Plan France Relance : le gouvernement mise sur les mobilités vertes

Dévoilé le 3 septembre par le gouvernement, le plan « France Relance » veut jouer la carte de la transition écologique pour préserver l’emploi, avec notamment des investissements dans les mobilités vertes.

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Plan France Relance

L’État français vient de dévoiler son plan France Relance suite à la crise due à l’épidémie de covid-19. Celui-ci prévoit l’investissement de 100 milliards d’euros dont 40 milliards de contributions européennes sur la période 2020-2022. Objectif : lutter contre le chômage et préserver l’emploi en France tout en construisant « la France de 2030 ».

Ainsi, « chaque axe du plan de relance doit apporter une contribution à la transition écologique », affirme le gouvernement, et 30 milliards d’euros seront destinés spécifiquement destinés à son financement. En pratique, plus de 8,5 milliards d’euros seront investis dans le domaine des infrastructures et mobilités vertes.

Verdir le parc automobile

Du côté des véhicules, un budget de 1,9 milliard d’euros est prévu pour soutenir la demande en véhicules propres du plan automobile via le bonus écologique et la prime à la conversion, dans la continuité du plan de soutien à l’automobile. Une évolution du barème du bonus sera ainsi étudiée en lien avec les propositions formulées par la Convention citoyenne pour le climat.

Pour les véhicules légers, « le verdissement de la prime à la conversion pourrait être poursuivi afin de continuer à encourager l’achat des véhicules les plus propres », tandis que le gouvernement envisage la mise en place d’une prime pour l’achat d’un véhicule lourd électrique ou hydrogène avec la mise au rebut d’un vieux véhicule polluant.

Le gouvernement maintient en outre son objectif de 100 000 points de charge ouverts au public d’ici fin 2021, en prévoyant le financement ou le cofinancement de hubs de recharge ultra-rapide dans les territoires, sur les grands axes nationaux et dans les bâtiments publics. La production française de bornes sera aussi soutenue.

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De plus, le plan de relance prévoit un investissement de 180 millions d’euros dans la loi de finances 2021 pour le verdissement du parc automobile de l’État, et plus précisément des flottes de la police nationale, de la gendarmerie et des douanes. Celles-ci représentent 64 000 véhicules d’une moyenne d’âge de 7 ans, soit plus que la totalité des parcs des autres ministères et de leurs établissements publics. « Le plan sera dirigé exclusivement vers des véhicules électriques ou hybrides rechargeables, précise le ministère. La mesure pourra ainsi inclure l’achat de bornes et leur installation. »

La substitution des véhicules thermiques anciens par des véhicules électrifiés doit diminuer les émissions de CO2 des flottes tout en contribuant au développement de la filière française, mais aussi entraîner une économie budgétaire de fonctionnement en réduisant les coûts d’entretien et de carburant.

Rappelons que la loi de finances rectificative pour 2020 a déjà débloqué 75,3 millions d’euros supplémentaires en vue de renouveler et verdir les flottes de la police et de la gendarmerie nationales (voir notre article).

Développer les mobilités partagées

En parallèle, 1,2 milliard d’euros seront ainsi consacrés au développement des mobilités du quotidien, à savoir le vélo et les transports en commun. « Des aides seront apportées aux collectivités pour financer des pistes cyclables et des places de stationnement sécurisé », précise le gouvernement. Tandis que « le plan de relance soutiendra le développement d’offres ferroviaires dans les zones urbaines les plus denses, l’amélioration de services existants, la création de nouvelles lignes de transports collectifs en site propre. »

En outre, 550 millions d’euros supplémentaires seront alloués à l’accélération des travaux de modernisation et d’amélioration des infrastructures de transport. Le gouvernement veut notamment développer des bornes de recharge sur les routes nationales et les autoroutes. Il souhaite aussi promouvoir le report modal de la voiture vers les transports en commun et les mobilités partagées en créant des voies réservées, des parkings relais et des pôles d’échanges multimodaux, mais aussi renforcer le contrôle des voies réservées et des zones à faibles émissions mobilité.

Relancer le ferroviaire

Le plan de relance soutiendra aussi sur le ferroviaire qui sera financé à hauteur de 4,7 milliards d’euros afin de « régénérer et moderniser le réseau national le plus circulé » mais aussi « réinvestir, aux côtés des régions, dans les lignes de desserte fine du territoire pour augmenter l’offre dans les territoires moins denses et mieux les relier aux zones urbaines. » Le réseau ferroviaire devra en outre s’adapter au transport de marchandise pour devenir une alternative « attractive et efficace » au transport routier.

Des énergies et technologies « vertes »

Enfin, le gouvernement mise sur les « énergies et technologies vertes ». 7 milliards d’euros seront mobilisés pour le développement de l’hydrogène dit « vert », dont 2 milliards sur la période 2020-2022. Avec notamment le lancement d’un projet européen visant à développer et industrialiser les solutions françaises dans le domaine des piles à combustible, des réservoirs et des matériaux pour les véhicules hydrogène ainsi que des électrolyseurs.

Le plan de relance ne néglige pas pour autant la filière nucléaire qui bénéficiera d’un budget de 200 millions d’euros ainsi d’un programme d’investissements d’avenir. En outre, 3,4 milliards d’euros financeront le développement de marchés clés tels ceux de l’hydrogène, du recyclage et de la réincorporation de matériaux recyclés ou encore les produits biosourcés et les biocarburants.

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