Place aux nouveautés

Le rendez-vous parisien de l'automobile ouvrira ses portes le 2 octobre. Si Francfort se veut une démonstration de la puissance des allemands, Paris permet aux français de faire étalage de leur force. Et dans ce face-à-face, tous les constructeurs présents cherchent à démontrer que l'automobile est plus que jamais une industrie planétaire. Un premier panorama des vedettes de ce Mondial.

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Honneur donc aux marques françaises avec, pour débuter, la première de la Peugeot 508 qui succède à la fois à la 407 mais aussi à la 607, repositionnant ainsi le haut de gamme du lion. Un choix judicieux lorsque l’on constate le succès très mitigé des berlines hexagonales luxueuses. Malgré les ambitions annoncées, les Peugeot 607 mais aussi les Citroën C6 et les Renault Vel Satis n’ont jamais réussi à concurrencer sérieusement la chasse gardée allemande.

En une seule offre et sous deux carrosseries (berlines à hayon et break SW), Peugeot a donc refondu son haut de gamme, avec un style volontairement proche des canons du genre germanique : face avant agressive mais statutaire, ligne massive et partie arrière volontairement élancée. Le concept car SR1 du début d’année en donnait la tendance ; il devrait d’ailleurs être décliné au Mondial, sous forme d’un autre concept car probablement baptisé HR1 qui dévoilera un SUV haut de gamme sur cette plate-forme de 508.

Peugeot mise sur le haut de gamme avec la 508

La 508 atteint donc des dimensions respectables, en hausse par rapport à la 407, avec une longueur de 4,79 m que l’on doit aussi à la plate-forme partagée avec la Citroën C6. Plus longue mais plus aérodynamique et plus légère, la 508 aura aussi droit à une nouvelle génération de motorisations avec, en diesel, un 2.2 HDi de 204 ch à seulement 150 g/km de CO2. Plus adaptée aux professionnels et gestionnaires de flottes, la version d’entrée de gamme sera le nouveau 1.6 HDi de 112 ch et boîte pilotée 6 rapports à 109 g, équipé du Stop&Start de deuxième génération, autorisant jusqu’à 15 % de sobriété en plus en ville. Cette version sera disponible au printemps 2011 alors qu’au lancement, fin 2010, le 1.6 HDi 112 ch ne sera proposé qu’avec une classique boîte manuelle et sans Start&Stop, pointant à 124 g. Juste au-dessus, le 2.0 HDi de 140 ch et sa boîte 6 rapports sera à 125 g.

Pour la version HYbrid4 annoncée pour 2012, Peugeot avance une consommation encore plus basse avec 99 g pour la 508 hybride 2.0 HDi 163 ch Stop&Start, avec un moteur électrique de 37 ch sur les roues arrière – la puissance cumulée atteignant 200 ch. Un très haut de gamme en perspective dont la version HYbrid4 fera ses premiers tours de roue sous la robe de la 3008 (125 g) lancée au Mondial. Troisième vedette du stand du Lion : la désormais classique iOn, petite urbaine 100 % électrique fabriquée par Mistubishi sur la base de la i-Miev et dont on connaîtra enfin le prix public et, surtout, le mode de location LLD des batteries.

La dernière C4, grande nouveauté de Citroën

Chez Citroën, on retrouvera cette petite citadine 100 % électrique baptisée C-Zéro avec le même mode de commercialisation en LLD. Mais la grande nouveauté de la marque au double chevron sera surtout la nouvelle C4, basée sur la plate-forme de la Peugeot 308 dont elle partage aussi le site de fabrication à Mulhouse – une première pour Peugeot – mais avec une carrosserie beaucoup plus aérodynamique et râblée, proche des références stylistiques des compactes d’Outre-Rhin : 5 cm de plus en longueur que l’ancienne avec 4,33 m, 2 cm de plus en largeur à 1,79 m et 3 cm de plus en hauteur à 1,49 m (et un coffre gigantesque à 408 dm3). Elle avance aussi des atouts majeurs en termes de motorisations puisqu’elle inaugure, pour le groupe PSA, le Stop&Start sur le 1.6 HDi de 112 ch qui n’est qu’à 99 g ou 109 g en version « classique ».

