Rencontres Flotauto Paris 2022 : ouverture tous azimuts

Dans un contexte inédit, entre incertitudes du marché automobile, contraintes réglementaires accrues et verdissement programmé, les exposants et la vingtaine de conférences organisées lors de la onzième édition des Rencontres Flotauto 2022 ont donné des pistes pour envisager l’avenir de la gestion de flotte. Avec un mot d’ordre : l’ouverture d’esprit.
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Rencontres Flotauto Paris 2022

Les Rencontres Flottes Automobiles 2022 ont affiché des records, avec 250 exposants et près de 4 500 visiteurs au Paris Event Center le 16 juin dernier. Un succès d’autant plus remarquable qu’une année entière ne s’est pas écoulée depuis l’édition précédente, décalée en octobre 2021 du fait de la crise sanitaire. Une affluence qui tient sans doute à la volonté renouvelée des gestionnaires de flotte de trouver, dans le cadre de cet événement, des réponses aux nombreuses questions qu’ils se posent. Car entre les difficultés d’approvisionnement, la hausse des coûts et la transition énergétique, le contexte demeure plus que jamais incertain pour ces professionnels.

Et pour les guider dans cette conjoncture complexe, au cours d’une table consacrée à la gestion de la car policy en période de crise, Jean-Charles Houyvet du Groupe MyMobility a donné un conseil réitéré par d’autres experts au cours de cette journée : « Aujourd’hui, en matière de gestion de parc, il faut faire preuve d’ouverture d’esprit », a résumé ce directeur général adjoint du spécialiste du transport de personnes (4 000 véhicules)

Une page blanche

Une recommandation reprise par Matthieu Blaise, senior manager au sein du cabinet Ressource Consulting. Ce consultant faisait partie des trois experts qui ont conseillé gratuitement les visiteurs sur des problématiques particulières. Chez les responsables qu’il a reçus, Matthieu Blaise a aussi noté des préoccupations autour des thèmes de « la transition énergétique, du développement des bornes de recharge ou de l’adaptation des véhicules aux usages ». Matthieu Blaise a ainsi suggéré d’aborder la gestion de parc en partant d’une feuille blanche, d’oublier ce qui avait pu se faire auparavant : « Il faut se mettre dans une perspective de création d’entreprise. »

Un nouvel état d’esprit d’autant plus nécessaire qu’il va notamment s’agir de multiplier les véhicules électrifiés. L’aire d’exposition derrière le hall du Paris Event Center faisait d’ailleurs la part belle aux électrons avec de multiples modèles à faibles émissions en présentation.

« Le métier des gestionnaires de flotte connaît une vraie révolution », a estimé pour sa part Marc Jaubert, manager flotte automobile & mobilité du cabinet de conseil Cristal Décisions, qui intervenait dans l’une des premières conférences de la journée sur l’impact de la fiscalité sur la gestion de flotte.

Des gestionnaires pointus

En effet, a poursuivi Marc Jaubert, ces responsables doivent dorénavant se montrer pointus sur des sujets aussi variés que les motorisations électriques ou les bornes de recharge. Leurs connaissances participent de fait à une appréciation pertinente des coûts d’intégration des véhicules électrifiés et il leur faut aussi connaître les répercussions de ces modèles sur le poids de la fiscalité dans le TCO. Le montant des avantages en nature (AEN) ou celui des amortissements non déductibles (AND) peuvent par exemple jouer sur le choix d’attribuer des véhicules électrifiés aux salariés, a souligné ce consultant.

Pour Stéphane Antoinat, responsable du parc automobile de Sanofi, soit 1 800 VP, l’optimisation fiscale passe par la sélection, dans la car policy, de modèles thermiques avec des émissions limitées à 128 g pour les personnels itinérants. Parmi les salariés du laboratoire pharmaceutique, ce sont eux qui roulent le plus, a-t-il rappelé. Auprès des managers et des exécutifs, Sanofi limite les émissions à 152 g et multiplie les véhicules PHEV, hybrides, voire électriques.

Consacrée aux retours d’expérience sur les véhicules électrifiés, une autre conférence a offert l’occasion pour les visiteurs de s’informer sur l’électrification en cours au sein des flottes. Nicolas Poirier, directeur commercial d’Izivia, la filiale d’EDF spécialiste des mobilités, est revenu sur l’ensemble des aides accordées aux flottes professionnelles : des primes nationales, régionales, locales pour l’achat des véhicules, jusqu’aux aides Advenir pour l’installation de bornes sur les sites des entreprises.

La vague électrique

Benoît Duval, gestionnaire de flotte et expert en véhicules électriques chez SAP Labs France (270 VP 100 % électriques), a pour sa part rappelé la possibilité de recevoir des aides pour installer des panneaux photovoltaïque réservés à la recharge des véhicules. Des aides pas toujours simples à identifier mais dont certains prestataires se sont fait une spécialité pour accompagner les entreprises, ont indiqué les participants à cette conférence.

Indice de la difficulté des entreprises face à cette nécessaire multiplication des véhicules électrifiés : les nombreuses questions posées par le public de cette conférence qui affichait complet. Comme sur la puissance des bornes à installer chez les salariés, que les professionnels ont estimée à 7 kW, ou sur la question du kilométrage maximum à atteindre par un véhicule électrique pour un usage professionnel. Pour SAP Labs France, Benoît Duval a indiqué que ses modèles Tesla pouvaient circuler à hauteur de 40 000 km par an selon leur loi de roulage. Et sur la question de la recharge en itinérance, les intervenants sont tombés d’accord pour conseiller de se tourner vers des formules d’abonnement chez les opérateurs, plus économiques.

Cette question de la recharge mais aussi de l’utilisation des bornes et de leur installation, sur les sites des entreprises ou au domicile des salariés, ont indéniablement constitué un centre d’intérêt des visiteurs. Le nouvel espace Charge Auto, avec ses cinquante exposants et ses deux visites animées par un journaliste spécialisé de Flottes Automobiles, a ainsi permis de se renseigner sur les aspects pratiques de l’installation de ces dispositifs de recharge.

Une gestion à repenser

Face à cette vague électrique qui déferle, face à un contexte réglementaire toujours plus contraignant et face à l’évolution des modes de déplacement, les gestionnaires de flotte doivent donc revoir leur façon de penser et de fonctionner. Mais s’il faut oublier les anciens réflexes, c’est aussi en raison des problèmes de livraison rencontrés ces derniers mois dans un contexte de pénurie et d’instabilité politique. Un contexte qui ne met pas les entreprises dans la meilleure position pour négocier face à leurs interlocuteurs, ont résumé les intervenants de la conférence sur « la météo du TCO », animée par le consultant spécialiste des flottes Robert Maubé.

« Le marché des flottes devient de plus en plus oligopolistique », ont en effet rappelé ces intervenants, avec la création de géants comme Stellantis du côté des constructeurs, ou la multiplication des absorptions du côté des loueurs. Dans un tel contexte, les différents intervenants ont poussé les responsables de parc à se montrer créatifs : en se tournant par exemple vers des solutions de mutualisation du parc, de crédit mobilité ou vers de nouveaux entrants sur le marché. À l’image de ces jeunes loueurs qui peuvent proposer des formules de location innovantes.

De nouvelles opportunités dont les visiteurs, intervenants aux conférences et exposants, pourront débattre le 6 octobre prochain à Lyon, lors de la première édition régionale des Rencontres Flotauto.

À très bientôt.

 

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