Renault présente son métavers de données industrielles

Le mardi 25 octobre, le Groupe Renault a présenté son Metavers Industriel au sein de sa Refactory Industry Innovation Center de Flins (78). Il s’appuie notamment sur différentes plates-formes afin de collecter, stocker et échanger ses données mais aussi sur de l’intelligence artificielle pour améliorer sa production.
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Refactory innovation center
© Groupe Renault

À l’occasion des « Tech Industry Days », Renault a ouvert les portes de sa Refactory Industry Innovation Center à la presse, le 25 octobre 2022 à Flins (78). L’occasion de présenter ce que le constructeur appelle son « Metaverse Industriel ». Pour superviser ses opérations en temps réel, le Groupe Renault s’appuie en effet sur une plate-forme de données industrielles : IDM4.0 pour Industrial Data Management Platform 4.0. Développée en interne, cette plate-forme permet de rechercher n’importe quelle machine. Dans les usines du groupe, 8 500 équipements sont actuellement connectés, produisant ainsi 40 000 données par seconde. Entre 2021 et 2022, Renault aurait recueilli 1 billion de datasets (jeu de données) par jour.

Du stockage et de l’échange de données

Mais où vont toutes ces données ? Renault stocke ses données industrielles dans Google Cloud Platform. Sur la plate-forme IDM4.0, Renault a ainsi modélisé 60 procédés industriels (vissage, usinage, soudage, emboutissage, remplissage, traitement thermique, process moteur électrique, etc.) afin de pouvoir les reproduire. L’enregistrement de ces données permet ainsi de corriger ou d’améliorer le processus de production en temps réel. Il peut par exemple répliquer un pilote mis au point dans une usine vers un autre site grâce au serveur OPC UA. « Renault utilise ce standard d’échange de données industrielles pour communiquer ses informations entres les usines », a introduit Laurent Sidlern, IT Program Director Data Renault Group.

« Par exemple, nos algorithmes nous permettent de détecter des pics de coupes au niveau de l’activité des robots d’une tôlerie. Nous pouvons ainsi observer sur ce graphique qu’environ 1,7 % des points de soudure ont été collés dans les 24 h, ce que nous devons éviter », a illustré Jean-Marc Chatelanaz, Program Director – Industry Data Management Renault Group.

Du fait de son expertise dans le regroupement de données, Renault a par ailleurs lancé le 28 juin 2022 ID@Scale. Il s’agit en l’occurrence d’une plate-forme de collecte de données industrielles de manière standardisée, construite en partenariat avec Atos. « ID@Scale accompagne les entreprises dans leur transformation numérique et leur passage à l’industrie 4.0. Nous espérons générer 49 milliards d’euros d’ici 2027 en atteignant 18 clients », a affirmé Patrice Le Franc, vice-président Head of Manufacturing Consulting Southern Europe d’Atos.

Des tablettes connectées…

Depuis 2016, les opérateurs Renault sont munis de tablettes, notamment sur les chaînes de montage. Aujourd’hui, le constructeur compte plus de 4 400 tablettes réparties dans 38 usines. « À la prise de poste, l’opérateur appuie sur le bouton OK Start. Puis il vérifie la quantité de pièces disponibles pour ses tâches et les moyens dont il dispose pour les réaliser. La tablette Digital Work Station (DWS) lui indique, par exemple, les véhicules en cours de production et à venir, etc. », a exposé Thierry Brancard, responsable de la Transformation Digitale du Manufacturing.

La DWS permet aussi à l’opérateur demander de l’aide ou de signaler un problème qualité auprès du chef d’équipe. Ce dernier, équipé d’une autre tablette Chef d’UET (CHUET), visualise tous les événements de ses opérateurs en temps réel.

Tablettes connectées Renault
La tablette Digital Work Station (DWS) indique, par exemple à l’opérateur, les véhicules en cours de production et à venir. © Renault Group

… couplées à de l’intelligence artificielle

« Notre intelligence artificielle (IA) aide les utilisateurs à prendre des décision et améliorer ainsi la qualité de la production », a indiqué Antoine Leblanc, Expert AI & Data for Production Engineering / Industry 4.0.

Renault s’appuie ainsi sur une application de virtual training pour faire le lien entre un poste de travail et les bons gestes à adopter en vidéo. Mais également sur Renault Virtual Twin (RVT), un outil de partage de données pour les différents métiers de l’entreprise. Ce jumeau numérique regroupe ainsi l’ensemble de l’industrie Renault de manière virtuelle.

Avec Google Cloud, le Groupe Renault a également conçu une plate-forme de gestion de données images (MP4 AI). Celle-ci simplifie le contrôle des véhicules par vision. En parallèle, Renault a développé le Pokaiok Wheels Concept en collaboration avec Buawei, spécialiste du traitement des données. Ce système fixe ou mobile s’équipe de deux caméras et d’une IA. « Il permet de vérifier la conformité de montage des pneumatiques selon le WLTP (référence, sens de monte, conformité des jantes et des vis) », a détaillé Gabriel Audry, Expert, Automated facilities and control Renault Group.

Pokaiok Wheels Concept, co-développé par Renault et Buawei
Pokaiok Wheels Concept, co-développé par Renault et Buawei, permet de vérifier la conformité de montage des pneumatiques selon la réglementation WLTP. © Renault Group

Une optimisation du suivi de la Supply Chain

Google Cloud Platform héberge aussi les données de la chaîne logistique de Renault. Au sein de la Control Tower qui rassemble tous les métiers de la supply shain, la supervision s’effectue via « Control Room », une plate-forme développée avec Shippeo. « La Control Room nous informe du nombre de camions circulant (6 000 unités par jour), de la météo locale, avec une possibilité de zoom sur les passages difficiles des véhicules tels que les ports ou les douanes. Elle remonte aussi des alertes en temps réel », a expliqué Tudor Mirica, IS GM Supply Chain Renault Group.

Ce système d’IA aurait permis à Renault de réduire ses dépenses liées à ses stocks de 260 milliards d’euros. Il aurait aussi amélioré le taux de remplissage de ses camions (8 000 unités économisées). Avec à la clé une réduction de l’empreinte carbone de la supply chain de 21 000 tonnes de CO2.

« Nous avons équipés plus de 700 000 véhicules Renault de télématique depuis novembre 2021 afin de collecter leurs données durant leur transport. Nous vérifions ainsi l’état de leurs batteries. La géolocalisation en temps réel des véhicules facilite ainsi le jockeyage. Nous la coupons une fois que le véhicule est arrivé en concession. Nous voulons également élargir cet équipement aux marques Dacia, Alpine, Mobilize. Notre logistique nous a permis de développer l’offre Renault Arkana R.S. line fast track. Elle garantit un délai de livraison de 30 jours maximum à compter de la date de commande sur ce modèle », a conclu Marjorie Vanhoucke, Corporate General Manager Services and Logistics Vehicles Renault Group.