Rapport de l’OCDE : des émissions de particules « hors échappement » à limiter

Selon un rapport de l’OCDE, des mesures doivent être prises pour réduire les émissions de particules « hors échappement » qui pourraient atteindre environ 1,3 million de tonnes en 2030, d’après ses estimations.
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OCDE émissions particules
Photo d'illustration (C) OCDE

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a publié un rapport sur les émissions de particules provenant du transport routier, le 7 décembre 2020. Selon cette organisation internationale, les émissions de particules en suspension dans l’air (PM) « hors échappement » – notamment liées à l’usure des freins, des pneus ou des chaussées – sont sous-estimées. Or, elles pourraient devenir en 2030 la première source d’émissions atmosphériques de particules liées au trafic routier, devant les gaz d’échappement.

Explications. Avec le déploiement des véhicules électriques (VE), la quantité de particules rejetées par gaz d’échappement est amenée à diminuer. La majorité des émissions particulaires imputables à la circulation routière pourrait ainsi provenir des sources hors échappement dès 2035.

À noter que le volume de ces particules émises dépendrait de différents facteurs : le poids du véhicule, le mode de conduite, la composition des freins, des pneus et des chaussées, ainsi que la quantité de poussières présentes sur la surface de la route.

Des véhicules électriques pas si « propres »

Selon les calculs de l’OCDE, les véhicules légers électriques d’une autonomie d’environ 161 km rejettent 18 à 19 % de PM10 (particules d’un diamètre inférieur à 10 µm) et 11 à 13 % de PM2,5 (≤ 2,5 µm) de moins que les véhicules thermiques de même catégorie. En revanche, lorsque les VE sont équipés de batteries plus lourdes, leur permettant de rouler de 483 km en une recharge, l’OCDE a estimé que les émissions de PM10 et de PM2,5 seraient plus élevées de 4 à 7 % et de 3 à 8 %, par rapport aux véhicules classiques.

Pour appuyer ses propos, l’OCDE a établi deux scénarios pour 2030. L’un où les véhicules électriques représentent 4 % du parc et l’autre 8 %. Dans le premier cas (4 % de VE), les émissions de PM dues au gaz d’échappement baisseraient de 0,3 % par rapport aux niveaux actuels. Et les émissions de PM (PM2,5 et PM10 combinées) hors échappement passeraient à 1,3 million de tonnes dans le monde en 2030 (contre 0,85 million de tonnes aujourd’hui), soit + 53,5 % par rapport à 2017.

Dans le cas où le pourcentage de VE atteindrait 8 %, les émissions liées au gaz d’échappement seraient réduites de 0,8 %. Cependant, « l’impact serait très marginal pour les émissions de PM hors échappement », a commenté l’OCDE. En effet, ces types d’émissions particulaires atteindraient 1,29 million de tonnes, soit une croissance de 52,4 % d’ici 2030.

Quelles solutions selon l’OCDE ?

Toutes ces particules fines sont « responsables de maladies respiratoires et cardiovasculaires chroniques », a rappelé l’OCDE. Si les émissions particulaires liées aux gaz d’échappement sont réglementées, aucune norme n’existe concernant celles « hors échappement ». L’organisme a donc souligné la nécessité « de normaliser les mesures de ces types de particules et comprendre pourquoi des facteurs comme les caractéristiques des véhicules influencent la quantité de particules rejetées. »

Selon les conclusions du rapport, les VE ne devraient donc pas être exonérés des taxes destinées à réduire la pollution. Ainsi, les réglementations ciblant la circulation routière devraient prendre en compte les émissions de particules d’échappement et hors échappement de tous les véhicules, en fonction de leurs caractéristiques. De plus, l’OCDE encourage les décideurs à privilégier des mesures pour limiter les déplacements des véhicules motorisés en zones urbaines au profit des transports collectifs, de la marche et du vélo.

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