RCI Banque annonce des résultats contrastés

RCI banque vient d’annoncer ses résultats pour 2006. Malgré des performances commerciales en demi-teinte, le résultat net avant impôt progresse. Et l’offensive à l’international se poursuit.

- Magazine N°126
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« 2006 est pour nous une année contrastée ». Philippe Gamba, PDG de RCI Banque, présente ainsi le bilan de l’année écoulée. L’an dernier, le groupe a produit 946 036 nouveaux dossiers, un résultat qui marque un recul de 9 % par rapport à 2005. Hors Europe occidentale, ce sont 116 480 nouveaux dossiers qui ont été produits. « Hors Europe, nous ne sommes pas assez présents, explique Philippe Gamba. Ce retard nous a pénalisé. » Les volumes de financements de véhicules neufs sont de 736 826 dont 60 % pour le grand public,30 % pour les entreprises et 10 % pour les réseaux. Le nombre de véhicules d’occasion financés est de 209 210. La performance commerciale est de 34,9 % sur les ventes Renault,28,5 % sur les ventes Nissan,29,5 % sur les ventes Dacia et 12,8 % sur les ventes Renault Samsung Motor.

Le résultat net avant impôts du groupe RCI Banque s’établit à 491 millions d’euros, soit une augmentation de 7,4 % sur 2005. Le ROE est de 15,1 % hors éléments non récurrents pour 15,5 en 2005. « Nous sommes au-dessus de nos objectifs, nous avions fixé 12 % et désormais la norme est de 14 % », précise Philippe Gamba. Cette amélioration résulte d’une croissance du produit net bancaire, qui, lui-même, est le résultat d’une hausse de l’encours productif moyen. Ce dernier est de 23,1 milliards pour 22,9 milliards en 2005 et les nouveaux financements ont reculé de 6 % à 9,7 milliards d’euros. « Stabilisé, l’encours est un bon amortisseur », se félicite Philippe Gamba. La progression du résultat consolidé avant impôt résulte aussi de la croissance de la marge sur les services (0,72 % de l’encours productif moyen contre 0,59 % en 2005), de la baisse du coût du risque à 0,61 % contre 0,72 % en 2005 et de la maîtrise des frais de fonctionnement malgré le développement du champ des activités internationales.

Le poids des entreprises

Le segment des entreprises contribue à hauteur de 40 % aux résultats de la banque du constructeur. « Notre point fort vient du marché des véhicules utilitaires, précise Philippe Gamba. La part des financements est plus importante que pour les autres types de véhicules. » Le parc entreprise financé s’établit à 402 000 unités contre 414 000 en 2005. Le parc géré sans financement s’est élevé à 61 000 en 2006 contre 65 000 en 2005. Enfin, RCI banque a conclu 16 000 contrats autonomes, soit la même performance qu’en 2005. Au total, le parc entreprises du groupe RCI banque s’est établi à 479 000 en 2006 contre 495 000 en 2005. Par ailleurs, en 2006, RCI banque a financé 187 499 modèles Renault,22 440 Nissan et quelque 10 354 Dacia pour le compte des entreprises.

« En France, se félicite Philippe Gamba, nous avons le leadership en matière de location longue durée et nous allons le consolider. Dans les autres pays, nous intervenons au cas par cas. Nous avons des accords avec Arval et ALD, notamment sur la Hollande avec ce dernier. »

Depuis la volonté de limiter les ventes aux loueurs de courte durée affichée par Renault, RCI Banque observe-t-elle déjà une amélioration des valeurs résiduelles ? « Si on regarde les chiffres, la Clio 3 est à 6 points au-dessus de l’ancienne Clio, constate Philippe Gamba. De moins en moins de Clio rentrent sur le marché VO après 6 mois, d’où un niveau des stocks qui a baissé. L’assainissement de la politique commerciale va assainir le marché de l’occasion. Ne pas brader la marque implique des valeurs résiduelles plus saines. Ce phénomène va trouver ses effets dans le futur. Mais nous prenons un minimum de risque sur les valeurs résiduelles dans nos comptes. Ce risque pèse davantage sur le constructeur et le réseau. »

Les ventes en baisse

Dans un contexte automobile que RCI Banque qualifie de difficile, le groupe maintient un niveau satisfaisant de pénétration à 32,4 % sur le marché mondial alors que le taux de pénétration en Europe Occidentale s’élève à 34 %. « Les résultats commerciaux sont en demi-teinte, commente Philippe Gamba. Les volumes de Renault et Nissan ont chuté de près de 10 %. »

L’année 2006 a permis au groupe de continuer l’accélération de son développement à l’international. « Il est plus facile de créer une usine ou un réseau que d’implanter une banque », note Philippe Gamba. Reste que 2006 a été l’année du lancement réussi de RCI Financial Services Korea, filiale à 100 % en Corée du Sud. « 150 000 véhicules devraient être vendus à terme dans ce pays », précise Philippe Gamba. En Russie, pays important pour RCI banque, le groupe a créé une filiale commerciale, portant un accord avec International Moscow Bank pour financer les ventes Renault et Nissan. En 2006, Renault a réalisé 75 000 ventes dans ce pays et Nissan 95 000. L’objectif est d’atteindre 300 000 dans les trois ans. « Nous sommes au niveau de l’Allemagne et le potentiel est encore plus important », estime Philippe Gamba. Dans ce pays, RCI banque vise à créer un joint-venture. En Pologne, l’activité crédit clientèle a été reprise par RCI Bank Polska. Enfin, grâce à des accords commerciaux locaux le groupe a débuté ses activités commerciales grand public en Algérie, Colombie et Croatie.

En France, la DIAC enregistre un rempli de 9 % du nombre de ses financements. L’encours productif moyen s’élève à 7,7 milliards d’euros en légère augmentation par rapport à 2005 (7,5 milliards d’euros). Le résultat avant impôts est en hausse de 16 % à 163 millions d’euros.

2007 à l’offensive

En 2007, RCI Banque envisage de reprendre l’offensive commerciale par une meilleure et plus forte intégration aux marques. « Nous proposerons des produits automobiles et financiers davantage réunis sous forme de package », explique Philippe Gamba. De plus, RCI banque maintiendra sa contribution à la marge opérationnelle de Renault à un niveau élevé en conservant son ROE autour de 14 %. D’autre part, le lancement de nouveaux modèles, issus du contrat Renault 2009, sera l’occasion pour le groupe de renforcer son intégration au marketing des constructeurs. A l’international, l’objectif sera de poursuivre sa politique d’implantation à 100 % comme en Grande-Bretagne et au Maroc, de pérenniser son développement en Russie et d’étudier des projets d’implantations nouvelles. Ainsi, RCI Banque veut couvrir la totalité de la Scandinavie à l’horizon 2008 et s’implanter en Inde et en Turquie à plus long terme.

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