Il est aussi probable que Citroën présente sa version du SUV compact Mitsubishi ASX, tout comme Peugeot. Pour les concept cars, la philosophie sera la même qu’au salon de Francfort il y a un an, avec la SurVolt, petite sportive 100 % électrique mais ici revêtant une robe de compacte plus classique, et le retour de la C-Escape qui se caractérisait il y a deux ans par la simplicité de sa conception (face avant et arrière identique), abaissant les coûts de production. Enfin, dernier axe de développement, la technologie HYbrid4 de Peugeot avec le même module 2.0 HDi 163 ch et 37 ch électrique qui devrait faire sa première apparition sur une future C5.
 

 

Fluence ZE, Kangoo ZE, Zoé ZE : Renault tout électrique

Pour Renault qui avait dévoilé toutes ses « batteries » électriques l’an dernier à Francfort, le salon de Paris verra la commercialisation de la Fluence ZE dont nous avons déjà longuement évoqué tous les détails. Plus nouveau cependant, la révélation des prix de vente de cette voiture mais aussi de ceux du Kangoo ZE qui sera commercialisé en 2011 avec le même module électrique. On devrait aussi connaître le prototype de la citadine Zoé ZE, plus proche de la réalité que le concept car de Francfort.

Confronté au même échec que PSA dans le haut de gamme, Renault a choisi une autre voie pour renouveler sa Vel Satis en se contentant de commercialiser, sous son propre badge, la Samsung SM5 coréenne. Rebaptisée Latitude, elle sera à Paris, après sa première mondiale cet été à Moscou. Une primeur aux pays hors Europe qui cible bien les prétentions de ce haut de gamme très classique mais non dépourvu d’élégance, dont les ambitions en France seront modestes. Il n’en reste pas moins qu’avec ses 4,89 m de longueur pour 1,83 m de largeur et 1,49 m de hauteur, cette Latitude impose une image statutaire indéniable… et laisse la Laguna loin derrière, avec ses 19 cm en moins. C’est pourtant cette dernière qui lui donnera ses moteurs : le 2.0 dCi en 150 ch et 175 ch ainsi que le V6 de 240 ch. Mais son prix devrait en surprendre plus d’un avec sa production 100 % asiatique.

La marque au losange entre Latitude et DeZir

Enfin, le Mondial sera aussi l’occasion de dévoiler la première création du nouveau patron du style, Laurens van den Acker, venu de Mazda. La Renault DeZir, tel est son nom évocateur, pose donc les bases du design des futures voitures au losange dont la nouvelle philosophie se résume, d’après le dossier de presse, par : « les clients, quand ils tombent amoureux, découvrent le monde, fondent une famille, travaillent, profitent des loisirs et accèdent à la sagesse »… Un style pour la vie en quelque sorte. Notons tout de même que la DeZir est animée par un moteur électrique de 110 kW (150 ch) et 226 Nm de couple, alimenté par une batterie lithium-ion de 24kW/h, autorisant une autonomie de 160 km et une vitesse maximale de 180 km/h. Une évolution future de concept ZE déjà initiée sur la gamme Fluence et Kangoo.

Pour les constructeurs allemands, le Mondial de Paris est toujours l’occasion de dévoiler les modèles qui seront lancés dans les prochains mois en Europe. Ainsi, Audi mettra en avant son A7 Sportback et le concept car de la future A6 (commercialisée dans un an), deux modèles phares de la gamme qui reprennent la plateforme de l’A8 raccourcie et ses panneaux de carrosserie en aluminium (20 % de la masse). On aura donc compris que l’A7 vient s’intercaler entre l’A6 et l’A8, selon le principe d’une numérotation impaire pour les berlines à hayon et profil de coupé 5 portes, plus racées que la classique A4 par exemple. La nouvelle A7 Sportback pointe donc à 4,97 m, pour une largeur respectable de 1,91 m et une hauteur de seulement 1,42 m. Pour le lancement en fin d’année, la gamme comprendra deux V6 essence et le 3.0 V6 TDI en 204 ch (139 g), 245 ch (158 g) et 300 ch pour la Quattro, histoire de positionner la voiture audessus de la future A6.

