L’usine Renault de Palencia s’est adaptée à l’hybride

Pièces en aluminium, nouveaux robots, procédés de peinture et contrôles qualité : Renault a présenté à la presse les changements au sein de sa Factoriá Palencia, le 13 décembre 2022. Des opérations menées pour produire l'Austral et de futurs modèles.
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Dans le cadre de sa « Renaulution España », qui vise à faire de l’Espagne un « pôle d’hybridation de Renault Group », l’usine de Palencia a transformé ses installations. Notamment pour fabriquer l’Austral ; premier véhicule de ce plan industriel 2021-2024. Après un an et demi de travaux, le constructeur a présenté ses technologies de pointe à la presse, le 13 décembre 2022. Reportage.

Nadjib Zaouche, récemment nommé sous-directeur de l’usine de Palencia, a introduit la visite. « Nous tournons à une cadence de 710 véhicules Renault produits par jour, avec seulement 1,5 équipe. Cette année, nous prévoyons de produire plus de 300 000 véhicules, sachant qu’un véhicule demande moins de quinze heures de travail purement manuel », a rappelé Nadjib Zaouche.

Palencia : site de performance

À nos côtés, dans le département d’emboutissage de l’usine, des chariots autoguidés par des lignes de signalisation au sol transportent les pièces des véhicules. « Ici, 100 % des pièces sont livrées en flux automatisé. L’utilisation de ces robots automatiques améliore la sécurité des salariés. Nous avons recensé un seul accident en 2022 contre quatre en 2017 », a commenté Nadjib Zaouche. Le sous-directeur de l’usine a aussi souligné que Palencia se distingue par « sa flexibilité et haute performance ».

Nouvelle presse pour l’alu de l’Austral

Commençons par le département d’emboutissage comporte, avec quatre lignes d’estampage et une ligne de découpe. Celles-ci transforment les bobines d’acier ou d’aluminium – réceptionnées après découpe dans l’usine de Douai (59) – en ailes, toits, capots, portes, etc. Plus de 350 moules, de 20 à 38 t, sont utilisés pour produire plus de 100 pièces différentes. Toutefois, si le département s’étend sur environ 28 000 m² en surface, les convoyeurs parcourent l’équivalent de cette superficie pour acheminer les pièces en sous-sol. Notons qu’en 2021, l’usine Palencia de Renault a produit 7 millions de pièces avec 31 000 t d’acier et 1 700 t d’aluminium.

« La fabrication de pièces en alu, notamment de capots et des portes, nous a permis d’avoir un gain de poids d’environ 28 à 30 kg sur l’Austral par rapport aux mêmes pièces en acier sur le Kadjar. Cependant, l’emboutissage des pièces en alu reste plus complexe », a expliqué Eduardo Suso, chef du département emboutissage de Palencia.

« Nous avons installé une presse high speed de dernière génération, appliquant 15 à 25 t. Elle peut frapper jusqu’à 1 000 pièces d’acier ou d’alu par heure, soit deux fois plus rapidement qu’une chaîne standard. L’ensemble de cette chaîne est robotisé. Les bras transportent différentes pièces tracées par un système RFID. En sortie de ligne, l’aspect des pièces est contrôlé automatiquement par dix caméras (prise de 70 photos par pièce), couplées à de l’intelligence artificielle (IA) pour détecter les défauts », a exposé Eduardo Suso.

400 nouveaux robots…

Au sein du département tôlerie, nous avons été accueillis par 1 320 robots de manutention et de soudage. Parmi ceux-ci, 400 nouveaux robots ont été mis en place pour l’Austral. Les nouveaux robots « ArPlas » appliquent environ 3 500 points de soudure par véhicule « sans laisser de trace ». D’autres robots mesurent les caisses des véhicules en 3D pour s’assurer de la bonne géométrie de la carrosserie, en amont de l’application de la peinture et de l’intégration des plastiques.

