Recyclage des batteries : Renault s’associe à Veolia et Solvay

Renault, Veolia et Solvay vont créer une usine pilote en France pour recycler en boucle fermée les métaux contenus dans les batteries électriques.
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recyclage batteries
Source : Groupe Renault

Le Groupe Renault a rejoint le consortium créé en septembre 2020 par le spécialiste de la gestion optimisée des ressources Veolia et le spécialiste de la chimie et des matériaux avancés Solvay. Les partenaires veulent mettre en place un « écosystème circulaire des métaux issus des batteries électriques en Europe ».

Celui-ci permettra de collecter et démanteler les batteries puis d’extraire et de purifier les métaux qu’elles contiennent en vue de les réutiliser dans la fabrication de nouvelles batteries. L’objectif : « constituer une source d’approvisionnement sûre et durable de métaux stratégiques pour les batteries tels que le cobalt, le nickel et le lithium. » Par ailleurs, « ce procédé en boucle fermée contribuera à la réduction de l’empreinte environnementale des futures batteries de véhicules électriques », ajoutent les partenaires.

En pratique, le Groupe Renault collectera les batteries à recycler en s’appuyant sur son réseau commercial, des partenaires logistiques et sa filiale Indra. « La Re-Factory à Flins prévoit également l’installation d’une ligne de démantèlement de véhicules et batteries électriques à partir de 2024, afin d’augmenter sa capacité à recycler et s’approvisionner en pièces et matières en boucles courtes », précise le constructeur.

Collecter, démanteler, extraire, broyer et purifier

De son côté, Veolia apportera son savoir-faire dans le démantèlement et le recyclage de batteries lithium-ion par des procédés hydro-métallurgiques. Le groupe procède en effet au traitement et à la valorisation de batteries de véhicules électriques usagées depuis 2013 dans son usine de recyclage de Dieuze, dans l’Est de la France.

« Une fois le diagnostic posé et la sécurisation de la batterie achevée grâce à une baisse de tension progressive, la phase de déconstruction et de broyage des composants et des cellules débute, avant l’extraction effective des métaux contenus, explique Veolia. Les composants non cellulaires sont réutilisés ou recyclés pour des alliages spécifiques dans de nouvelles applications industrielles (aluminium, câbles, acier, plastiques…). »

Enfin, Solvay mettra à disposition son expertise dans l’extraction chimique des métaux récupérables des batteries, aussi appelés « black mass ». « Les métaux stratégiques tels que le cuivre, le cobalt, le nickel, le manganèse et le lithium sont récupérés et purifiés en matières premières de haute pureté prêtes à être utilisées dans la fabrication de nouvelles batteries. Ce procédé permet de fermer la boucle selon les principes de l’économie circulaire », conclut Solvay.

Une usine pilote en France

Mais les trois partenaires collaboreront également à l’amélioration des processus à chaque étape de la chaîne de valeur. « Ensemble, nous allons tirer avantage de notre présence sur l’ensemble de l’écosystème électrique en Europe pour asseoir une position forte sur le marché stratégique des matériaux de batteries et générer de la valeur au-delà de l’automobile », affirme Lucas De Meo, CEO de Renault. Une phase expérimentale doit maintenant être lancée à l’échelle préindustrielle, avec la mise en place d’une usine pilote en France.

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