Des parcs encore à outiller

Avec les véhicules, le problème de la détermination du TCO reste bien souvent que les informations ne sont pas consolidées dans les ERP comptables sous une rubrique gestion de flotte. Alors que la comptabilité analytique ventile les coûts en fonction de rubriques de gestion.

- Magazine N°219
609
Des parcs encore à outiller

« Le TCO d’une flotte est à cheval sur de nombreuses rubriques comptables, rappelle Robert Maubé. Par conséquent, si l’on se contente de systèmes uniquement comptables, il est impossible d’obtenir la granularité d’informations nécessaire à l’analyse et à l’optimisation : chaque coût, chaque pièce comptable doivent être rattachés à l’immatriculation du véhicule et au collaborateur qui le conduit », préconise le consultant.

« Plusieurs logiciels dédiés à la gestion de flotte existent mais ils sont généralement sous-utilisés par les entreprises », poursuit Robert Maubé. Il n’est pas rare en effet que le suivi soit encore réalisé à l’aide d’un bon vieux tableau Excel, malgré la multiplication des solutions spécialisées.

Cette situation incite aussi les entreprises à se limiter aux coûts les plus visibles (carburant, TVS, etc.) et à ne pas se pencher sur les coûts cachés. De fait, très peu d’entreprises savent imputer ce que leur coûte la gestion administrative de la flotte en interne, constate Robert Maubé. Qui l’estime à un équivalent temps plein nécessaire pour un parc de 400 véhicules. « Au-delà de ce chiffre, c’est de la bureaucratie, moins de ressources veut dire que de nombreuses tâches ne sont pas faites ou mal faites, ce qui engendre des coûts cachés », tranche le consultant.

Cette prise de conscience de la nécessité de s’équiper d’un outil ad hoc fait toutefois son chemin. « Nous sommes en phase d’installation d’un logiciel de gestion pour généraliser le calcul du TCO sur l’ensemble de la flotte et optimiser la loi de roulage en fonction de cet indicateur, afin de mieux adapter la durée de détention des véhicules, au lieu de nous baser sur le kilométrage », rapporte Bernard Falcou, pour GRTgaz.

Plus avancée sur le sujet, la ville de Lyon s’est équipée d’un progiciel de maintenance préventive pour suivre de très près l’entretien et la consommation de ses 828 véhicules. « Chacun fait l’objet d’une visite d’entretien par an et d’une vidange tous les deux ans. Avec un kilométrage annuel de 7 000 à 7 500 km, la vidange annuelle n’est pas nécessaire. Nous effectuons un suivi de la consommation en fonction des kilomètres parcourus et des dates de prise de carburant pour détecter les éventuelles anomalies, et obtenir des explications pour les écarts constatés », décrit Christian Gardin.