Un plan national pour la cyclo-logistique

Le ministère de la transition écologique a présenté un plan national pour le développement de la cyclo-logistique en France. Celui-ci renforce des dispositifs existants de soutien aux entreprises et doit contribuer à mobiliser les parties prenantes, tout en favorisant la création de hubs de livraison à vélo et de solutions numériques dédiées.
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Plan cyclo-logistique
Source : Ministère de la transition écologique

« Le plan cyclo-logistique constitue une première réponse apportée par le gouvernement à l’essor inédit des livraisons en ville, lié en particulier au développement de l’e-commerce, dans le contexte de l’élaboration d’une stratégie pour la logistique urbaine durable », s’est félicité Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports.

Réduire les émissions liées à la livraison urbaine

Selon le ministère de la transition écologique, « l’e-commerce croît de 33 % par an et l’ensemble des flux logistiques des entreprises vers les consommateurs représentent désormais 20 % des flux de marchandises en ville, avec une croissance annuelle de 8 à 10 %. » Au total, « en France, le trafic des véhicules utilitaires légers (VUL) a augmenté de 57 % depuis 1990, avec des émissions de GES en augmentation de 38 %, pointe-t-il. À Paris, si le transport de marchandises ne représente que 15 à 20 % du trafic, il représente 25 % du CO2, 35 à 45 % des oxydes d’azote et 45 % des particules fines générés par le trafic routier. »

Pour répondre à ces enjeux, le ministère mise sur la logistique à vélo, « en complément d’un mix de deux-roues et van urbains électriques ». « Un vélo cargo triporteur possédant une caisse de 1 500 l émet 85 % de CO2 en moins par rapport à un véhicule thermique ayant une capacité similaire », argue-t-il. Sans oublier une réduction du bruit et de l’encombrement de l’espace public. Et ce mode de livraison aurait un succès croissant : 11 000 vélos cargos ont été vendus en 2020 selon les statistiques de l’Union sports et cycles, en hausse de 354 % comparé à 2019. D’où la publication d’un plan national en faveur de la cyclo-logistique.

Des dispositifs de soutien pour la livraison à vélo

Ce plan vise tout d’abord à « favoriser l’accélération des activités de livraison à vélo ». Le ministère a ainsi mis en avant trois dispositifs de soutien préexistants, financés à hauteur de 12 millions d’euros par le programme de certificats d’économie d’énergie (CEE). « Ma Cycloentreprise » promeut la cyclomobilité professionnelle auprès des micro-entrepreneurs ou des candidats à la création de microentreprise. V-Logistique, déployé depuis mai 2020, propose des actions de sensibilisation et de formation, ainsi que la mise à disposition gratuite de vélos à assistance électrique et des services associés.

Enfin, ColisActiv’ verse une aide de quelques euros pour chaque colis livré à pied ou à vélo. Cette prime dégressive atteint « jusqu’à 2 euros par colis pour les 500 000 premiers en année 1, jusqu’à 1,30 euro pour 1,5 million de colis en année 2 et 0,6 euro pour 3 millions de colis en année 3 », précise le ministère. Ce système est testé depuis fin 2020 à Angers, Reims, Paris et Grenoble, et sera élargi dès juin 2021 à toutes les villes ayant mis en place une zone à faibles émissions mobilité (ZFe-m) ou qui en créent une en 2021. De plus, « une augmentation de l’enveloppe financière sera étudiée d’ici fin 2021 », annonce le ministère.

Par ailleurs, le ministère inclut dans son plan l’élargissement de la prime à la conversion au vélo, comme prévu dans le projet de loi Climat et Résilience, et le renforcement du bonus vélos à assistance électrique pour mieux prendre en compte les vélos cargos. Les montants précis seront rendus publics d’ici quelques semaines, précise le ministère.

Mobiliser le secteur public, les assureurs et les donneurs d’ordre

Autre axe de travail du plan cyclo-logistique : la mobilisation des parties prenantes. Le ministère mise d’une part sur l’exemplarité du secteur public pour développer la livraison à vélo. Il compte là encore sur le projet de loi Climat et résilience, qui prévoit « la généralisation des clauses environnementales dans les marchés publics sous cinq ans », mais aussi sur le plan national pour les achats durables (PNAD) qui sera publié sous peu.

En parallèle, la ministre de la transition écologique Barbara Pompili veut réunir les acteurs du secteur de l’assurance pour les inciter à développer des produits adaptés à la cyclo-logistique. Enfin, le gouvernement veut encourager les donneurs d’ordres à orienter leurs flux vers des solutions vélos, sur le modèle du Groupe La Poste qui prévoit d’intégrer 1 000 vélos cargos et remorques assistées supplémentaires à sa flotte logistique d’ici 2025.

Des hubs logistique vélo et des solutions numériques

Le ministère compte également faciliter la mise à disposition de locaux pour les hubs logistique vélo. « Les établissements publics fonciers et les établissements publics d’aménagement, sous tutelle du ministère de la Transition écologique qui travaillent pour le compte des collectivités locales, ont été mobilisés pour favoriser la mise à disposition de locaux vacants en cœur de ville pour accueillir des activités de cyclo-logistique », indique-t-il. Et l’Ademe publiera d’ici fin 2021 un guide de mise en œuvre de hubs cyclo-logistique à destination des collectivités, adapté du livret européen « A Guide to Planning Cyclelogistics Hubs ».

Pour finir, le plan national prévoit des investissements dans des solutions numériques pour la cyclo-logistique dans le cadre du quatrième programme des investissements d’avenir (PIA). « Un appel à projets spécifique ciblera la création d’une application de type “Waze de la cyclo-logistique” », précise le ministère. L’Ademe finance également la première édition de l’observatoire de la cyclomobilité professionnelle, dont l’enquête est actuellement en cours.

Les mesures détaillées dans le plan cyclo-logistique s’inscriront dans la stratégie pour la logistique urbaine durable, qui doit être dévoilée à l’été 2021.