Les recettes des radars automatiques en baisse en 2018

Selon la Sécurité routières, les recettes du contrôle automatisé se sont élevées à 864,35 millions d’euros en 2018, contre 1,013 milliard d’euros en 2017.

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Radars

Depuis trois ans, un rapport annexé au projet de loi de finances détaille l’utilisation des recettes des amendes liées au contrôle de la circulation et du stationnement routier. Celles-ci se sont élevées à 1 750,9 millions d’euros en 2018, dont 864,35 millions d’euros d’amendes forfaitaires et majorées issues du contrôle automatisé, contre 1,013 milliard d’euros en 2017. Le nombre d’infractions relevées par les radars automatiques est en effet passé de 26,1 millions en 2017 à 23,8 millions en 2018, soit – 8,8 % selon la Sécurité routière. De plus, la dépénalisation et la décentralisation du stationnement payant, entrées en vigueur le 1er janvier 2018, a également entraîné une baisse des recettes.

Recettes issues des 14,1 millions de contraventions envoyées en 2018

  Recettes 2018 (en millions d’euros) Part du total
Amendes forfaitaires contrôle automatisé 682,7 39 %
Amendes forfaitaires majorées contrôle automatisé 181,7 10,4 %
Sous-total « amendes issues du contrôle automatisé » 864,35 49,4 %
Autres amendes de la police de circulation 886,55 50,6 %
Total 1 750,9 100 %

Sur ces 864,35 millions d’euros, 20,9 % est systématiquement affecté au désendettement de l’État, soit 180,4 millions d’euros en 2018 (91,7 millions d’euros de plus qu’en 2017). Le reste (79,1 %) est affecté aux dépenses de sécurité routière via trois destinataires : 234,1 millions d’euros ont été attribué à l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF) pour la modernisation du réseau routier, 171,3 millions d’euros aux collectivités territoriales et 269,6 millions d’euros à la délégation à la sécurité routière pour déployer et maintenir les systèmes de contrôle automatisé et le système de gestion du permis à point, ainsi que les dispositifs de prévention.

affectation recettes radars 2018En parallèle, « l’État a consacré en 2018 plus de 3,7 milliards d’euros à la politique de sécurité routière et le coût total des 58 352 accidents corporels survenus l’an passé est estimé, quant à lui, à 33,4 milliards d’euros », précise la Sécurité routière.

4 400 radars en service d’ici fin 2020

Un autre rapport annexé au PLF2020 détaille l’évolution du parc des équipements de contrôle automatisé. Celui-ci comptait 4 428 équipements fin 2018, mais la Sécurité routière ne vise que 4 400 équipements en service à la fin de l’année 2020. « Cet objectif a été revu à la baisse par rapport à l’objectif initial de 4 700 équipements, compte tenu de la vague de vandalisme sans précédent constatée fin 2018 », précise le rapport. Ce dernier indique également que « la stratégie radars a pour objectif de moderniser les fonctionnalités des radars, d’augmenter le nombre de zones sécurisées par des dispositifs de radars “leurres” d’ici 2021, d’augmenter le nombre de radars autonomes déplaçables et d’optimiser l’utilisation des radars embarqués dans des véhicules banalisés en confiant leur conduite à des prestataires. »

À noter également que suite à la réduction de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateurs central au 1er juillet 2018, le surplus de recettes a été estimé à 26 millions d’euros en 2020, une somme qui sera affectée au Fonds pour la modernisation des établissements de santé (FMESPP).

Déclinaison du parc au 31 décembre 2020

  • 1 000 radars fixes (dispositifs de contrôle du respect des vitesses limites autorisées) ;
  • 400 radars discriminants (radars fixes permettant de distinguer les vitesses des véhicules légers de celles des poids lourds) :
  • 480 radars mobiles « embarqués/débarqués » (dispositifs de contrôle embarqués dans des véhicules mis à disposition des forces de l’ordre, et permettant des contrôles en mode embarqué ou débarqué, véhicule à l’arrêt) ;
  • 480 voitures radars déployées dans 8 régions. Il est prévu que la conduite de 160 de ces voitures radars soit externalisée.
  • 250 radars autonomes, jusqu’à présent appelés radars chantiers (radars semi-fixes destinés à assurer un contrôle des vitesses dans les zones de chantier ou de danger temporaire) ;
  • 62 radars vitesse moyenne, aussi appelés radars tronçons (radars permettant de mesurer la vitesse moyenne d’un véhicule sur un tronçon de route de plusieurs kilomètres) ;
  • 450 radars feux rouges (radars permettant de sanctionner les franchissements illicites de feux tricolores) ;
  • 78 radars passages à niveau (radars permettant de sanctionner les franchissements illicites de passages à niveau) ;
  • 1 200 radars tourelles (le dispositif de contrôle est installé dans une tourelle fixe afin de contrôler le franchissement des feux rouges, la vitesse ou le franchissement des passages à niveau, et sera régulièrement déplacé).