Prius 3 : plus performante mais plus chère

Prius 3 : plus performante mais plus chère

A se demander jusqu’où Toyota portera sa Prius : son moteur essence est plus gros, à l’inverse du «downsizing» généralisé, sa puissance plus élevée (136 ch au lieu de 110 ch) et ses prestations de meilleur niveau. Et la sobriété est encore meilleure suivant les cycles normalisés (3,9 l/89 g). Info ou intox au volant ?

- Magazine N°151
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Toyota prius 3

Déjà la troisième génération pour la Prius de Toyota qui veut prouver, une fois de plus, que sa solution hybride essence/ électrique est bien la seule à même de réduire dès à présent les émissions de CO2… sans émettre d’autres polluants dangereux pour la santé publique comme les NOx (oxydes d’azote) ou les hydrocarbures imbrûlés (HC). Des émissions que l’on retrouve bien sûr à la sortie des moteurs diesel, y compris ceux de fortes cylindrées vendus par Toyota sur ses autres véhicules, de l’Aygo au Land Cruiser…

Mais, ce qui reste tout à fait justifié et évident pour de gros véhicules devient plus difficile à atteindre pour des voitures du segment M1/M2 (la Prius mesure 4,46 m de longueur). En effet, et pour entrer directement dans les chiffres et le débat, cette nouvelle Prius de 136 ch affiche une consommation mixte record de 3,9 l/100 km, soit 89 g/km de CO2et près de 10 % de moins que l’ancienne génération.

Dans le détail, là où la Prius 2 n’était pas performante en consommation (sur route et autoroute), le nouveau cycle extra-urbain passe dorénavant à 3,7 l/86 g. Un chiffre obtenu en augmentant la cylindrée de 1.5 l à 1.8 l, ce qui paraît paradoxal mais permet d’abaisser le régime moteur en vitesse de croisière. En réalité, les rendements sont loin d’être excellents puisque la puissance de ce «gros» moteur est de 98 ch pour 142 Nm de couple, soit moins que le récent 1.2 TCE de Renault !

Des chiffres parlants

En cycle urbain, la Prius fait appel à une batterie de meilleure capacité –avec 2 kW en plus, elle fournit 36 ch– et un moteur électrique de 81 ch et 207 Nm, soit 20 % de plus. Les 3,9 l/100 km sont atteints pour 90 g/km de CO2. C’est très bien en théorie et sur le cycle normalisé mais dans la pratique, nous étions sur une moyenne de 5,4 l/100 km en usage mixte et à 4,9 l en usage urbain lors de la présentation dans la circulation «fluide» de Stockholm en Suède. En centre-ville, l’autonomie en mode tout électrique ZEV est de 2 km à la vitesse maximale de 50 km/h mais, en pratique, le moteur thermique se met rapidement en route pour emmener les 1 420 kg à vide de la voiture… Des chiffres à confirmer lors des essais en France sur une plus longue durée.

Autrement dit, les ingénieurs de Toyota ont été obligés d’augmenter tous les chiffres pour consommer un peu moins… Pour alimenter le débat, sachez que dans le même segment, la nouvelle Volvo S40 drivE 1.6 d de 110 ch avec Start&Stop (lire par ailleurs), pointe à… 3,9 l/100 km en cycle mixte, la même valeur que la nouvelle Prius ! Précisons tout de même que les émissions de CO2 de la suédoise sont à 104 g et non 89 g, ratant ainsi le bonus de 1 000 € (700 € sont toujours acquis !).

De son côté, la Prius a droit à la prime gouvernementale pour les hybrides de 2 000 € pour les particuliers ou, pour les entreprises, 1 000 € plus l’exonération de TVS sur les 2 premières années de détention. Des primes qui compensent un prix de vente élevé qui débute à 25 690 €.

Une Prius tout en contradiction

Sur la route, il va de soi que la nouvelle Prius incite à lever le pied et à adopter une conduite souple. C’est à cette condition que la consommation reste basse… ainsi que le niveau sonore qui est élevé en raison de bruits de roulement qui remonte de l’arrière. Le comportement de la voiture est tout à fait agréable avec une bonne sensation au volant, peu de roulis et un bon confort d’amortissement. Si l’habitabilité et la qualité de fabrication sont tout à fait du segment M2, à l’instar d’une Avensis, la qualité des plastiques de la planche de bord, durs et brillants est tout juste digne d’une petite citadine comme l’Aygo. Etonnant ! Cette Prius 3 présente donc toujours autant de contradictions que les deux générations précédentes et son achat demeure «militant » même si Toyota veut enfin en «démocratiser» sa détention. Et accroître un peu plus son image de constructeur «vert».

Notre avis

Bien

Bonnes prestations routières
Bonne sobriété
Habitabilité et qualité de fabrication

A revoir

Pas de véritables économies d’usage
Niveau sonore
Plastiques bas de gamme

Prius 3 : plus performante mais plus chère