Audi couvre toute la gamme, de l’A1 à l’A7

À l’autre extrémité de la gamme, Audi lancera officiellement sur le marché la petite A1 (3,95 m de longueur), concurrente de la Mini, de la Volvo C30 ou de la Volkswagen Polo dont elle partage la plate-forme. On retrouve donc logiquement sous le capot avant le 1.6 TDI en 90 et 105 ch (103 g) avec le Stop&Start. Sur le stand du salon devrait aussi être présentée la version électrique de cette citadine, l’A1 eTron dans sa livrée définitive ou presque. Plus proche enfin, la version hybride du SUV Q5 qui reprend le module V6 essence et moteur électrique du Volkswagen Touareg lancé cet été. Logiquement, le Q5 étant plus petit, les chiffres de consommation devrait être encore plus bas mais son offre unique avec le 3.0 l essence de 333 ch et le petit moteur électrique de 37 ch en limitera l’intérêt pour le marché européen.

Avec son Gran Coupé, BMW démontrera qu’Audi, avec son A7 Sportback, et Mercedes, avec sa nouvelle CLS, ne sont pas les seuls à s’écarter des classiques grandes berlines allemandes. Pour l’heure, pas d’autre information sur les caractéristiques de cette grande voiture et BMW procède par étapes en dévoilant complètement son nouveau X3, histoire de bien faire comprendre qu’il s’agit bien de la deuxième génération et non pas d’un restylage… D’une longueur de 4,65 m (+ 7 cm), il demeure compact pour sa catégorie mais ne cède pas pour autant à la transmission sur deux roues puisqu’il n’est proposé qu’en 4×4.

BMW met en avant son X3 et sa Mini Countryman

Pourtant, grâce à l’avance technologique des motoristes de Munich, le X3 ne consomme que 5,6 l/100 km, soit 147 g/km de CO2 : première chez BMW, le 2.0 turbodiesel de 184 ch et boîte auto 8 rapports (pas moins !) adopte un Stop&Start jusqu’alors seulement disponible en boîte manuelle ou sur les moteurs essence boîte auto. Dans le groupe BMW, l’attraction sera aussi sur le stand Mini avec la Countryman, première Mini de l’histoire à comporter quatre portes… et quatre roues motrices en option. Malgré sa prise d’embonpoint (1,3 t, 4,10 m de longueur, 1,79 m de largeur et 1,56 m de hauteur), ce SUV d’un nouveau genre modère son appétit avec le 1.6 l turbodiesel PSA/BMW de 90 ch (115 g) et 112 ch (115 g et 129 g en 4×4). Pour lui donner la réplique, la Mini « classique » 100 % électrique sera sur le stand parisien, afin de populariser cette citadine « propre » et aussi d’élargir sa notoriété dans les flottes et chez les professionnels.

Mercedes ne sera pas en reste avec sa deuxième génération de CLS, grand coupé quatre portes dont il a été l’inventeur en 2003. Toujours aussi élégant dans son architecture, ce CLS ajoute les touches de design venues du roadster SLS, avec sa calandre plus agressive et un style plus viril. Les motorisations seront reprises de la gamme actuelle des Classe E et S avec, à la clé, une version hybride en diesel. Nous en saurons plus sur le salon. On devrait aussi découvrir, sous forme de prototype, la nouvelle génération de Classe A et B qui devrait revenir à des proportions plus classiques et, surtout, à des solutions techniques moins originales avec l’abandon d’une plate-forme et d’un plancher surélevés imposant des moteurs spécifiques. Mais sans renoncer pour autant à des spécificités de monospace alliant compacité et habitabilité.

Mercedes dévoile le CLS, Volkswagen la Passat

Du côté des généralistes allemands, Volkswagen devrait dévoiler sa nouvelle Passat, plus grande et statutaire que l’actuelle génération. Une première, celleci abandonnera sa plate-forme de Golf rallongée pour celle de l’Audi A4 actuelle et du nouveau Sharan à l’empattement nettement plus confortable (2,92 m), pour une longueur augmentée de 22 cm à 4,95 m. Nous en saurons plus sur le stand. Après dix années de service, le grand monospace Sharan en arrive donc à la commercialisation de sa troisième génération. Toujours produit sur le site lusitanien de Palmela qui fournit aussi le Seat Alhambra, le Sharan se caractérise par ses deux portes arrière coulissantes et ses trois rangées de sièges escamotables. On retrouve sous le capot le 2.0 TDI common rail de deuxième génération en 140 ch (143 g) et 170 ch (151 g), ce dernier avec boîte DSG double embrayage à 6 rapports et Start&Stop. On attend aussi avec intérêt la future petite Up, remplaçante de la défunte Lupo, et sa version électrique e-Up qui marquera l’arrivée du 100 % électrique chez Volkswagen. Opel surfe sur le succès de son Insignia et de son Astra 5 portes. Celle-ci sera présentée dans sa version break Tourer et coupé GTC qui fait l’honneur de se baptiser Paris pour sa première mondiale. Plus proche de sa commercialisation, le Meriva, avec ses originales portes à ouverture antagoniste, entamera sa carrière au Mondial. Sa longueur passe à 4,29 m, bien plus habitable que la génération précédente, et sa gamme de motorisations diesels est au complet : 1.3 CDTI de 75 ch (129 g) et 95 ch (119 g), 1.7 CDTI de 110 et 130 ch, tous deux à 138 g. Mais la marque à l’éclair devrait surprendre avec le successeur du Zafira basé sur la plate-forme de l’actuelle Astra.