« Le site se consacrera prochainement à la plate-forme CMF-CD, base de l’Austral. Celle-ci se construit en trois parties : avant, central (robots orange) et arrière (robots jaunes). Nous commençons par la porte arrière gauche, puis arrière droite, avant droite et avant gauche. Pour l’Austral, le montage du capot se fait en fin de ligne ; pour la Mégane, ce montage du capot s’effectue en début de ligne. À chaque étape, nous vérifions la géométrie du véhicule avec l’outil Perceptron constitué de quatre robots et caméras. Grâce à ce système, nous obtenons une géométrie parfaite, avec un taux d’erreur acceptable de l’ordre du dixième de millimètre », a détaillé Juan Carlos Vallecillo Meneses, chef du département tôlerie de Palencia.

Tôlerie dans l'usine de Palencia Renault
Le département tôlerie de l’usine de Palencia comporte deux bâtiments. L’un pour les différentes caisses (BFB, KFB, RS, HHN, RHN) ; l’autre pour les portes latérales et le capot avant des véhicules.

… et une ligne de peinture bi-ton automatisée

Après le contrôle de sa géométrie, la structure du véhicule remonte sur une chaîne en direction du département peinture. 76 robots se répartissent sur les lignes de mastics, d’apprêts, de peinture, et sur la nouvelle ligne automatique bi-ton, spécialement conçue pour l’Austral.

Dans l’usine de Palencia, Renault essaie au maximum de regrouper les véhicules d’une même couleur pour projeter la peinture en rafale. Les véhicules se suivent sur un tapis roulant à une cadence de 63 véhicules peints par heure. À titre de comparaison, 22 véhicules bi-ton ou dix véhicules mats sont peints par heure. « La couleur mate reste plus lente car nous ne pouvons pas retoucher le véhicule en ligne, contrairement à une peinture vernie. Mais nous comptons moins de 3 % de nos véhicules en retouche », a rappelé Julio Tomás Alonso, chef du département de peinture de Palencia.

peinture véhicules Palencia Espagne
Environ 60 % de la consommation énergétique de l’usine de Palencia serait due à la peinture.

En bout de chaîne, le tunnel de contrôle automatique Eines cartographie l’intégralité de la surface du véhicule. Au total : 38 caméras prennent l’équivalent 30 000 photos pour inspecter l’homogénéité de la peinture.

Un montage allongé pour l’Austral

Dans le département montage de l’usine de Palencia de Renault d’une surface de 63 459 m2, nous avons retrouvé les chariots autoguidés qui suivent le véhicule avec leur cargaison, tout au long du montage. Ainsi, l’opérateur obtient les pièces à monter correspondantes au véhicule. Ici, plus de 1 800 références de pièces sont montées en plus de quatre heures sur chaque véhicule. Une partie dite « mécanique » du département se consacre à la fixation de la caisse et du système de motopropulsion.

« Nous montons soixante véhicules par heure. Avec toutefois un écart de plus de 15 % entre la Mégane et l’Austral du fait de l’augmentation de la part de l’électronique au sein du véhicule », a précisé Eduardo Domingo, chef du département de montage de Palencia.

Un contrôle qualité avant commercialisation

Une fois l’Austral approvisionné de différents liquides (frein, refroidissement, essence), les pneus de la voiture touchent pour la première fois le sol. Les opérateurs démarrent ensuite le véhicule et réalisent des tests de softwares à l’aide d’une télécommande. En sortie de chaîne de montage, la voiture passe aussi par douze bancs de contrôle des ADAS.

Mais avant d’être exposé dans les concessions Renault, l’Austral a dû faire ses preuves sur le terrain. « Nous avons réalisé des tests de conduite « Confirmation Run » de plus de 150 Austral. Les pilotes ont parcouru 2 millions de kilomètres en six mois, avant la commercialisation du modèle », a indiqué José Martin Vega, directeur de l’usine de Palencia.

D’un point de vue logistique, Renault a mis en place pour Palencia son offre Fast Track, comme à Flins, pour assurer la livraison d’un véhicule sous délai de trente jours à ses clients.

contrôle satisfaction client Palencia usine Renault
En fin de processus, la voiture passe par la chaîne de contrôle qualité « Contrôle Satisfaction Client ».