Prévention routière : une norme pour les entreprises et les prestataires

Le groupement des préventeurs du risque routier a fait le point à l’occasion d’une conférence de presse sur la norme française de prévention du risque routier, publiée par l’Afnor le 12 janvier 2019.

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prévention routière

La norme NF X50-162 s’adresse aussi bien aux entreprises souhaitant mettre en place une démarche de prévention routière qu’aux prestataires leur proposant des solutions. L’objectif : les aider à mettre en place une démarche structurée en en fixant les modalités.

« La norme recommande de faire un état des lieux et de définir des objectifs avant de mettre en place un plan d’action, a résumé Alain Wucher, directeur général de Marietton Pro et président du groupement des préventeurs du risque routier (GP2R). En effet, on peut créer du risque routier dès le contrat de travail, par exemple en embauchant un commercial sur un secteur géographique qui n’est pas le sien ou en imposant des horaires sans prendre en compte leur incidence sur le comportement des salariés sur la route. »

La norme doit également selon lui permettre un « changement de paradigme » : « On connaît les démarches de prévention du risque routier professionnel depuis longtemps, pourtant elles sont peu appliquées. Il faut donc changer de discours pour montrer que la prévention routière est un véritable levier de performance et passe de l’obligation à l’opportunité », a argué Alain Wucher.

Et ce, alors que « beaucoup d’entreprises se contentent de signer la charte de la Sécurité routière, rappelle Marc Bodson, secrétaire du GP2R et directeur-général de Beltoise Evolution. Et certaines ne connaissent pas leur sinistralité. En moyenne, bien qu’il existe des spécificités selon les secteurs d’activités, « une fréquence supérieure à 0,5 accident par véhicule et par année représente une performance médiocre en termes de prévention routière », a-t-il rappelé.

Le GP2R prévoit de publier dans l’année un guide destiné à aider les entreprises à évaluer leurs coûts de prévention. Ce dernier se basera sur deux indicateurs : les coûts directs et indirects de non-sécurité, et les coûts liés à l’obtention de la sécurité. « Les coûts indirects sont généralement ignorés car il n’y a pas d’entité qui consolide ces données. Pourtant, les coûts directs ne représentent qu’un tiers des coûts réels d’un accident », a indiqué Marc Bodson.