Pour Opel, le Mondial offrira aussi l’opportunité de rendre publics les prix et la version définitive de son Ampera dont nous avons déjà longuement évoqué le mode de propulsion 100 % électrique, avec générateur essence embarqué. On saura alors l’autonomie réelle en mode ZEV (60 km environ) de cette grande berline et la consommation de son moteur essence 1.4 l alimentant les batteries, avec une autonomie totale de 500 km pour un « plein » de carburant. Enfin, Opel pourrait aussi révéler son prototype de petite urbaine de 3 m de longueur, l’Allegra basée sur la plate-forme de la Corsa et fabriquée dans la même usine d’Eisenach, pour une commercialisation en 2012.

Focus, C-Max, Mondeo : Ford renouvelle sa gamme

Pour sa part, Ford se consacre au renouvellement de sa gamme de compactes avec l’arrivée de la nouvelle Focus présentée au salon de Genève en début d’année, et de son dérivé monospace C-Max. La commercialisation est prévue dans la foulée du Mondial pour ce dernier et en début d’année prochaine pour la Focus. Dans le haut de gamme, c’est au tour de la Mondeo de subir un sérieux lifting et une remotorisation de ses diesels, sur le modèle des monospaces Galaxy et S-Max qui en partagent la plate-forme.

Pour le groupe Fiat, le salon de Paris devrait être l’occasion de mettre en avant la future Uno, citadine de 3 m de longueur et complémentaire de la Panda qui n’existe qu’en 5 portes. Avec le monospace compact Multipla, la gamme moyenne supérieure de Fiat n’est plus composée que de la Croma et du monospace Ulysse fabriqué par Peugeot. Et c’est Alfa Romeo qui a droit aux nouvelles plates-formes, celle de la récente Giulietta mais aussi celle de la Giulia, remplaçante de la 159 qui devrait être révélée au Mondial. Enfin, chez Lancia, le lancement de l’Ypsilon III semblerait être repoussé.

Toyota profitera du Mondial de l’Auto pour présenter la nouvelle Prius dans sa version rechargeable « plug in », et la iQ en version 100 % électrique déjà entr’aperçue à Genève. C’est sur le stand Lexus que l’on devrait voir la « vraie » nouveauté avec la nouvelle CT 200h, une compacte hybride directement dérivée de la Prius/Auris mais qui se pare des attributs de luxe de la marque. Nissan surfe aussi sur la vague verte et lancera officiellement, quelques mois avant Renault, sa Leaf qui partage avec la Fluence ZE l’intégralité de la plate-forme électrique. Prix, autonomie, mode de location des batteries, etc. permettront de mieux quantifier l’économie réelle de ces voitures 100 % électriques.

Terminons ce large panorama pré-salon par Volvo et Saab qui volent désormais de leurs propres ailes : chinoises pour le premier avec Geely, suédoises pour le second avec Spyker. Pour l’heure, chacune produit des véhicules conçus sous l’ère de leur appartenance respective à Ford et General Motors.

Volvo joue sa V60, Saab attend sa 9-3

Pourtant, Volvo avec sa V60, déclinaison break de la récente S60 (voir aussi page 58), a réussi à imposer son style, sa plate-forme et ses moteurs, dont le nouveau 5 cylindres turbodiesel décliné en plusieurs puissances. Et l’on attend avec impatience la Volvo C30 BEV à propulsion 100 % électrique.

Pour Saab, il faudra encore patienter car la nouvelle 9-5 n’est autre que l’Opel Insignia légèrement redessinée mais emmenée par les moteurs de cette dernière. Pour ce premier salon du renouveau, on peut tout de même s’attendre à ce que la future 9-3 soit présentée. Bonne visite !

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