Radars automatiques : les flashs et les contraventions en forte hausse en 2016

La Sécurité routière a publié les chiffres 2016 du contrôle des radars automatiques. Bilan : les flashs ont augmenté de 26,3 % et les contraventions de 20,6 % par rapport à 2015.

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radar automatique

Cette hausse s’explique par l’augmentation du nombre d’appareils mis en service. Ainsi, la sécurité routière a installé 181 radars autonomes (ou radars de chantier) et 124 radars mobiles supplémentaires, sans compter les 400 radars fixes qui fonctionnent désormais en double sens. En tout, 25,6 millions de flashs ont été comptabilisés en 2016.

16 millions de contraventions en 2016

62,5 % des flashs ont donné lieu à l’envoi d’une contravention, un chiffre en augmentation, « preuve d’une meilleure efficacité du système » selon la Sécurité routière. En effet, si la plaque est illisible ou la photo de qualité insuffisante, aucun courrier ne sera envoyé au conducteur.

Au total, 16,05 millions d’avis de contravention ont été envoyés en 2016, soit + 20,6 % comparé à 2015 (13,3 millions). Cette hausse s’explique également par la mise en place d’échanges transfrontaliers d’information avec l’Espagne, la Roumanie et la Pologne courant 2015, puis l’Italie début 2016. Une nouvelle hausse est à attendre en 2017 après les accords passés avec la Hongrie, la Slovaquie et la République Tchèque, qui portent à 12 le nombre de pays échangeant les données des infractions avec la France. 14,7 % des contraventions ont en effet été transmises à l’étranger.

Le taux de contestation des amendes est cependant resté stable, tant pour les excès de vitesse (1,4 %) que les infractions aux feux rouges (3,6 %).

Radars fixes : les conducteurs trichent

Les excès de vitesse de plus de 20 km/h ont représenté 6 % des infractions relevées. Ce pourcentage monte à 6,6 % pour les radars autonomes et jusqu’à 7,5 % pour les radars embarqués et les voitures-radars, alors qu’il est de 5,9 % pour les radars fixes. Le radar ayant le plus flashé en 2016 est d’ailleurs un radar autonome déplacé 5 fois le long du chantier de doublement de l’autoroute A9 (411 352 flashs). Le radar fixe le plus actif, situé sur l’A9 direction Béziers, n’a en comparaison flashé que 159 520 véhicules.

Pour la Sécurité routière, « cette nette différence de pourcentage entre contrôles fixes et aléatoires témoigne du comportement inapproprié de certains usagers qui freinent avant un panneau de radar fixe et accélèrent après avoir dépassé le boîtier de contrôle. » À l’inverse, les radars de feux rouges ont fait leurs preuves, avec une baisse de 3,1 % des infractions relevées, démontrant une amélioration du comportement des conducteurs.

920 millions d’euros de recettes

Au bilan, le contrôle automatisé a généré 920 millions d’euros de recettes en 2016, soit + 18,5 % par rapport à 2015 dont 43,2 % issus de l’étranger. Cette somme a été affectée à un compte spécial « contrôle de la circulation et du stationnement routier ». La Sécurité routière insiste cependant sur le fait que « l’objectif n’est pas de générer des amendes mais de susciter des comportements vertueux ». Elle en veut pour preuve le maintien de radars qui flashent moins de 100 fois par an, comme celui de la RD922 (Bort les Orgues vers Clermont-Ferrand) qui n’a flashé que 4 véhicules en 2016 ; mais aussi les 3,4 milliards dépensés par l’État chaque année en prévention routière.

Pour assurer la transparence quant à l’usage des fonds récoltés, le ministère de l’Intérieur publiera un rapport en annexe au projet de loi de finances 2018 qui sera présenté au Parlement en octobre 2017.

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