Prix French Mobility : 13 solutions de mobilité récompensées

Vendredi 26 janvier 2018 s’est tenue la première édition des prix « French Mobility », organisée par la ministre des transports Élisabeth Borne. 13 innovations permettant de résoudre des problèmes de mobilité sur des territoires français ont été labellisées.

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Prix French Mobility
(c) D. Valente/Terra

À la suite des Assises nationales de la mobilité, une concertation de trois mois qui s’est clôturée le 13 décembre 2017, le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) a réalisé une cartographie de plus de 300 innovations touchant à la mobilité du quotidien. Celle-ci a servi de base pour sélectionner les candidats à la première édition des prix « French Mobility ».

Une carte des innovations

Tous les territoires y sont représentés, des métropoles aux zones rurales. Certes, « trois quarts des projets couvrent des territoires périurbains, a concédé David Caubel, directeur de projets politiques et projets de transports durables au Cerema. Mais l’on est bien sur du multi territoires, avec notamment un quart des projets en montagne. » De même, « les innovations sont multiformes, a-t-il ajouté. Elles sont scientifiques pour deux tiers des projets, mais les questions d’organisation et de gouvernance sont aussi porteuses d’innovation. » Enfin, un tiers des projets sont portés par des collectivités territoriales, tandis que les deux tiers restants sont l’œuvre d’entreprises, dont deux tiers de start-ups et un tiers de grands groupes.

Récompenser des solutions ancrées dans des territoires

Pour faire partie de la carte, les projets ont été sélectionnés selon une matrice mise en place par le Cerema. « La grille de notation était basée sur plusieurs critères : le caractère innovant du projet, son lien avec la politique publique du ministère, ses possibilités d’essaimage ; sa maturité, son ancrage territorial et enfin sa robustesse », a expliqué Jean-Marc Zulesi, député des Bouches-du-Rhône, président des Ateliers de l’innovation et président du jury des prix French Mobility. Parmi tous les projets référencés par la carte, le Cerema a proposé au jury deux à trois propositions pour chacune des catégories du prix.

Au total, 13 solutions innovantes de mobilité ancrées sur des territoires français ont été récompensées. Les gagnants ont remporté le label French mobilité, ainsi que la possibilité d’expérimenter sur les territoires et d’être incubé dans l’un des incubateurs partenaires (Tuba, GreenTech Verte, Rolling Lab, TheCamp, Moove Lab). Le vélo était à l’honneur, avec pas moins de trois solutions récompensées ; de même que les projets portés par des territoires.

Simplifier l’expérimentation des nouvelles mobilités

À cette occasion, Élisabeth Borne a également annoncé le lancement d’un appel à manifestations d’intérêt sur le site de l’Ademe. Baptisé « French Mobility – Territoires d’expérimentation de nouvelles mobilités durable », il répond à la demande exprimée par plusieurs territoires lors des Assises de la mobilité de pouvoir expérimenter les nouvelles mobilités.

En parallèle, la ministre a lancé un appel à simplification : « Nous devons travailler sur la capitalisation des expérimentations, savoir ce qui se fait ailleurs et reporter les solutions intelligentes qu’on peut développer. Il faut que les agents du ministère qui travaillent dans le transport connaissent les acteurs innovants, et que nous adaptions les cadres réglementaires », a-t-elle conclu.

Les lauréats par catégorie

  • Prix spécial : la start-up Citiz Alpes-Loire pour sa solution d’autopartage en milieu rural « Ma chère auto » ;

Prix spécial pour « Ma chère auto »

Prix French Mobility Citiz
@Min_Ecologie

Parmi les projets impliquant des flottes, le réseau d’autopartage Citiz Alpes-Loire a reçu un prix spécial du jury pour sa solution « Ma chère auto » déployée dans trois parcs naturels régionaux et qui propose aux particuliers, aux collectivités et aux entreprises de louer leur véhicule lorsqu’ils ne l’utilisent pas.

« Nous sommes en test avec 25 entreprises dont principalement deux grandes qui partagent leur flotte pour réduire les places de parking et pousser les salariés à venir travailler en covoiturage, en vélo ou en transports en commun, tout en ayant toujours une voiture si besoin. En effet, les voitures en autopartage sont des garanties de retour, contrairement au covoiturage », a commenté Martin Lesage, Directeur de Citiz Alpes-Loire. En 18 mois d’existence, la solution compte déjà 80 voitures partagées.

