Recharge rapide intelligente : un démonstrateur de 150 kW à Lille

Mené par le laboratoire L2EP d’Arts et Métiers et le fabricant de bornes DBT-CEV, le projet B2RI étudie les impacts techniques, économiques et environnementaux de la recharge rapide sur la consommation des bâtiments, grâce à un démonstrateur de 150 kW installé à Lille.
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projet B2RI
© Arts et Métiers Sciences et Technologies

Lancé en septembre 2019, le projet B2RI (pour borne de recharge rapide intelligente) est réalisé par le laboratoire d’électrotechnique et d’électronique de puissance (L2EP) d’Arts et Métiers de Lille, en partenariat avec le fabricant français de bornes de recharge pour véhicules électriques DBT-CEV et la région Hauts-de-France.

Le projet étudie les impacts techniques, économiques et environnementaux de la recharge rapide des véhicules électriques sur la consommation des bâtiments. Pour cela, le partenaires ont construit un démonstrateur à l’échelle 1 sur le parking du campus d’Arts et Métiers à Lille, mis en service en mars 2020. Il permet de tester en conditions réelles la recharge en 20 à 30 minutes de véhicules équipés de batteries d’une puissance de 150 kW, en lien avec la consommation du bâtiment.

Projet B2RI : des objectifs économiques et environnementaux

L’objectif est, d’une part, d’optimiser le temps et la puissance de charge de la borne en accord avec les activités du bâtiment afin de limiter le coût de la facture mensuelle ; et, d’autre part, de choisir quand se charger pour baisser l’impact sur l’environnement grâce à la production photovoltaïque du site. « Nous pouvons piloter chacune des trois prises de charge de la borne DBT selon les priorités fixées », explique Thomas Roillet, ingénieur d’étude au sein du L2EP.

Un an après le lancement, les ingénieurs ont réalisé des tests sur une dizaine de modèles, dont la Renault Zoé, la Nissan Leaf, la Volkswagen e-Golf, le Peugeot 3008 Hybrid et la BMW i3. Grâce à ces essais, « nous allons pouvoir créer une base de données réelles de recharge des véhicules, se félicite Thomas Roillet. Nous allons ainsi améliorer nos modèles de la recharge en lien avec les caractéristiques du réseau électrique du bâtiment. »

De plus, « le démonstrateur doit permettre à notre partenaire industriel, DBT, de caractériser le comportement de ces bornes en forte puissance et d’optimiser leur utilisation pour pouvoir proposer de nouveaux services à ses clients », complète Daniel Marin, ingénieur de recherche au sein du L2EP.

Une modélisation de la recharge rapide finalisée début 2021

La dernière phase du projet vise ainsi à obtenir « une modélisation de la recharge rapide en lien avec le bâtiment et les scénarios associés, qui seront finalisés début 2021 », annonce Thomas Roillet.

En parallèle, le laboratoire L2EP poursuit ses travaux de recherche et développement sur la recharge des véhicules électriques. À titre d’exemple, « le projet Groupée 4.0 traite la recharge d’une voiture en autopartage et un concept vehicle-to-grid sera expérimenté en taille réelle », illustre Daniel Marin. Le laboratoire est aussi en contact avec une métropole souhaitant utiliser la recharge rapide pour les transports et avec des laboratoires internationaux en vue de participer à un projet européen.