Point d’étape pour l’État et la filière automobile

Le Comité stratégique de la filière automobile a été réuni le 12 juillet par le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et la ministre chargée des transports Élisabeth Borne, 15 mois après la signature du contrat stratégique de la filière pour faire le point sur sa mise en œuvre.

719
Comite strategique filiere automobile 12 juillet 2019
Source : PFA

Alors que le contrat de filière signé le 22 mai 2018 prévoit de multiplier par cinq les ventes de VE entre 2018 et 2022, le président de la Plateforme automobile et mobilités (PFA) a rappelé que PSA va investir 220 millions d’euros pour produire des moteurs électriques à Trémery (57) et proposerait une version électrifiée sur chacun de ses modèles ; tandis que Renault doit consacrer 1 milliard d’euros à l’électromobilité en France. De son côté, le gouvernement a indiqué qu’une campagne d’information sur le VE serait lancée en septembre.

La filière demande plus de visibilité sur le bonus-malus

En parallèle, la PFA a demandé plus de visibilité quant aux dispositifs incitatifs qu’elle juge « indispensables au décollage du marché », en particulier celui du bonus-malus. Elle a de plus insisté sur la nécessité d’accélérer le déploiement des infrastructures de recharge. L’État mise sur la prolongation du dispositif de financement Advenir et surtout sur le projet de loi d’orientation des mobilités, censé faciliter leur essor, mais dont la deuxième lecture a été repoussée à la rentrée.

Vers une trajectoire de déploiement des bornes de recharge

La PFA en a profité pour demander « une mesure législative permettant aux copropriétaires de faire installer dans un délai de 3 mois maximum une borne de recharge ». Bilan : « le ministère de la Transition écologique et solidaire réunira dès septembre les acteurs de cette filière pour établir une trajectoire de déploiement et travailler ensemble sur les conditions qui permettront de la tenir, en termes de bornes publiques comme privées », a annoncé Bercy.

Une étude sur les émissions des diesel et essence récents

Enfin, la PFA a argué en faveur d’un « plan d’urgence » pour « simplifier le soutien à l’investissement, faciliter l’accès au crédit et renforcer l’accompagnement sur mesure des PME et des ETI » ; faisant état d’une « cinquantaine d’entreprises impactées par la chute du diesel » et de « 15 000 emplois menacés ».

Justement, les ministres ont annoncé le lancement dans les prochains jours d’une étude dirigée par l’Ifpen : « Elle devra établir de manière rigoureuse la réalité des émissions de polluants divers (notamment NOx et particules fines) associées aux moteurs thermiques essence et diesel les plus récents, dans des conditions réelles de circulation, y compris avec des véhicules au kilométrage élevé, et en laboratoire. »

Batteries, véhicules autonomes et emploi

Bercy a également mis en avant les avancées de la constitution d’une filière européenne des batteries, qui réunit 7 États-membres et 17 partenaires industriels, mais aussi le lancement de 16 expérimentations dans le domaine des véhicules autonomes ; ou encore le futur déblocage d’un « soutien financier pouvant aller jusqu’à 5,4 millions d’euros » pour accompagner les travaux de la PFA dans le cadre du projet « Attractivité, Compétences et Emplois ». Un prochain événement sera organisé le 2 décembre.