Quelles solutions de financement pour les artisans ?

Elément central de la gestion d’un véhicule d’entreprise ou d’une flotte automobile : le financement implique des choix s’inscrivant dans la stratégie de chacun. L’investissement, qui pèse d’autant plus lourd que l’entreprise est de taille modeste, ne peut être traité marginalement. Voici les pistes à suivre pour une approche gagnante de cette question centrale.

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Location avec option d’achat (LOA), location longue durée (LLD) paiement comptant ou crédit traditionnel : les solutions, dans leur diversité, ne sont pas toujours aussi connues qu’on l’imagine d’autant qu’il n’existe pas de recette miracle et universelle. Chaque entreprise – quelle qu’en soit la taille – est confrontée à sa propre problématique professionnelle tempérée par les objectifs de son dirigeant en termes de résultats. Les moyens mis en œuvre, à commencer par les véhicules, sont constamment le reflet de cas particuliers. C’est pourquoi les chefs d’entreprises artisanales se doivent de trouver le juste équilibre entre besoins, perspectives et capacités de financement de leurs structures respectives. Un fois posé le cadre économique au coeur duquel chaque artisan évolue, il convient d’examiner les meilleures options.

Le parc des TPE et des artisans-commerçants roulant à des fins professionnelles : 4 millions

En France, le parc des TPE et des artisans-commerçants roulant à des fins professionnelles oscillerait entre 3,5 et 4 millions de véhicules. Une manne convoitée par le secteur de la LLD. Son taux de pénétration dans les flottes de 1 à 5 véhicules n’excédant pas 15 %.

L’achat au comptant

L’achat au comptant : a priori simple, cette formule entraîne quelques conséquences notables dans le mode de fonctionnement et dans la gestion de l’entreprise. D’une part, elle a pour effet de réduire l’autonomie financière de l’artisan qui a pour souci d’investir prioritairement dans ses équipements productifs et ses locaux professionnels. Cette option peut mettre en péril une trésorerie et un bilan parfois juste à l’équilibre ou même déjà déficitaires. L’entretien du véhicule et ses pannes inévitables alourdissent le fonctionnement dans un contexte économique où la prise de risque doit être bien réelle mais pas inconsidérée. Au plan comptable, l’amortissement passe en charges d’exploitation. Au bilan, le ou les véhicules apparaissent en immobilisation dans la colonne «actifs». Bien sûr, dans ce cas, (comme dans le suivant) la TVA est récupérée et la taxe sur les véhicules de société ne s’applique pas.

Le crédit traditionnel

Ce choix, courant dans le monde de la consommation quotidienne aussi bien que dans celui de l’activité professionnelle, estil efficace lors d’une acquisition de véhicules ? Son avantage réside évidemment, du point de vue comptable, dans le fait qu’il permet des sorties d’argent étalées. Mais un crédit est aussi un emprunt et donc : une dette dont il est nécessaire de mesurer l’intérêt pour l’entreprise. Une telle approche s’explique par la volonté de l’artisan d’être effectivement propriétaire de son bien (comme lors d’un achat au comptant) sans pour autant utiliser une part importante de la trésorerie disponible. Toutefois, le crédit toujours dû (intérêts et remboursement de la valeur du véhicule) risque de peser sur le développement de l’activité professionnelle.

La LOA

Autrement connue son le nom de «crédit-bail», ce système de financement a fait ses preuves depuis longtemps et s’adosse à des sociétés de financement spécialisées. Dans les grandes lignes, rappelons que le mécanisme de la location avec option d’achat est le suivant : vous louez un véhicule et, au final, une fois que la période de location prévue au contrat est achevée, il vous est possible de l’acquérir pour un tarif fixé au début de l’opération. La location avec option d’achat apparaît dans les charges déductibles. Elle libère l’artisan d’une dépense trop lourde comme dans le cas d’un achat au comptant ou d’un plan de financement serré tel que le crédit traditionnel précédemment évoqué. Si l’artisan décide de ne pas acquérir le véhicule en fin de contrat de location, il peut alors renouveler ce dispositif, repartant à zéro avec un véhicule neuf peut-être plus en phase avec ses besoins évolutifs.Autre solution : jouer sur les deux tableaux d’abord en payant la valeur résiduelle du véhicule loué afin de le conserver en pleine propriété et, dans le même temps, étoffer la flotte avec une nouvelle LOA, en toute souplesse et sans obérer l’avenir.A savoir : le crédit- bail n’est pas considéré comme une dette. Le crédit-bail figure nécessairement en tant que tel dans les comptes, dans une rubrique qui lui est spécialement dédiée.

La LLD

Il s’agit d’un contrat de location sur plusieurs années, variable selon sa durée, le kilométrage prévu et avec un ensemble de services complets comprenant l’assistance ou le remplacement du véhicule en cas de panne, le suivi des pneumatiques, l’entretien et l’ assurance, par exemple. La location longue durée est inscrite dans les comptes en charges d’exploitation déductibles. Dans le cas présent comme dans le précédent, cette dépense n’intervient pas au titre des dettes dans le bilan. Des déductions fiscales (loyers et TVA) sont possibles dans ce cadre. L’analyse des différents paramètres (durée, kilométrages, coûts réels) tend à démonter que la LLD est réellement intéressante plus l’utilisation du véhicule est intensive. En clair, plus vous ferez de kilomètres dans la durée impartie par le contrat et plus l’affaire sera attractive d’autant que les services qui y sont attachés permettent au locataire de disposer, ainsi, d’un équipement de qualité stable sur la durée. Les services associés jouent ici un rôle central et contribuent aux performances de l’artisan.

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