Renault se retire de Russie

Renault quitte la Russie en cédant 100 % de ses parts de son usine moscovite et sa participation de 68 % dans Avtovaz. Mais avec la possibilité, pour ce dernier, de les racheter pendant six ans.
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Renault Russie
Usine Avtovaz de Togliattigrad

Renault a trouvé une solution à sa « retraite de Russie », suite à la guerre en Ukraine. Le groupe, détenu à 15 % par l’État français, cède ainsi pour une somme symbolique non divulguée ses deux actifs. Tout d’abord l’usine de Moscou à 100 % (assemblage de Captur, Arkana et Duster entre autres).Et ensuite les 67,69 % détenus dans Avtovaz (Lada) dont le site industriel de Togliattigrad fabrique près de 300 000 véhicules par an. En tout, Renault emploie en Russie 45 000 personnes. Ce marché représente pour le groupe 500 000 ventes par an, soit le deuxième derrière l’Hexagone.

Renault : un retour possible en Russie

Les accords signés autorisent toutefois Renault à reprendre ses parts dans Avtovaz pendant six ans Mais sans précision sur les conditions. Pour l’heure, le NAMI, l’Institut central de recherche et de développement automobiles et des moteurs, en devient propriétaire. Cette institution dépend directement du gouvernement de la Fédération de Russie. Concernant l’usine moscovite, la mairie de Moscou en devient propriétaire. Dans les deux cas, rien n’a été dit sur l’avenir des marques et véhicules qui seront, ou pas, fabriqués et commercialisés.

Les effets de la guerre

En Russie, le groupe Renault avait repris Avtovaz en 2008. Il en était devenu en 2014 l’actionnaire majoritaire, au côté du russe Rostec, le plus gros conglomérat militaro-industriel du pays détenu par une société d’État. Une cohabitation plus que gênante pour Renault. Le groupe en subissait en effet directement les conséquences industrielles, financières et commerciales suite aux sanctions et boycott décrétés récemment par l’Union européenne et les États-Unis. Renault avait déjà mis ses usines à l’arrêt. Et le groupe a annoncé récemment avoir acté une provision de 2,2 milliards d’euros pour compenser cette vente « forcée ».