne possèdent pas d’hybrides ambitionnent d’acquérir des hybrides diesel dans les douze mois ; c’est vrai pour 45 % des répondants du public avec l’hybride essence. Les freins à la technologie hybride n’en restent pas moins présents. Privé comme public tombent d’accord pour mettre au premier rang un coût d’achat des véhicules trop élevé, pour 76 % des sondés (73 % dans le privé ; 89 % dans le public). Viennent ensuite, à 53 %, la diversité limitée des modèles pour satisfaire tous les besoins (59 % dans le privé ; 46 % dans le public), ainsi que la question de la valeur résiduelle, citée à 34 %. Un dernier point plus crucial dans le secteur privé à 37 % – location longue durée oblige – que dans le public (21 %), plus préoccupé par les coûts d’entretien de ces modèles (25 %).

Refermons cette étude par un tour d’horizon des attentes de nos sondés envers les fournisseurs « de flottes vertes ». Globalement, les répondants estiment que les prestataires répondent plutôt bien à leurs besoins, notamment en ce qui concerne les véhicules (62 %), les énergies (57 %) ou encore l’éco-conduite (54 %).

Un marché naissant, des besoins à combler

Tout comme l’année précédente, les mêmes faiblesses sont soulignées aussi bien du côté du public que du privé. Sur le marché encore balbutiant des véhicules verts, d’importants efforts semblent à faire en matière de véhicules d’occasion pour 50 % des sondés, une offre cependant en amélioration puisque 76 % des sondés avaient mis cet élément en exergue en 2013. Parmi les axes d’amélioration mis en avant, les domaines de l’aménagement et de la réparation-entretien sont respectivement cités à 46 et 48 %. Le marché du véhicule vert se construit lentement mais sûrement.

Parcs automobiles : le vert persévère

PARTAGER SUR