Peugeot 207 HDI

Prenons pour acquis le passage de la Peugeot 207 du segment B dans la catégorie supérieure des « quasi compactes » à 4 m de longueur, soit la taille de feu la Peugeot 306, mais à une seule condition : les prestations sont-elles à la hauteur des prétentions quand on joue dans la cour des grandes ?

- Magazine N°118
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Premier argument de la 207 : son style très personnel se remarque immédiatement dans le flot des voitures urbaines et s’affirme déjà comme une grande réussite face à la très conformiste neutralité et déjà usée Renault Clio. On y ajoutera une parfaite filiation avec la récente gamme de Peugeot et son design volontariste, pour ne pas dire agressif. Au moins, à bord de cette Peugeot 207, en trois portes comme en cinq portes, on affirme un certain caractère… Elle plaira sûrement beaucoup pour cela, flattant l’ego de son conducteur et/ou propriétaire tout en se référant à la tradition de qualité de présentation de la marque au lion. Les assemblages de tôles sont parfaits, la peinture très léchée, les ouvertures de portes, hayon et poignées dégageant une réelle impression de qualité avec un ton mat et un «poids» des éléments qui rassurent. Le seul bémol concerne le coût de réparation des phares avant, très étirés et d’une forme assez compliquée.

Une fois assis derrière le volant, l’impression de qualité domine et les possesseurs de Peugeot 206 ou 307 ne seront pas surpris par l’environnement des commandes, le dessin de la planche de bord et le maniement des sièges (très, trop ? fermes par ailleurs). On notera un bon saut qualitatif sur les matériaux utilisés – il faut dire que la 206 brillait trop de ses plastiques de planche de bord dur, peu épais et mal ébarbés. Pas trop difficile donc d’améliorer les choses, partant de si loin et il est regrettable que dans la finition d’entrée de gamme Urban, aucun plastique ne soit moussé et que les peaux de revêtement des équipements ne soient pas plus douces sous les doigts. Renault avec la finition de sa Clio sait mieux faire, même en entrée de gamme, tout aussi dépourvue de peaux moussées. Et puis, la couleur noire uniforme de l’habitacle donne irrémédiablement le «blues» sans dégager, c’est pourtant l’objectif, cette impression de rouler dans une allemande… A partir de la finition Trendy, vous pourrez choisir le grège et aurez droit à un environnement plus chaleureux.

Une habitabilité record

L’accès aux places arrière, en 3 portes, reste assez aisé grâce à la longueur de la porte avant et à la manipulation d’un seul mouvement du dossier de siège et du glissement de l’assise du siège avant avec mémoire de la position. Déplorons qu’en 3 portes comme en 5 portes, les ouvrants avant ne s’ouvrent pas plus avec un angle de 54° seulement, c’est moins que toutes ses concurrentes européennes. Côté habitabilité, avec 2,52 m d’empattement, on ne se sent pas du tout à l’étroit dans une 207. Le contraire aurait été surprenant avec 4,03 m de longueur ! Il faut souligner que l’espace disponible en longueur pour les occupants ne se fait pas au détriment de la capacité du coffre (270 dm3) même si ce dernier n’est pas le plus grand de la catégorie (la Renault Clio affiche 288 dm3). C’est sûr, dans une Peugeot 207, on n’est plus dans une petite voiture urbaine mais bien à bord d’une compacte. On y ajoutera ne nombreux rangements bien répartis dans l’habitacle et de bonne contenance, c’est rare. Petit plus enfin : toutes les Peugeot 207 sont livrées avec le dossier de banquette arrière fractionnable et l’assise relevable pour une véritable «surface» de chargement.

Côté équipements, même si vous n’avez pas choisi les versions haut de gamme et très coûteuses (au-delà de 17 000 €), l’habitacle n’est pas dépouillé et le confort comme la sécurité passive sont au rendez-vous : volant réglable en hauteur et en profondeur, airbags frontaux et latéraux avant (et arrière à partir de Trendy), ABS avec aide au freinage d’urgence, etc. Mais ne vous attendez pas non plus à une offre pléthorique d’équipements : la 207 ne fait que suivre la concurrence sur ce segment et la climatisation reste une option.

