PSA fait du 5,8 l/100 km en moyenne

Alors que le cycle d’essai WLTP vient d’entrer en vigueur, le Groupe PSA joue les bons élèves et fournit de nouvelles données sur les consommations réelles de ses véhicules, et bientôt sur leurs émissions de NOx.

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PSA consommation reelle

Fin 2015, le Groupe PSA annonçait son intention de calculer les consommations en conditions réelles de ses véhicules, en mettant au point un protocole de mesure avec l’ONG européenne Transport & Environment. Les premiers tests, réalisés au printemps 2016, avaient permis de dévoiler les consommations de trois modèles.

Le protocole avait ensuite été mis à jour fin 2016 en collaboration avec le spécialiste de la certification Bureau Veritas et la fédération d’associations France Nature Environnement (voir notre brève). S’inspirant de la future norme européenne RDE (Real Driving Emissions), les mesures sont réalisées au moyen d’un équipement portable installé directement sur le véhicule (PEMS). En mars dernier, à l’occasion du salon de Genève, les données avaient été publiées sur les sites des marques Peugeot, Citroën et DS dans 12 pays européens.

Une marge d’erreur de 3 %

Aujourd’hui, les partenaires reviennent sur les enseignements de 18 mois de tests et 40 000 km parcourus sur route. 60 modèles VP et VUL ont été soumis au protocole de mesure, soit environ 80 % des véhicules des marques Peugeot, Citroën et DS. Chaque modèle a été testé en plusieurs versions (silhouette, finition, taille des pneumatiques), mais avec le même moteur et la même boîte de vitesses.

Les résultats obtenus ont ensuite été comparés aux données de consommation recueillies par les ordinateurs de bord des véhicules, ainsi qu’aux chiffres communiqués par les conducteurs sur des bases de données publiques. Bilan : la marge d’erreur est de plus ou moins 0,3 l/100 km (3 %), pour une consommation moyenne de 5,8 l/100 km.

En comparaison, les consommations communiquées par le constructeur, homologuées selon l’ancienne norme NEDC, présentent un écart moyen de 1,74 l/100 km avec celles mesurées en conditions réelles. Ainsi, l’écart PEMS/NEDC est de 1,2 l/100 km pour une 208 diesel et de 2,7 l/100 km pour un 3008 essence. De plus, l’écart s’accentue en ville et plus particulièrement pour le diesel avec une différence de 2,4 l/100 km (53 %), tandis qu’elle est de 2,5 l/100 km pour l’essence (42 %).

Des mesures plus fiables mais pas encore indépendantes

« Ces tests en conditions réelles montrent qu’il est parfaitement possible de recueillir des chiffres d’émissions de CO2 et de consommation de carburant pratiquement identiques à ceux que constatent les automobilistes sur la route, a commenté Greg Archer, directeur clean vehicles de Transport & Environment. Mais ces tests ne sont qu’un aspect de la solution au scandale de la fraude aux émissions. Les décisions de l’Union européenne sur l’homologation des voitures proposées à la vente (qui homologue et comment ?) seront essentielles si l’on veut un système d’essais et d’homologation rigoureux et indépendant. »

Si les résultats ne font que confirmer une information déjà connue, ils apportent toutefois un éclairage intéressant sur les véhicules du constructeur. Tout d’abord, ils confirment également la fiabilité des données affichées par les ordinateurs de bord. Ensuite, ils précisent les différences de consommation entre diesel et essence, et entre boîte manuelle et automatique. Chez PSA, l’écart entre diesel et essence est de 1,5 l/100 km, tandis que la boîte manuelle « consomme » 0,4 l/100 km de moins que la boîte automatique.

Depuis cet été, les mesures ont été étendues aux émissions de NOx, dont les résultats seront livrés d’ici la fin de l’année.

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