Picq et Charbonnier vendra du bioGNL aux transporteurs et au public

Le transporteur Picq et Charbonnier va industrialiser la vente de bioGNLC aux transporteurs, au public et aux entreprises agricoles sur sa nouvelle station GNLC d’Avallon (89).
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Picq et Charbonnier bioGNL
Située en sortie 22 de l’A6, la station d’Avallon dispose de trois pistes dont une borne Gaz’Up pour les professionnels et une borne CB pour les particuliers.

Les Transports Picq et Charbonnier vont se mettre à la vente de bioGNL. Depuis 2017, ce transporteur consomme du GNL pour ses transports et en vend aux transporteurs dans sa station d’Auxerre, exploitée par l’énergéticien Gaz’Up. Le retour sur investissement a été rapide. « Je gagne des marchés avec des chargeurs sensibilisés au GNV et des industriels régionaux intéressés par cette démarche environnementale », nous confiait Christophe Charbonnier, président de ce transporteur, dès 2018. Mais même en alimentant ses 71 Iveco Stralis et S-Way au GNL, les transporteurs de passage et les flottes des collectivités roulant au gaz, la station n’est pas encore amortie. « Il faut dix ans pour amortir une station GNLC, car 35 PL doivent s’y alimenter chaque jour pour atteindre le point mort », note-t-il.

Picq et Charbonnier passe au 100% bioGNL

Mais l’objectif de Picq et Charbonnier reste de basculer, d’ici 2025, la totalité de ses 130 poids lourds vers le gaz, y compris la flotte de PL de l’agence d’Avallon, ainsi que les quinze véhicules légers. Christophe Charbonnier a donc ouvert à Avallon, le 8 décembre 2021, une seconde station GNLC. En accord avec Gaz’Up, le transporteur a pris deux mesures pour accélérer la rentabilisation de sa station. Située en sortie 22 de l’autoroute A6, Avallon est ouverte au public pour augmenter les volumes et les bénéfices. « À Auxerre, 30 % des volumes de gaz sont déjà consommés par d’autres transporteurs », justifie-t-il. La seconde mesure consiste à alimenter la station en 100 % biogaz dès 2025. « Les transporteurs pensent que l’avenir du GNV passe par le biogaz », rappelle Arnaud Bilek, co-dirigeant de Gaz’Up.

Avallon distribue du GNC pour les tracteurs agricoles et du GNL pour les poids lourds, avec 10 % de biogaz.

Bourgogne BioGNL « Made in France »

Gaz’Up ne fournissant encore que 10 % de bioGNC à travers le réseau public, Christophe Charbonnier s’est rapproché de GRDF, des collectivités et de la région Bourgogne Franche-Comté. Mais aussi de Christophe Rousseau, membre de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France, producteur de méthane depuis 2013. Ensemble, ils ont lancé le programme Bourgogne BioGNL qui prévoit de collecter tous les déchets végétaux et effluents animaux locaux pour les méthaniser et les liquéfier dans l’usine Avallon Bio Énergie. Christophe Rousseau dirigera l’usine dont la construction s’achèvera en 2023, et Picq et Charbonnier collectera les déchets pour la méthanisation.

Le parking sécurisé du garage Contant, à Avallon, jouxte la station GNLC de Picq et Charbonnier.

Une station multi-énergies alternatives

Dès 2025, l’usine fournira exclusivement la station d’Avallon. Celle-ci ne proposera plus que du biogaz consommé sur place par les transporteurs, le public, mais aussi les agriculteurs locaux qui disposeront de leurs propres unités de distribution. En attendant l’entrée en activité d’Avallon Bio Énergie, Gaz’Up alimente déjà la station d’Avallon avec du bioGNL importé des Pays-Bas ou d’Italie. L’énergéticien prévoit aussi d’y installer des bornes de recharge électrique et, à terme, une station à hydrogène.

À droite, la citerne de GNL est alimentée en bioGNL par camion depuis les Pays-Bas.
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