Recharge électrique : quelles bornes en 2030 ?

Selon une étude prospective réalisée par le cabinet Colombus Consulting, les opérateurs de bornes de recharge vont devoir adapter le réseau à la diversité des usages, en misant sur la facilité d’utilisation pour convaincre les utilisateurs et développer des services énergétiques.

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véhicules électriques
Source : Colombus Consulting

Dans une étude prospective, le cabinet Colombus Consulting s’est penché sur l’avenir de la recharge électrique en 2030. Il estime que plus de 6,5 millions de points de charge pour VP et VUL seront nécessaires en France en 2030, sur la base d’un parc de 5,5 millions de voitures électriques et hybrides rechargeables.

Selon le cabinet, quatre types d’infrastructure coexisteront : sur les autoroutes et voies rapides, sur le lieu de travail, sur la voie publique et à domicile. Les bornes dites « à destination » seront toutefois majoritaires par rapport au « réseau d’itinérance », c’est-à-dire les bornes situées sur les autoroutes, voies rapides et périphéries de centres urbains.

La puissance et la fréquence de recharge dépendront des lieux d’installation des bornes. Les recharges normales (3,7 à 11 kW) représenteront près de 85 % des usages en 2030. Les recharges dites « ultra-rapides » (plus de 130 kW) ne répondront qu’aux besoins d’itinérance de plus de 200 km et seront donc situées à 90 % sur les autoroutes. Au travail, le cabinet anticipe un mix de 37 % de recharge lente (3,7 kW), 46 % de recharge normale (7-11 kW) et 17 % de recharge rapide (22-50 kW).

Recharge électrique : répartition de la puissance et de la fréquence des recharges selon la localisation en 2030
Source : Colombus Consulting

Le Plug’n’Charge pour faciliter l’usage

Pour répondre à ces multiples cas d’usage, les caractéristiques techniques des bornes et les services associés devront aussi évoluer. Pour supprimer la manipulation du câble, les bornes pourront utiliser soit la recharge par induction, soit un ADC (Automatic Connection Device), que ce soit un bras articulé ou un plot au sol. Les évolutions toucheront également l’identification et le paiement de la recharge, avec l’essor de la technologie Plug’n’charge (PnC), permis par la norme de communication ISO 15118. En pratique, il suffit de brancher le véhicule pour lancer la recharge qui est facturée automatiquement sur un compte existant et peut être pilotée à distance depuis un smartphone.

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Recharge électrique : utilisation du Plug'n'Charge en 2030
Source : Colombus Consulting

Le cabinet estime que cette technologie devrait se développer à compter de 2020, avec l’arrivée de premiers véhicules compatibles, et entraîner la disparition des pass RFID, en complément du paiement par application mobile. En se basant sur les scénarios de l’Ademe et l’Ifpen, de RTE, de la PFA et de la commission des transports de l’UE, Colombus Consulting a supposé que plus de 30 % des bornes proposeront le PnC en 2030, dont 27 % à domicile, 33 % en voirie et 40 % au travail, une évolution poussée notamment par les flottes privées.

Services énergétiques : l’importance de l’expérience utilisateur

Le pilotage de la recharge doit permette d’éviter une trop forte augmentation de la pointe de  consommation d’électricité à 19 h. Ainsi, alors que la capacité des batteries va augmenter, la part d’énergie allouée par l’utilisateur à une réserve de sécurité diminuera progressivement, tandis que l’énergie disponible pour les services progressera fortement, passant de 25 à 40 kW sur une citadine et de 60 à 85 kW sur une berline entre 2019 et 2030. Cependant, « les services énergétiques autour de la recharge doivent être centrés sur l’utilisateur pour se développer », avertit Colombus Consulting.

Recharge électrique : évolution de la capacité de la batterie et de ses usages entre 2019 et 2030
Source : Colombus Consulting