Rencontres Flottes Automobiles 2019 : la gestion de flotte au rendez-vous

Ce 21 février dernier dans le cadre de la Grande Halle de La Villette, les Rencontres Flottes Automobiles ont offert une opportunité unique pour les gestionnaires de flotte d’échanger avec leurs confrères. Tout en s’informant sur l’actualité de leur secteur et en découvrant les dernières innovations des prestataires et les nouveautés des constructeurs.

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Rencontres Flottes Automobiles 2019

Les visiteurs ne s’y trompent pas : les Rencontres Flottes Automobiles constituent bien le rendez-vous annuel pour prendre le pouls du secteur auprès des 200 exposants : constructeurs, loueurs, prestataires de solutions de gestion de flotte, télématiciens, spécialistes des nouvelles mobilités, conseil, enseignes et réseaux. Une soixante de véhicules était aussi au rendez-vous.

Dans les espaces Innovation & Start-ups, les visiteurs ont aussi pu rencontrer les jeunes pousses les plus prometteuses, avec des pitchs d’entreprises présentant des solutions innovantes pour la gestion de flotte. Au total, treize entreprises sélectionnées par le Club Flottes Automobiles ont « pitché » au cours de la journée. Et le jury a remis deux prix : à Tchek le prix de l’innovation pour son portique d’inspection des véhicules, à MDi le prix coup de cœur du jury pour son véhicule à air comprimé exposé sur le salon.

Des start-ups et des conférences

Moments privilégiés de ces Rencontres : les 21 ateliers et conférences. L’occasion de se tenir au courant des dernières actualités et de leurs conséquences sur l’activité des gestionnaires : WLTP, sécurité routière, nouvelles motorisations et télématique embarquée, ou d’approfondir ses connaissances sur des sujets incontournables : TCO, relation avec les conducteurs ou restitution.

Dans la matinée, une table ronde sur les énergies du dernier kilomètre a ainsi offert à des gestionnaires de parc d’expliquer leurs choix. Le groupe Fnac Darty va par exemple intégrer une trentaine de véhicules GNV aux côtés des traditionnels diesel employés pour les livraisons. Ce choix du GNV s’est fait avec la volonté d’aboutir à un TCO équivalent à celui du diesel, mais au prix de négociations serrées avec les loueurs comme avec les pétroliers, pointait Olivier Béchu, directeur des opérations du groupe.

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Chez le spécialiste de la livraison urbaine Star Service, représenté par Philippe de Clermont-Tonnerre, chargé de missions développement durable et logistique urbaine, le choix s’est aussi orienté vers le GNV mais pour seulement une vingtaine de véhicules sur une flotte de 4 000.

Du GNV et de l’électrique

Question énergies, Star Service a préféré l’électrique avec 200 véhicules : des cargos-cycles, des e-NV200 et des Kangoo Z.E. Un choix qui doit prendre en compte le coût des installations électriques et pas seulement celui des bornes : « Il nous a fallu trouver du foncier pour les installer », soulignait Philippe de Clermont-Tonnerre.

L’après-midi, lors d’une conférence consacrée au TCO du véhicule électrique, cette question du coût des structures nécessaires à l’exploitation de l’électrique dans les flottes était aussi abordée. Les différents intervenants s’accordaient à estimer le coût moyen des bornes à 2 000 euros, auquel il faut ajouter le génie civil pour l’installation des places de parking si nécessaire.

Les sujets liés au coût des véhicules, et surtout aux moyens de les minorer, se retrouvaient dans la trame de nombreuses conférences. C’était le cas de celle du consultant Robert Maubé qui animait un atelier de questions-réponses autour du thème du TCO.

Le consultant y prodiguait des conseils à un public nombreux. Comme celui d’éviter d’élaborer une car policy autour de budgets : « Cela entraîne automatiquement des demandes répétées de devis », notait le consultant qui estimait à six ou sept le nombre de demandes par les collaborateurs lorsque la car policy a été ainsi constituée.

Réduire les coûts avant tout

Autre conseil : ne pas intégrer des modèles récents dès leur sortie : « Les voitures sont de plus en plus des objets digitaux, avertissait le consultant, et dans ces objets il y a très souvent des erreurs. » Avec des problèmes informatiques parfois longs à résoudre, ce qui entraîne des contraintes logistiques importantes pour les gestionnaires, a rappelé Robert Maubé.

Robert Maubé, consultant

Le thème de l’accidentologie a bien sûr été traité au cours de la conférence sur le bilan de la désignation où intervenait Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la Sécurité routière au sein du ministère de l’Intérieur. Les statistiques de janvier à octobre 2018 font ainsi état d’un taux de désignation par les personnes morales très élevé, soit autour de 83 %, et de 65 % par le biais des systèmes informatiques de l’Antai (Agence nationale de traitement automatisé des infractions). Un bilan encourageant mais le délégué a indiqué qu’il souhaitait encore améliorer ce taux de désignation et compte pour cela déployer les moyens nécessaires pour y parvenir (voir l’encadré page xx).

Pour sa part, Nathalie Da Silva, responsable prévention routière et éco-mobilité de l’entreprise de services et d’ingénierie Onet, indiquait que si son entreprise pratiquait la désignation depuis dix ans, celle-ci insistait aussi sur la prévention. Une prévention qui passe notamment par le repérage des conducteurs à risque, entre autres sur la base d’indications d’autres salariés qui auraient pu remarquer des comportements à risque lors de trajets en covoiturage.

L’indispensable prévention routière

Pour un dépistage plus systématique, Nathalie Da Silva croise aussi les informations de plusieurs bases de données à sa disposition : accidentologie, assurance, etc. Cela lui permet de repérer les conducteurs récidivistes afin construire avec eux un travail de formation.

Une démarche qui participe aussi à diminuer les coûts de la flotte, objectif incontournable des gestionnaires de parc dans le contexte difficile lié à la mise en place des cycles NEDC corrélé et WLTP. Une conférence en fin de journée abordait cette question : de quelle manière le TCO va-t-il évoluer alors qu’il est quasiment impossible d’évaluer les répercussions du NEDC corrélé et du WLTP sur la fiscalité des véhicules ?

Rencontres Flottes Automobiles 2019 conférence WLTPRéunis autour d’une table, Semina Mezi, fleet manager des flottes d’Avnet et EBV Elektronik, spécialiste des composants électroniques, et Jean-Pierre Tran, responsable du parc d’Orangina Suntory France, envisageaient quelques pistes prospectives. Ces deux responsables faisaient état de deux stratégies différentes. Jean-Pierre Tran, guidé entre autres par la politique RSE de sa direction, a bouleversé en 2018 sa car policy pour l’orienter en large partie vers les véhicules hybrides et essence. Semina Mezi, dans l’attente de l’application du WLTP, a choisi de maintenir le diesel dans son parc et de ne passer à la marge que quelques véhicules en essence. Une tactique de fonctionnement à court terme mais efficace, en attendant l’arrivée du WLTP en 2020.