Amortissement trop ferme

Sur la route, la Peugeot 207 s’affirme sans contestation comme la reine du segment en matière de tenue de route et d’agrément de conduite à vitesse rapide. Pas de doute, les ingénieurs des trains roulants sont les maîtres de la rigueur de comportement de la caisse. Jamais prise en défaut, même à grande vitesse, la 207 domine la concurrence pour sa capacité à rester rivée au sol dans les petits virages ou les grandes courbes d’autoroute. Du bel art qui permet d’enrouler les parcours sur routes départementales ou nationales avec une grande sécurité. La voiture est vive et alerte mais bien moins sournoise de son train arrière que sa petite soeur 206 qui avait tendance à réagir trop vivement quand on la malmenait. Ici, la 207 absorbe tout et file bon train même sur mauvais revêtement. Et sa direction à assistance électrique est un modèle du genre pour sa précision. Renault devrait en prendre de la graine… En revanche, le diamètre de braquage est trop imposant pour la catégorie avec 10,8 m en 1. 4 HDi 70 ch et même 11 m en 1. 6 HDI 90 ch !

Si l’agrément de conduite est très réussi, le confort nous a déçu. Pourquoi avoir autant durci l’amortissement alors que le châssis de cette 207 ne nécessite pas, pour maîtriser la prise de roulis et les transferts de charge, une telle fermeté dans les compressions. Ce typage ferme n’a pas de réelle raison d’être sauf pour complaire à une catégorie de conducteurs en mal de sensations «sportives», que les services marketing se font un plaisir de relayer (c’est ce que nous avons déjà constaté chez Seat). Résultats : la voiture est trépidante à basse vitesse sur les petits défauts de la chaussée alors que son confort est royal à grande vitesse sur mauvaises routes, là où la maréchaussée vous verbalisera ! Attention d’ailleurs car le limiteur/ régulateur de vitesse est en option sauf en Sport Pack et Griffe.

Des diesels pétillants mais sonores

Les motorisations essence et diesels ne sont pas des nouveautés et n’ont pas subi de modifications pour venir se loger sous les capots des Peugeot 207. Il faudra attendre l’automne prochain pour goûter au 1. 6 l double turbo à injection directe d’essence conçu par BMW et qui développera 150 ch (ou 115 ch sans le turbo). En diesel, Peugeot propose le 1. 4 HDI de 70 ch (120 g/km de CO2) et le 1. 6 HDi multisoupapes en 90 ch (120 g également) et 110 ch (126 g). Ce sont les deux premiers que nous avons essayés ici et ils feront le gros des ventes en entreprises et chez les particuliers. Ils ont pour eux une très faible consommation (4,5 l/100 km en usage mixte) par rapport aux dimensions de la 207 et à son poids élevé (1,2 t à vide). Mais ils sont toujours aussi vibrants et bruyants, contrairement aux deux concurrents Renault. C’est dommage car même en 70 ch, ces deux turbodiesels sont pétillants et plein d’allants. D’ailleurs nous avons été tout à fait convaincu par les performances et l’agrément du 1. 4 HDi de 70 ch. A condition de ne pas rouler en charge et de vouloir conserver son permis de conduire sur autoroute, il suffira à la tâche. Le 90 ch, plus lourd sur le train avant, plus sonore à bas régime permettra de maintenir sur autoroute une vitesse de croisière plus élevée. Mais c’est son seul avantage.

Une concurrente très sérieuse

Au bilan, cette nouvelle Peugeot 207 pourrait bien occuper la première place sur le podium de sa catégorie en France et en Europe. Elle a tous les arguments pour elle, à commencer par un physique de séductrice, un rien arrogante, mais loin de la banalité de ses concurrentes. Les prestations sont tout à fait cohérentes par rapport au segment et au prix demandé. Nous serons néanmoins plus réservé sur le confort de roulage en raison d’un tarage de suspension trop ferme et d’un niveau sonore en diesel trop élevé. A méditer face à une Renault Clio qui domine haut la main ces deux écueils.