Prolongation des contrats de location de longue durée (LLD) : quel impact sur le TCO ?

Prolonger la durée des contrats est-elle une bonne ou une mauvaise chose pour le TCO ? Si certains loueurs répondent par l’affirmative, d’autres ont un avis plus nuancé et rappellent que cette solution n’est pas valable à tous les coups. Le point sur leurs arguments. . .

- Magazine N°149
4145

Des conséquences écologiques néfastes

Faut-il ou non prolonger la durée des contrats de longue durée lorsqu’ils arrivent à échéance ? La question se pose aujourd’hui avec acuité puisque les loueurs longue durée, confrontés à l’effondrement du marché de l’occasion et à la dégradation des valeurs résiduelles, préconisent à leurs clients de conserver leurs véhicules anciens lorsque leurs contrats arrivent à échéance, plutôt que de prendre un nouveau modèle.

Xavier Bénard, responsable d’Aon Auto services ne mâche pas ses mots sur cette question. « Comment se fait-il que les loueurs aient changé de modèles tous en même temps, en pleine crise ? Ils ont vanté pendant des années les mérites des contrats à 36 mois pour 100 000 km. Comment peuvent-ils justifier aujourd’hui leur modèle sur des durées à 60 mois. Prolonger les contrats, c’est tout simplement aller contre la protection de l’environnement car si l’on conserve des voitures plus longtemps en parc, on ne profite pas des nouvelles motorisations, nettement moins polluantes sur le plan des émissions de CO2. »

Et d’ajouter, « les loueurs longue durée vont pouvoir expliquer à leurs clients que leurs loyers restent stables alors que les conditions de financement se sont durcies, mais que vaudra la valeur résiduelle de leur véhicule dans quelques mois, avec encore plus de kilomètres au compteur ? On rallonge les contrats pour ne pas renchérir les loyers mais on déplace le problème de la valeur résiduelle dans le temps, on ne le règle pas. Aujourd’hui dans le contexte économique actuel, l’achat de son parc auto peut clairement être une solution plus rentable. »

Une solution économiquement viable

Naturellement les loueurs longue durée ne partagent pas ce point de vue. « En prolongeant la durée des contrats de nos clients nous préservons leur risque financier et diminuons d’environ 25% leurs loyers. En cela, nous contribuons à optimiser leur désendettement », insiste Steven Blanchard chez LeasePlan. Jean-Loup Savigny pour Arval renchérit : « nous avons mis en avant l’allongement des contrats pour sécuriser les budgets automobiles de nos clients, voire les améliorer. Cela joue en faveur de leur TCO. Sinon, il aurait fallu passer des augmentations de loyers de 15 à 20 %. »

Les équipes d’audit stratégique de GE Capital Solutions, Key Solutions, ont calculé que la prolongation des contrats à 60 mois pouvait générer jusqu’à 25% d’économies sur le budget mensuel.

« Sur un parc moyen européen, le coût mensuel d’une location en full service (excluant la TVA et le carburant) passe de 600 euros pour 36 mois à 550 euros pour 48 mois et à 430 euros pour 60 mois. Les économies réalisées peuvent atteindre jusqu’à 25 % si la location est prolongée de trois à cinq ans », explique Antoine Hug de Larauze, tandis que Thomas Zink, directeur marketing précise que « la prolongation de contrats diffère dans le temps la souscription d’un nouveau contrat, et permet de maîtriser les budgets. »

Quid toutefois du vieillissement des véhicules et de leur fiabilité au-delà d’un certain kilométrage ? « La voiture du 21e siècle est fiable : on peut s’attendre à peu de problèmes importants sur une location de 60 mois. Un véhicule moderne peut facilement parcourir 160 000 kilomètres sous réserve d’être bien entretenu », affirme Thomas Zink.

Un choix au cas par cas

Chez ALD Automotive, le jugement est plus mitigé sur l’intérêt de prolonger les contrats des clients qui arrivent à échéance. « Il faut faire du cas par cas. La prolongation n’est pas valable à tous les coups et il n’y a pas de vérité universelle, reconnaît ainsi Jean-François Chanal. Si vous êtes sur un contrat de 36 mois avec 150 000 kilomètres au compteur, vous entrez dans une zone à risques et il faut changer le véhicule. En revanche si vous êtes sur 36 mois et 80 000 kilomètres, il ne faut pas le rendre. »

Jean-Loup Savigny chez Arval est lui aussi attentif aux zones à risques. « Il faut faire attention aux véhicules au-delà de 160 000 km. Et lorsque le client est dans l’obligation de renouveler son modèle, nous l’incitons par exemple à aller vers des séries limitées avec options gratuites, ou à souscrire pour ses collaborateurs des systèmes de navigation GPS qui optimisent de 10 % les économies sur le poste carburant et sur le temps de conduite. »

PARTAGER SUR