Prolongation des contrats : Quel impact sur le TCO ?

Confrontés à la chute du marché de l’occasion, les loueurs longue durée ont généralisé l’année dernière la prolongation des durées des contrats de leurs clients, plutôt que de renouveler leurs modèles lorsque ces derniers arrivaient à échéance.

- Magazine N°159
471
Prolongation des contrats : Quel impact sur le TCO ?

A court terme, cette stratégie a conduit à baisser la charge financière des loyers qui n’ont pas été revus à la hausse. « Si les clients avaient rendu leurs véhicules à l’échéance normale, ils auraient encaissé une hausse totale de 20 % de leurs loyers. En les conservant, ils l’ont contournée et ont même réalisé des économies de l’ordre de 5 % », insiste Jean-Loup Savigny, d’Arval France. Aujourd’hui, ajoute-t-il, « ce sont les clients qui nous demandent ces prolongements. Ils ont compris l’intérêt de cette stratégie et nous sommes à des durées moyennes de 41 mois ».

Mais il est maintenant temps de tirer les conclusions à long terme de cette politique d’allongement des contrats et de voir notamment l’impact sur les coûts d’entretien de véhicules plus fortement kilométrés. « Nous allons peut-être nous apercevoir que la barre des 100 000 km a été bénéfique ou que, au contraire, elle a entraîné une hausse de certains postes », prévient Laurent Corbellini, d’ALD Automotive. Comme le rappelle un professionnel du secteur, il faudra davantage prendre en compte les lois de roulage des clients et faire du cas par cas : changer une courroie de distribution à 100 000 km aura du sens si le véhicule est poussé à 150 000 km ; s’il est changé à 110 000 km, l’opération est moins valable. « Nous avons plutôt tendance à déconseiller des prolongations audelà de 120 000 km. Le fait d’avoir rallongé les durées, de cinq à six mois en moyenne, évite les surcoûts liés à la révision des 120 000 km », explique Jean-Loup Savigny.

Chez GE Capital, les contrats ont été prolongés de huit mois en moyenne. « Toutefois, au-delà de 160 000 km, nous ne prolongeons plus », souligne Pascal Vanbeversluys. Un calcul réalisé sur la prolongation de 648 contrats de véhicules haut de gamme a permis au loueur de dégager 975 000 euros d’économies pour ses clients.

Comme le résume bien Régis Masera d’Arval Consulting, « nous avons trouvé un équilibre entre la courbe des loyers qui aurait été exponentielle sans la prolongation des contrats, et celle des coûts de maintenance qui aurait pu aussi exploser en appliquant uniformément cette prolongation sans tenir compte des habitudes de roulage des clients. Ainsi, pour les très gros rouleurs, les prolongations n’ont porté que sur quelques mois ».  

PARTAGER SUR