  • Mobilités actives : l’association Choisir le vélo pour son système de location de vélos issus de récupération en déchetteries ;

Des VAE reconditionnés pour les plans de déplacements

Prix French Mobility Choisir le velo
@Min_Ecologie

L’association « Choisir le vélo » a quant à elle remporté un prix dans la catégorie « mobilités actives » pour son système de location de vélos issus de récupération en déchetteries et reconditionnés par des personnes en situation de handicap. « Nous avons déjà démarré dans le cadre du plan de déplacements inter-entreprises (PDIE) : nous animons régulièrement des ateliers vélos au sein des entreprises du PDIE, et nous faisons du repérage d’itinéraire pour leurs salariés ainsi que du compagnonnage », a commenté Geneviève Fontaine, administratrice de l’association.

Prochaine étape : louer des VAE et offrir des prestations de maintenance à ces entreprises. « L’objectif est de rendre les VAE accessibles au plus grand nombre, y compris aux collectivités, nous a expliqué Geneviève Fontaine. Beaucoup de villes réfléchissent à la mise en place de flottes de vélos électriques. En particulier, il y a une forte demande dans la métropole de Sophia-Antipolis où les gens ne veulent plus perdre de temps dans les embouteillages. Cependant, il n’y a pas de solutions d’entretien et de maintenance locales, ni de développement des compétences de la population locale. Nous sommes actuellement en R&D pour reconditionner les vélos avec des kits à assistance électrique. Le fablab est au même endroit que l’atelier vélo, ce qui permet de fabriquer directement les pièces dont nous avons besoin. »

  • Mobilités partagées : la coopérative Scity.coop pour son système de Chèque covoiturage ;

Le chèque covoiturage pour les entreprises

Prix French Mobility Scitycoop
(c) @Min_Ecologie

Enfin, la société coopérative Scity.coop a été récompensée pour son projet de « chèque covoiturage ». Pour inciter les salariés à covoiturer, la société propose à leurs employeurs de financer les trajets domicile-travail sur le modèle du chèque déjeuner. « Par exemple, l’employeur donne un crédit maximum de 20 euros en chèque covoiturage, mais il ne paiera que les déplacements réellement effectués », a expliqué Arnaud Delcasse, cofondateur de Scity.coop.

Basé sur la technologie blockchain, le système a été expérimenté en région PACA où la start-up a offert 200 km de covoiturage aux salariés de plusieurs entreprises de l’économie sociale et solidaire. Pour l’instant, le dispositif ne fonctionne qu’avec la plateforme de covoiturage proposée par la société,  RidyGo, mais il sera ouvert à terme à l’ensemble des plateformes de covoiturage qui le souhaiteront. Pour les conducteurs qui utilisent leur véhicule d’entreprise pour covoiturer, les gains sont reversés à l’entreprise.

« Aujourd’hui, la problématique est de faire en sorte que les employés ne paient pas de cotisations sociales sur le chèque covoiturage, a pointé Arnaud Delcasse. Nous espérons que cela va se démocratiser avec la future loi d’orientation des mobilités. Énormément d’entreprises nous disent que le jour où la défiscalisation sera effective, elles financeront le chèque covoiturage. »

  • Plateforme et services numériques : l’Eurométropole de Strasbourg pour sa plateforme Optimix destinée à aider entreprises, collectivités et associations à mettre en place un PDE (voir notre brève) ;
  • Mobilité occasionnelle : la start-up Lyko pour son réseau de lignes régulières de covoiturage dédiées aux liaisons aéroportuaires ;
  • Territoires peu denses : le Parc naturel régional des Grandes Causses pour sa politique de management de la mobilité en milieu rural ;
  • Accessibilité : Aurizone pour son application GPS d’intérieur à destination des personnes malvoyantes ;
  • Mobilité des nouvelles générations : le groupe Transdev et la start-up Groupeer pour la solution Car@sol qui permet de vérifier les montées et les descentes des enfants dans les bus ;
  • Mobilité des seniors : l’association Maison de la voie verte pour son action « Cheveux au vent » qui propose des balades en vélo-taxi aux personnes âgées ;
  • Transport et marchandises : la coopérative de livraison écologique urbaine Applicolis ;
  • Mobilité solidaire : les ateliers vélo solidaires SoliCycle ;
  • Approches multimodales : le Système intégré des services à la mobilité dans l’Oise (Sismo) ;
  • Prix coup de cœur : l’association Janus France pour son projet « Balades à vélo à tout âge », des promenades en triporteurs pour lutter contre l’isolement des personnes âgées.
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