PL : un accord provisoire pour la réduction des émissions de CO2

Dans la nuit du lundi 18 février, le Parlement et le Conseil européens sont parvenus à un accord provisoire quant aux objectifs de réduction des émissions des poids lourds.

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Poids lourds (PL)

L’accord reprend la proposition initiale de la Commission européenne, alors que le Parlement européen avait au départ voté des objectifs plus ambitieux. S’il est approuvé officiellement, les constructeurs devront réduire les émissions de CO2 de leurs poids lourds neufs de 15 % dès 2025 par rapport à 2019, et de 30 % dès 2030.

En revanche, les deux instances ont convenu de « renforcer le système d’incitations en faveur des véhicules à émission nulle et à faibles émissions dans le secteur des véhicules utilitaires lourds par rapport à ce que proposait la Commission européenne », indique le Conseil de l’Union européenne. Seuls les autobus et autocars n’en bénéficieront pas, « parce que ces types de véhicules font déjà l’objet d’autres mesures d’incitation », précise le Conseil.

2 % de PL neufs à zéro ou faibles émissions en 2025

En effet, l’accord prévoit que 2 % des nouveaux poids lourds devront être à zéro ou faibles émissions d’ici 2025. En outre, comme prévu, les poids lourds devront s’équiper de dispositifs embarqués permettant de contrôler la consommation réelle de carburant ou d’énergie des véhicules, afin de garantir des données fiables. Enfin, la Commission européenne devra proposer dès 2022 de nouveaux pbjectifs pour la période post-2030.

À noter que les trois instances européennes ne se sont pas exprimées sur la question des infrastructures, soulevée en parallèle des discussions par l’association européenne des constructeurs automobiles (ACEA).

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Pour rappel, c’est la première fois que des normes européennes sont fixées pour réguler les émissions des poids lourds. « L’accord intervenu ce jour comble un vide dans la législation environnementale européenne », a ainsi estimé Grațiela Leocadia Gavrilescu, vice-première ministre et ministre de l’environnement de la Roumanie.

Des objectifs trop peu ambitieux ?

Selon Miguel Arias Cañete, commissaire pour l’action pour le climat et l’énergie, ce règlement doit contribuer à atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne d’ici 2030 par rapport à 1990. « L’industrie de l’UE pourra saisir cette occasion pour s’engager sur la voie d’une innovation tournée vers l’objectif d’une mobilité à émissions nulles et pour renforcer encore sa primauté mondiale dans le secteur des véhicules propres », a-t-il déclaré.

Au Parlement européen, le rapporteur Bas Eickhout a toutefois regretté que : « certains gouvernements continuent de faire passer l’intérêt de leur industrie avant celui de la population. L’Allemagne et certains États membres d’Europe centrale en particulier ont bloqué des objectifs plus ambitieux. »